L’usine ATrahan pourra miser sur le volume d’eau nécessaire à l’exploitation de ses installations agrandies.

Olymel pourra avoir de l’eau

Yamachiche — Olymel aura l’eau suffisante de la Régie d’aqueduc de Grand Pré pour faire fonctionner son usine de Yamachiche à plein régime dès le 23 avril. Jeudi, la Cour supérieure du Québec a accueilli favorablement la requête de la Municipalité de Yamachiche qui lui demandait de forcer la Régie à permettre le branchement, à son réseau, d’une nouvelle conduite visant à alimenter l’usine ATrahan.

La Régie de Grand Pré refusait d’accorder le branchement d’une conduite dédiée, alléguant qu’elle limitait à 800 000 gallons d’eau par jour la fourniture maximale quotidienne. Yamachiche était d’accord avec l’établissement d’une consommation moyenne quotidienne de 800 000 gallons d’eau, mais calculée sur une base annuelle, ce qui lui aurait permis d’accéder à plus d’eau durant certaines périodes et à moins d’eau pendant d’autres journées.

Yamachiche a déposé sa requête en injonction en février, se basant sur une entente de principe survenue avec la Régie d’aqueduc de Grand Pré en mars 2018 et portant sur la fourniture de l’eau supplémentaire, passant de 500 000 gallons d’eau par jour à 800 000 gallons par jour annuellement. Mais justement, la Régie plaidait que l’entente de principe du mois de mars n’avait aucune force, étant donné que tous les membres de la Régie ne s’accordent pas sur une nouvelle entente intermunicipale dont une version soumise par la Régie le 19 décembre 2018 a été contestée par Yamachiche: la Municipalité affirmait que la Régie avait retiré de cette proposition la notion de débit sur une moyenne annuelle.

Le juge Bernard Tremblay estime toutefois que l’entente du mois de mars 2018 est «entrée en vigueur lors de sa conclusion et a produit ses effets malgré l’absence de conclusion d’une nouvelle entente intermunicipale». Selon le président du tribunal, l’entente de mars 2018 a «comme principal objet l’octroi par la Régie, en faveur de Yamachiche, d’un volume additionnel d’eau potable au moyen d’un branchement et dont les caractéristiques sont prévues à cette entente».

Voilà pourquoi le juge Tremblay ordonne à la Régie d’aqueduc de Grand Pré de permettre le branchement de la nouvelle conduite dédiée à l’usine ATrahan, selon ce qui est prévu à l’entente de mars 2018.

«On s’en réjouit»

Yamachiche et Olymel souhaitaient obtenir une telle réponse au plus tard le 4 avril afin de réaliser les travaux de branchement à temps pour la pleine mise en service de la nouvelle usine le 23 avril. Olymel comptera bientôt sur 1100 employés à l’usine ATrahan afin de doubler la capacité de production à Yamachiche. Richard Vigneault, le porte-parole de l’entreprise, accueille avec joie la décision de la Cour supérieure.

«On s’en réjouit. On va être branché. On a investi beaucoup d’argent (110 millions dans l’agrandissement et la modernisation de l’usine). C’est un dossier important pour nous.»

Si l’injonction avait été refusée, Olymel aurait été obligée de faire transporter de l’eau par camion-citerne à l’usine ATrahan.

«On a besoin d’eau pour nos opérations. Les camions-citernes étaient une solution, mais ce n’est pas la solution idéale. Ce sont des coûts, du transport», ajoute M. Vigneault, qui assure qu’Olymel va travailler de concert avec Yamachiche et la Régie de Grand Pré pour que les travaux de branchement se déroulent rondement.

Paul Carbonneau était aussi un homme satisfait lorsqu’il a appris que l’injonction avait été accordée par le juge Bernard Tremblay.

«Je suis bien heureux du dénouement. Les travaux vont progresser. Le début des travaux, ça reste à déterminer, mais ça doit se faire rapidement», mentionne le maire de Yamachiche.

Le Nouvelliste n’a pu obtenir les commentaires de la présidente de la Régie d’aqueduc de Grand Pré, Barbara Paillé. À la fin du mois de mars, Mme Paillé déclarait toutefois que la Régie allait respecter la décision de la Cour supérieure.