Le propriétaire de l'église Saint-Philippe, Denis Despins, a réglé mercredi une partie des taxes qu'il doit à la Ville de Trois-Rivières.

«Olymbec a pris le quartier en otage», affirme Denis Despins

Denis Despins revient à la charge dans sa demande adressée en février à Olymbec de se retirer du dossier de l'ancienne église Saint-Philippe.
L'entrepreneur de Shawinigan donne sept jours au géant de l'immobilier pour en arriver à un règlement visant son retrait pur et simple de l'entente tripartite qui lie les deux entreprises à la fabrique Immaculée-Conception de Trois-Rivières.
Sinon, M. Despins menace de déposer une mise en demeure contre Olymbec pour le non-dépôt d'une somme d'argent prévu au contrat et pour atteinte à sa crédibilité.
Denis Despins soutient qu'Olymbec n'a jamais déposé la somme promise de 100 000 $ en fiducie, somme garantissant l'achat des terrains des églises Saint-François-d'Assise et Saint-Philippe à la suite de la démolition des deux bâtisses.
«Olymbec n'a pas mis l'argent. Il y a l'argent provenant de la fabrique, mais pas celui d'Olymbec. On dirait qu'Olymbec oublie toujours de fournir les documents», soutient M. Despins, en montrant jeudi matin aux médias une pile de documents provenant entre autres de la Chambre des notaires du Québec.
M. Despins confirme avoir été payé pour la partie de l'église Saint-François-d'Assise. Il a reçu 40 000 $. Mais c'est autre chose pour l'église Saint-Philippe, affirme-t-il.
«Olymbec prend le quartier Saint-Philippe en otage. Ils détruisent ma crédibilité parce que le dossier traîne», martèle-t-il, en ajoutant qu'il abandonne l'idée de convertir l'église en immeuble à logements en raison des  coûts trop élevés.
Denis Despins est revenu sur ses accusations lancées en octobre concernant des travaux qu'il a effectués pour Olymbec dans l'ancienne usine Wabasso. Il soutient toujours que l'entreprise a enfoui de l'amiante. Il ajoute que la compagnie a voulu lui faire signer une déclaration dégageant Olymbec de toute responsabilité quant à la présence d'amiante à la Wabasso. En échange, Olymbec se retirait de l'église Saint-Philippe.
«Ils me demandent d'être responsable de leur cachotterie à l'usine Wabasso. J'ai montré ce document à un avocat, il m'a dit que ça ne se signe pas, car Olymbec veut que je porte le chapeau», affirme M. Despins.
M. Despins a remis aux journalistes une copie d'un rapport d'inspection du ministère de l'Environnement concernant l'usine Wabasso. Selon la déclaration d'un représentant d'Olymbec, des résidus d'amiante ont été entreposés dans une ancienne chaufferie. Le même représentant prétend toutefois qu'il est impossible que de l'amiante ait été enterrée par du sable, car c'est lui qui a cassé l'ancien béton et coulé le nouveau plancher.
Denis Despins souhaite vivement qu'Olymbec répondra oui à sa demande. Ainsi, dit-il, la démolition pourra être effectuée par Anpro démolition: Olymbec abandonnerait son droit d'acheter le terrain à environ 40 000 $. Le terrain serait récupéré par Anpro, une entreprise d'Asbestos qui avait déjà démontré de l'intérêt pour ce contrat.
Si ce scénario devait se réaliser, Michel Proulx, patron d'Anpro, serait disposé à revoir sa position.
«Il y a 153 000 $ dans le compte. Si on ajoute le terrain, je suis intéressé. Le terrain vaut au moins 100 000 $», confirme M. Proulx, qui évalue à plus de 300 000 $ les coûts de démolition.
«Je fais des affaires avec Olymbec et je n'ai pas de problème avec eux. Si Olymbec reste, ils devraient mettre au moins les taxes municipales. Je veux que les taxes soient payées. Leur contrat est légitime. Mais dans le but d'acheter la paix, il serait peut-être pas méchant de rajouter de l'argent. Je serais partant pour démolir l'église. Et la Ville pourrait aussi faire son bout. Le gros du problème est que personne n'a voulu mettre un peu plus d'argent. J'étais prêt à faire mon bout de chemin à l'époque.»
Le compte de taxes de Denis Despins s'élève à plus de 12 400 $. Advenant un règlement rapide dans le dossier, Michel Proulx affirme que la démolition pourrait se faire dès ce printemps et que le chantier durerait un mois.