L'Observatoire astronomique du Cégep de Trois-Rivières à Champlain.

Observatoire de Champlain: «On commence à être en retard»

Le député de Champlain, Pierre-Michel Auger, commence à taper du pied. C'est qu'il a entrepris des démarches auprès de la ministre de l'Enseignement supérieur dans l'objectif d'obtenir enfin un financement récurrent pour assurer l'ouverture au public de l'Observatoire du Cégep de Trois-Rivières à Champlain, chaque été.
Le député de Champlain, Pierre-Michel Auger.
Malheureusement, il attend depuis l'hiver dernier, de la part du Cégep, les documents dont il a absolument besoin pour plaider la cause auprès de la ministre Hélène David.
Ce que le député attend, en fait, c'est un bilan de santé de l'Observatoire qui permettrait de déterminer combien il en coûterait pour le mettre à niveau et assurer annuellement son ouverture au grand public durant la saison estivale.
Le député Auger avait amorcé ses démarches en apprenant, à la lecture du Nouvelliste en février dernier, que le Cégep avait décidé de fermer - encore une fois - cette installation au public. M. Auger raconte qu'il a croisé les autorités du Cégep à quelques reprises, au cours des derniers mois, et demandé chaque fois quand le fameux bilan de santé lui serait déposé. «On me répondait toujours que c'était pour bientôt», dit-il.
Les choses commencent à presser, estime-t-il. «On commence à être en retard», explique le député de Champlain, parce que les crédits budgétaires vont commencer à être étudiés. Il faut aussi que la ministre de l'Enseignement supérieur prenne connaissance du dossier, l'étudie et trouve les bonnes sources de financement qui feraient en sorte qu'on n'ait plus à courir des subventions de dernière minute chaque année, à l'approche de l'été.
Il faut aussi que ces sommes fassent partie de l'étude du budget qui commence bientôt, plaide-t-il. «Et je n'ai rien, absolument aucun chiffre à présenter à la ministre», s'inquiète le député.
L'hiver dernier, le Cégep ne voulait pas vraiment ouvrir les portes de cet outil scientifique à la population pour l'été 2017 parce que l'endroit avait besoin de certaines réparations, notamment au niveau de son escalier extérieur et de sa terrasse. Finalement, le député Auger avait déniché in extremis, pour la deuxième année consécutive, des budgets qui ont permis d'ouvrir les lieux et de les animer tout au cours de l'été.
Le député estime que le Cégep devrait plutôt pouvoir compter sur une aide financière récurrente pour partager l'Observatoire avec le grand public.
«Après tout, il n'y en a que deux au Québec», fait valoir M. Auger, un au parc national du Mont-Mégantic et l'autre à Champlain. «Si ça n'existait pas, on voudrait l'avoir», plaide-t-il.
Le député voit en effet un grand potentiel touristique pour l'Observatoire. Il imagine un terrain de camping, des camps pour les jeunes ou des sentiers pédestres à proximité, comme on en trouve d'ailleurs à Lac-Mégantic.
De son côté, le Cégep a indiqué au Nouvelliste, par courriel, que le rapport «sera déposé à M. Auger d'ici la mi-octobre».
Quand on demande au Cégep pourquoi il aura fallu autant de mois pour produire cette information, la réponse s'est résumée à cette phrase: «Nous souhaitons un plan durable, permanent et répondant à nos attentes de pérennité.»
Or, c'est exactement ce que souhaite aussi le député Auger. «J'y tiens», précise-t-il, justement à cause du potentiel touristique de cette infrastructure pour son comté et pour la Mauricie.
Ce qui n'aide pas nécessairement la cause, peut-être, c'est qu'il y a eu une baisse d'achalandage, cet été, à l'Observatoire. Le député Auger, qui a reçu cette information de la part des gestionnaires au cours des derniers jours, s'y attendait. C'est qu'il a plu presque tout l'été, rappelle-t-il. 
Cette situation exceptionnelle ne rendait donc pas l'étude du ciel très intéressante, fait-il valoir, persuadé qu'en situation normale, les chiffres auraient été bien meilleurs.