Claude Cournoyer est le nouveau vérificateur général par intérim de Trois-Rivières.

Objectif: amélioration continue

Trois-Rivières — «Comme vérificateur général, j’ai deux objectifs: faire sauver de l’argent aux contribuables et améliorer la qualité des services.» C’est en ces simples termes que le nouveau vérificateur général par intérim de la Ville de Trois-Rivières, Claude Cournoyer, décrit la vision qu’il a de sa mission.

Celui qui a pris la relève de la vérificatrice générale Andrée Cossette entend d’ailleurs mener à bien ce mandat qu’il se fixe à l’intérieur de cet intérim qui se soldera par la nomination d’un vérificateur général pour les sept prochaines années. Un poste qu’il convoite ouvertement, d’ailleurs.

En entrant dans son bureau, difficile de ne pas remarquer la vue imprenable sur la ville. Au onzième étage de la Place Royale, Claude Cournoyer trône en quelque sorte sur Trois-Rivières, dont il est désormais le chien de garde de l’optimisation des ressources et de la bonne qualité des services publics. Une image qu’il n’affectionne pas particulièrement pourtant, lui qui prône d’abord vouloir travailler de concert avec les directeurs des différents services de la Ville en gardant toujours en tête la bonne gestion publique, confie-t-il.

Avant de devenir vérificateur général de Sherbrooke, il y a sept ans, Claude Cournoyer a œuvré dans l’entreprise privée, un peu partout à travers le monde, notamment dans le domaine des pâtes et papiers ou du pétrole, agissant toujours en vérification opérationnelle. C’est sans doute ce passage dans l’entreprise privée qui tranche de façon drastique avec l’idée qu’on peut se faire du vérificateur général austère et à la langue de bois. Visiblement, il n’a pas l’habitude de passer par quatre chemins lorsqu’il a quelque chose à dire.

De son passage à Sherbrooke, Claude Cournoyer retiendra qu’il a été en apprentissage, mais qu’il aura aussi permis à la Ville de faire sauver des millions de dollars par le biais de ses différentes recommandations annuelles. C’est d’ailleurs là qu’il tire sa principale satisfaction à poursuivre dans ce milieu, lui qui vient d’atteindre la soixantaine et qui se dit indépendant de fortune. «J’aime apporter ma contribution. Ma vraie paie, c’est ça» lance-t-il.

Natif de Sorel-Tracy, Claude Cournoyer a habité la Mauricie durant ses études à l’UQTR, en sciences comptables. Cet amateur de plein air et de chasse se souvient du plaisir qu’il avait à skier à Vallée du parc et à faire du camping à Saint-Jean-des-Piles à cette époque. C’est d’ailleurs l’amour de la nature qui lui a récemment fait acheter une résidence dans le secteur Grand-Mère, lui qui vient tout juste d’y emménager. La route quotidienne pour venir veiller sur les affaires municipales de Trois-Rivières ne l’effraie pas, bien au contraire.

En poste depuis maintenant deux mois, Claude Cournoyer a tendu la main à la plupart des directeurs de services de la Ville, dont certains ont déjà accepté de le rencontrer. Il souhaite également créer des liens plus étroits avec les conseillers municipaux, une leçon qu’il aura tirée de son passage à Sherbrooke. «Les conseillers municipaux, ce sont eux qui sont proches des gens. Ils sont les yeux et les oreilles des citoyens. Quand je suis à la recherche d’idées pour savoir où la roue frotte, c’est vers les citoyens qu’il faut se tourner. On peut être indépendant sans pour autant être indifférent», mentionne celui qui dit avoir déjà fait quelques constats.

Il retient déjà certaines forces de l’administration municipale, dont le taux de cotisation à la CNESST qui est le plus bas au Québec avec Alma. «Trois-Rivières a déjà mis en application les meilleures pratiques qui existent au privé. Par ailleurs, la Ville a souvent été récompensée pour plusieurs innovations, dont l’application de gestion du déneigement à l’aide de GPS», note-t-il au passage.

Par contre, la faiblesse de la Ville sera celle de vouloir réinventer la roue, spécialement dans ses technologies de l’information, croit le vérificateur général. Il s’agit d’ailleurs d’un des trois mandats qu’il se fixe déjà pour l’optimisation des ressources, en plus de l’approvisionnement et de la gestion optimale des bâtiments appartenant à la Ville. «Comment se fait-il que Trois-Rivières possède plus de 400 bâtiments municipaux alors qu’on en compte environ 200 à Sherbrooke», se demande-t-il.

Évidemment, une Ville n’est tenue d’aucune façon d’appliquer toutes les recommandations d’un vérificateur général, et ce, même si elles sont émises dans une optique d’amélioration continue. Le principal intéressé ne s’en formalise pas. «Je dis que patience et longueur de temps valent mieux que force et rage. L’évolution se fait parfois dans la douleur, il y a des deuils à faire. Ça prend beaucoup de courage pour faire changer les choses ou s’attaquer à des acquis. Mais ce sont ceux qui sont en haut qui donnent le ton et lorsque la vision des leaders va dans le sens de l’évolution positive, on n’a pas le choix d’embarquer», clame-t-il.