La perquisition au Zoo de Saint-Édouard a eu lieu le 21 mai.

Objectif de propagande?

TROIS-RIVIÈRES — Soutenant que la SPCA de Montréal est mue par un objectif de propagande, et non pas de bien-être animal, un commerce animalier de Montréal intente une poursuite civile de 835 447 $ contre l’organisme après avoir été visé par une perquisition.

Giovanni Iacovella possède le centre d’animaux Ani-Mart à Montréal depuis 30 ans. Ce commerce est spécialisé dans la vente d’oiseaux. Le 30 juillet 2015, le commerce est perquisitionné par la SPCA de Montréal. Plus de 500 oiseaux sont saisis, alors que M. Iacovella prétend que le mandat de perquisition fait plutôt état de 75 oiseaux exotiques.

M. Iacovella est accusé de cruauté et de négligence envers ses animaux à la Cour municipale de Montréal. Dans sa poursuite déposée en juillet 2018, il soutient avoir découvert durant les procédures judiciaires que la preuve communiquée par l’inspectrice de la SPCA de Montréal était incomplète, ce qui a mené au retrait des deux accusations. M. Iacovella a été acquitté le 16 août 2017.

M. Iacovella affirme que le rapport fait par la SPCA, après la saisie, concernant le mandat de perquisition est vague, imprécis, faux et biaisé. Selon lui, «les animaux n’étaient pas d’apparence malade, l’environnement n’était pas insalubre, il n’y avait pas d’accumulation d’excréments et de vieille nourriture dans le fond de cages et les bols d’eau n’étaient pas souillés».

Tel que l’indique un document de la Cour municipale de Montréal obtenu par Le Nouvelliste, M. Iacovella a renoncé «à la propriété de tous les oiseaux saisis qui sont vivants à ce jour». La poursuite du propriétaire du magasin Ani-Mart mentionne qu’il se résigne à renoncer aux biens saisis en raison «du risque sanitaire que représentait la reprise par les demandeurs des biens saisie (sic)». De plus, le tiers des oiseaux saisis sont «morts de diverses causes plusieurs mois après la perquisition et dont certains en raison d’infections virales très contagieuses manifestement contractées pendant que les oiseaux étaient sous la garde et les soins de la SPCA».

La SPCA de Montréal, son inspectrice Marie-Michèle Dupuis ainsi que les vétérinaires Édouard Maccolini et Julie Aimée Hébert sont visés par cette poursuite. Les oiseaux saisis par la SPCA étaient sous les soins de ces vétérinaires, selon la requête de M. Iacovella.

«Les propos et l’attitude de l’inspectrice Dupuis et du docteur Maccolini lors de la perquisition ainsi que les messages véhiculés dans les médias concernant la perquisition effectuée (...) permette (sic) de conclure que le véritable objectif de l’inspectrice Dupuis et de son employeur, la SPCA de Montréal, en est un de propagande et certainement pas d’assurer le bien-être des oiseaux», raconte la poursuite, tout en soutenant que cette propagande semble aussi faite afin de «mousser le lobby de la SPCA en faveur de modifications législatives».

Le docteur Maccolini a produit un rapport sur l’état d’animaux du Zoo de Saint-Édouard. Ce rapport est inclus dans le travail d’enquête de la SPCA de Montréal au sujet de ce zoo appartenant à Normand Trahan.

Une saisie reprochable

Dans sa requête, Giovanni Iacovella reproche à la SPCA sa façon de mener la perquisition du 30 juillet 2015. Il faisait alors une grande chaleur et le mandat a été exécuté «sans aucune considération pour la survie des oiseaux». Selon lui, les personnes ayant pris part à la saisie qui a duré 11 heures n’ont donné ni eau ni nourriture aux oiseaux et son vétérinaire a dit à l’inspectrice de la SPCA qu’à son avis, «les oiseaux qu’il lui était permis de visualiser sur les lieux étaient en bonne condition».

La requête mentionne que M. Iacovella et son vétérinaire ont manifesté leur crainte concernant le stress relié au retrait des animaux et le risque de morts, ce à quoi le docteur Maccolini aurait répondu: «Si on en perd 200, mais qu’on arrive à faire que des gens comme vous arrête (sic) de travailler, on en sauvera des milliers».

Aucune date d’audition n’a été fixée pour cette cause.