On retrouve sur la photo le président d'honneur, Jacques A. Chauvette, et la coordonnatrice de la campagne de financement, aux communications et au marketing pour Centraide Mauricie, Chantal Ferland.

Objectif: 1,4 million $ pour aider à aider!

Centraide Mauricie a lancé mardi sa 42e campagne de financement, en espérant recueillir 1,4 million $ pour soutenir ses 106 organismes associés.
Ce lancement de campagne a été marqué par la «marche des parapluies» au centre-ville de Trois-Rivières. Cette activité jumelle, le temps d'une marche, une personne qui donne à Centraide à un représentant d'un organisme aidé.
«L'idée est de démontrer que Centraide est un organisme parapluie. Le jumelage permet de mettre un visage sur ceux qui aident à amasser des fonds, et de faire connaître pour qui ces personnes amassent de l'argent. Ça permet de concrétiser le don. Centraide, c'est abstrait. On connaît le logo, mais pour savoir où vont les dons, on organise des activités comme celle-là», explique la directrice générale de Centraide Mauricie, Julie Colbert.
Mme Colbert rappelle que 90 % des revenus de Centraide provient des milieux de travail et, plus précisément, 60 % est fourni par les employés, directement via des déductions sur leur paie. En tout, plus de 8000 donateurs contribuent au financement de l'organisme. Centraide rejoint pas moins de 122 000 personnes en Mauricie, à travers les autres organismes auxquels il octroie des fonds.
Centraide participe au financement de plusieurs types d'organismes et de ressources d'aide, allant des maisons de jeunes aux centres d'action bénévole en passant par les associations de proches aidants et les ressources de soutien aux gens aux prises avec diverses maladies, situations de détresse ou problématiques psychosociales.
Concrètement, les fonds récoltés se distribuent dans des services comme des banques alimentaires, des cuisines collectives, de l'aide aux enfants qui vivent des difficultés scolaires ou du soutien aux aînés isolés, pour ne citer que ces exemples.
Le président du conseil d'administration de Centraide Mauricie, Me Jean Boulet, a tracé un portrait de la situation économique de la région pour justifier l'importance d'un organisme comme Centraide et des ressources qu'il appuie.
«On remarque une augmentation de l'extrême pauvreté. Les gens qui vivent dans l'extrême pauvreté sont ceux qui consacrent plus de 80 % de leur revenu à leur loyer. En 2014, on comptait 1820 familles qui vivaient dans ces conditions en Mauricie», a-t-il notamment illustré.
«La pauvreté est une racine commune à plusieurs problématiques sociales dont l'analphabétisme, les dépendances et le taux de suicide», a-t-il énuméré.
Le président d'honneur de la campagne 2017, le directeur d'Hydro-Québec Production Mauricie et Centre-du-Québec, Jacques A. Chauvette, a évoqué cette «vrille de la détresse» en faisant référence à la famille dans laquelle il a grandi. Il a raconté comment, en raison de problèmes de santé, son père a perdu son emploi et s'est trouvé déstabilisé et dévalorisé devant son incapacité à assurer le rôle traditionnel de soutien de famille.
«Il a développé un problème de dépendance. Ma mère a dû aller chercher de l'aide pour qu'on aille à l'école habillés convenablement, et pour nous procurer nos fournitures scolaires. Pour rester accroché, ça prend de l'aide», plaide-t-il, en rappelant que les situations de pauvreté peuvent mener vers des chemins marginaux pas forcément faciles.
En se basant sur son expérience personnelle, M. Chauvette adhère parfaitement au slogan de la campagne, «Changez des vies pour la vie».
La directrice de Centraide Mauricie réitère que tout le monde peut se retrouver dans une situation précaire à un moment de sa vie. «On peut avoir besoin d'aide dans toute situation qui nous amène à avoir un genou par terre. Ça prend un réseau pour assurer la qualité de vie dans ces moments-là. On ne le voit pas nécessairement, et on ne le crie pas sur les toits quand on vient demander de l'aide.»