La Société de sauvetage du Québec invite à la plus grande prudence aux abords des cours d’eau afin d’éviter des incidents comme celui survenu vendredi à Notre-Dame-de-Montauban.

Noyades: gare au fort débit dans les cours d’eau

Trois-Rivières — Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver un homme entraîné dans la rivière Batiscan, vendredi, à Notre-Dame-de-Montauban, la Société de sauvetage du Québec invite la population à faire preuve d’une extrême prudence aux abords des cours d’eau, dont le débit est particulièrement élevé cette année.

La Société de sauvetage constate ce phénomène à la grandeur du Québec et dans tous les types de cours d’eau: rivière, lac ou fleuve. «On a eu une fonte des neiges, des pluies et des averses importantes ce printemps, et même la semaine dernière, il y a eu des orages violents, alors tout ça fait en sorte que le débit d’eau des rivières semble être plus que constant, explique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage. Même quand c’est aménagé de façon sécuritaire (pour la baignade), on tient compte de la réalité du courant.»

Par ailleurs, l’eau des rivières, mais également du fleuve et de certains lacs, est souvent plus tumultueuse qu’elle ne le paraît. «J’ai déjà parlé avec un spécialiste en hydrographie qui me disait qu’il faisait souvent des gageures avec ses collègues pour essayer d’estimer le débit de l’eau avant de le mesurer, et qu’ils se trompent souvent, illustre M. Hawkins. Si un spécialiste peut se faire berner par la rivière parce qu’elle paraît calme à la surface, imaginez ce que c’est pour vous et moi!»

M. Hawkins ajoute que même si l’on croit bien connaître une rivière, celle-ci peut changer rapidement, par exemple lorsqu’un embâcle ou des vortex se forment.

Respecter les sentiers

Afin d’éviter de tragiques événements, M. Hawkins recommande aux randonneurs de ne pas sortir des sentiers balisés pour s’approcher des cours d’eau. Il évoque le risque de glisser sur des galets humides, ce qui pourrait entraîner une personne à l’eau alors qu’elle n’avait pas l’intention de s’y immerger.

À ceux qui désirent se baigner, le directeur général de la Société de sauvetage du Québec conseille de le faire à des endroits aménagés en conséquence (piscine, plage surveillée, etc.). Et même si l’endroit est prévu pour la baignade, il recommande aux baigneurs d’être attentifs au courant. Il souligne le cas de Salaberry-de-Valleyfield, dont une partie de la plage municipale a été fermée en raison du fort courant du fleuve.

Gilet de sauvetage en tout temps

Parmi les recommandations de M. Hawkins figure également celle de rendre le port d’un gilet de sauvetage obligatoire en tout temps pour la pratique de sports ou d’activités nautiques. «Sur 10 décès liés aux sports nautiques cette année, huit personnes ne portaient pas ou portaient mal leur veste de flottaison, déplore-t-il. Je pense qu’on est rendu à l’étape de dire: vous n’avez plus le choix, vous devez la porter en tout temps.»

Une telle mesure permettrait également aux patrouilleurs nautiques de repérer immédiatement les plaisanciers qui ne portent pas de veste de flottaison, ce qui ne peut se faire à l’œil nu présentement.

M. Hawkins indique que son organisation a demandé directement au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, de modifier en ce sens la réglementation qui encadre la navigation au Canada.

Un garçon de quatre ans a perdu la vie dans une piscine à Laval, dimanche, portant à 29 le nombre de noyades cette année, alors qu’il était de 22 à pareille date en 2018.

Dans la région, rappelons qu’un homme dans la trentaine manque toujours à l’appel à Notre-Dame-de-Montauban. Il aurait été emporté par le courant de la rivière Batiscan au parc des Chutes-de-Montauban, vendredi soir.