La Chambre de commerce de Mékinac souhaite mettre en place une mobilisation régionale pour soutenir le Festival western de Saint-Tite.

Offensive de la SPCA Montréal contre le FWST: «Ça dépasse les bornes»

SAINT-TITE — La Chambre de commerce de Mékinac n’entend pas rester les bras croisés devant la plus récente offensive de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal. L’organisme basé à Saint-Tite et qui regroupe 240 membres entend mettre sur pied une mobilisation régionale afin de soutenir le Festival western de Saint-Tite, qui a fait les frais d’une nouvelle attaque de la SPCA Montréal cette semaine pour l’abolition de la tenue de ses rodéos.

Rappelons que récemment, la SPCA Montréal avait communiqué par lettre avec au moins 17 commanditaires majeurs du Festival western de Saint-Tite pour les inciter à ne plus financer les activités de rodéo de l’événement. L’initiative faisait suite à la publication du rapport du professeur Alain Roy sur les rodéos de Montréal et Saint-Tite en 2017, et qui en arrivait à la conclusion que les animaux de rodéos étaient maltraités et que l’activité contrevient à la Loi sur le bien-être animal.

Devant l’absence de réponse de plusieurs commanditaires, la SPCA de Montréal a publié jeudi sur sa page Facebook un message associant ces commanditaires à des présentateurs de cruauté animale. Une publication qui a été partagée plus de 900 fois et qui a généré des centaines de commentaires, pratiquement tous favorables à la position de la SPCA.

La Chambre de commerce de Mékinac, qui avait pris position dans ce dossier par voie de communiqué dans le passé, estime que cette fois-ci, en s’attaquant aux commanditaires de l’événement, la SPCA Montréal a «dépassé les bornes». «Nous allons tenter de mettre en place une grande mobilisation, et même au-delà des limites de Mékinac mais dans toute la région. On reconnaît l’importance économique du Festival western, et s’il fallait qu’il perde ses rodéos, ce serait un désastre», constate le président de la Chambre de commerce de Mékinac, Daniel Hamelin.

Ce dernier ne souhaite pas se prononcer sur le dossier du bien-être animal, puisqu’il estime que le MAPAQ, qui planche actuellement sur les paramètres de la loi pour encadrer les rodéos, sait ce qu’il a à faire. Par contre, sur le plan économique, M. Hamelin rappelle que le festival fait vivre non seulement plusieurs commerçants, mais a d’énormes retombées pour de nombreux organismes sans but lucratif. À titre d’exemple, la Fondation La Séjournelle a reçu, en 2017, tout près de 60 000 $ de la part du Festival western pour la tenue des différents services de bar lors du festival. «Les écoles à Saint-Tite peuvent financer des voyages et des activités pour leurs élèves grâce à la location des terrains. Ça donne un sérieux coup de main aux parents. Pour ma part, je suis aussi vice-président d’un club de patinage de vitesse à Saint-Tite et si ce n’était pas de nos activités de financement durant le festival, le club n’existerait tout simplement pas. Des exemples comme ça, il y en a des dizaines et des dizaines», constate Daniel Hamelin.

La Chambre souhaite désormais interpeller tous les commerçants et gens d’affaires de la région afin de fournir une lettre d’appui qui sera envoyée à toutes les autorités compétentes ayant droit de regard sur l’encadrement des activités du rodéo et la poursuite des activités du Festival western, à commencer par le MAPAQ. «Nous allons plancher là-dessus la semaine prochaine et essayer de mobiliser le plus de monde, mais il faut que notre action ait plus de poids qu’un simple communiqué de presse», lance M. Hamelin.

Julie Boulet
De passage à Saint-Tite pour une annonce, vendredi matin, la ministre du Tourisme et députée de Laviolette, Julie Boulet, n’a pas voulu commenter la sortie de la SPCA Montréal, mais a rappelé que le MAPAQ publierait un guide de bonnes pratiques destiné à toutes les activités impliquant des animaux, au terme des travaux du comité consultatif sur le bien-être animal.

«Le Festival western a toujours été rigoureux, discipliné et attentif aux soins donnés aux animaux. Il y a des vétérinaires et des inspecteurs sur place. Ce sera à eux, en vertu du guide de bonnes pratiques, de convaincre chaque commanditaire qu’ils font bien les choses en regard de ce guide reconnu par le ministère. Comme ministre du Tourisme, je suis la première à savoir que les événements ont tous besoin de financement, que c’est fondamental. Mais je suis aussi d’accord que tout le monde doit bien faire les choses», mentionne Mme Boulet.

La mairesse de Saint-Tite, Annie Pronovost, se dit quant à elle peu inquiète que les commanditaires puissent tourner le dos au Festival western. «Mais je dois dire qu’ils n’avaient certainement pas besoin de ça», se désole la mairesse.

Toutefois Annie Pronovost est confiante que le festival saura se conformer aux exigences du MAPAQ, lorsqu’elles seront connues. «Ils l’ont toujours fait et ce sont les commanditaires qui vont en être gagnants», croit la mairesse.

Comité consultatif
Notons d’ailleurs que le comité consultatif, formé de membres du MAPAQ, de représentants du Festival western de Saint-Tite et de représentants nommés par le professeur Alain Roy, était réuni vendredi à Trois-Rivières pour une autre journée de travaux, la première depuis que le rapport de l’équipe du professeur Alain Roy a été rendu public.

Il n’a cependant pas été possible de connaître les résultats de cette journée de travaux, les parties étant tenues à la confidentialité à ce sujet. Le mandat du comité est notamment d’établir des balises claires à l’intérieur de la Loi sur le bien-être animal afin d’encadrer les activités de rodéo au Québec. Toutefois, la SPCA Montréal a fait savoir jeudi que, selon elle, les activités de rodéo sont tout simplement incompatibles avec les principes de cette loi et que les rodéos devraient tout simplement être bannis au Québec.