Les policiers et les plongeurs avaient effectué des recherches durant trois jours, avant que le corps du jeune homme ne soit découvert dans les eaux du fleuve, non loin du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.
Les policiers et les plongeurs avaient effectué des recherches durant trois jours, avant que le corps du jeune homme ne soit découvert dans les eaux du fleuve, non loin du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Noyade d’un adolescent à l’île Saint-Quentin: une mort qui aurait pu être évitée, conclut le coroner

TROIS-RIVIÈRES — La mort du jeune Anaël Loïs Nga Onana, survenue le 26 août 2019 à l’île Saint-Quentin, aurait pu être évitée. C’est du moins l’une des principales conclusions du rapport de la coroner Me Marie-Ève Dagenais, qui a eu à enquêter sur la noyade du jeune homme de 15 ans, un événement qui avait secoué toute la communauté à la fin de l’été dernier.

Rappelons que le jeune Anaël Loïs s’était rendu à la plage de l’île Saint-Quentin le 26 août 2019 accompagné de sa mère et de ses trois frères et sœurs. À cette époque, la baignade n’était plus surveillée à cette hauteur, les bouées délimitant la zone sécuritaire de baignade avaient été retirées et des écriteaux indiquaient que la baignade était «à vos risques».

Le jeune adolescent était allé se baigner avec l’un de ses frères et s’était rendu jusqu’aux bouées de délimitation de la zone interdite aux bateaux. Quelques minutes plus tard, après avoir montré des signes de détresse, il a sombré. Des témoins ont tenté de lui venir en aide, de même que les policiers arrivés rapidement sur les lieux, mais en vain.

Des opérations de recherches ont été menées pendant trois jours, avant que le corps du jeune homme ne soit repêché non loin du camping du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, en aval du fleuve Saint-Laurent.

Selon les observations de la coroner chargée de l’enquête, «avec une meilleure éducation au niveau des risques que comporte la baignade en eau vive, et avec la mise en place de certaines mesures de sécurité, le décès de Nga Onana aurait pu être évité», indique-t-elle.

Cette dernière rappelle que la baignade n’était plus surveillée à l’île Saint-Quentin depuis le 18 août 2019, environ à la même période où la Ville de Trois-Rivières procède à la fermeture de ses piscines municipales. Elle note cependant que la baignade à l’île Saint-Quentin n’est pas «interdite», mais «à vos risques».

Anaël Loïs Nga Onana, 15 ans, s’était noyé à l’île Saint-Quentin le 26 août 2019.

«Or, comme les bouées délimitant la zone de baignade ont été retirées, il est impossible pour les baigneurs de connaître l’endroit où il devient dangereux de s’aventurer. L’île Saint-Quentin se trouvant à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, la baignade à cet endroit se fait en eau vive. L’eau vive comporte des risques puisqu’elle présente d’importants courants. Sans la présence des bouées délimitant la zone de baignade, il est impossible pour les baigneurs de connaître l’endroit où les courants deviennent dangereux», indique-t-elle.

Me Dagenais ajoute que lorsque le jeune homme a été aperçu avant de sombrer, il se trouvait à environ 84 mètres du bord, près d’une bouée de délimitation d’accès interdit aux bateaux, et qu’il est donc possible que le jeune homme ait confondu cette bouée avec les bouées de zone de baignade sécuritaire, créant ainsi un faux sentiment de sécurité chez cet adolescent qui était reconnu pour ne pas être un très bon nageur.

Bien que le décès soit considéré comme accidentel, la coroner Dagenais a émis plusieurs recommandations à l’endroit de la Ville de Trois-Rivières et de la Corporation pour le développement de l’île Saint-Quentin,

Elle propose de prolonger la période de surveillance de la zone de baignade de la plage au moins jusqu’au début des classes des écoles primaires et secondaires, de même que de s’assurer de retirer les bouées délimitant la zone de baignade (bouées de natation) en même temps que les bouées d’endroits interdits afin de ne pas créer de confusion auprès des baigneurs quant à la zone sécuritaire où la baignade peut avoir lieu.

Se référant au Guide des bonnes pratiques à l’intention des propriétaires et exploitants de sites riverains, réalisé par la Société de sauvetage, Me Dagenais recommande également d’informer les visiteurs de l’île Saint-Quentin du risque que présente la baignade en eau vive, et ce, de manière claire et visible, en plus d’informer les gens dès leur arrivée sur le site que la plage est fermée lorsqu’elle n’est pas surveillée.

Finalement, elle recommande au Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de poursuivre le déploiement du programme Nager pour survivre aux élèves du deuxième cycle du primaire, ainsi qu’à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy d’encourager ses établissements d’enseignement secondaire qui possèdent des piscines à offrir, de concert avec la Société de sauvetage, le programme Nager pour survivre plus.

La Ville de Trois-Rivières et la Corporation pour le développement de l’île Saint-Quentin doivent se rencontrer ce jeudi afin d’élaborer un plan d’action en lien avec l’ensemble de ces recommandations. La Ville a d’ailleurs indiqué au Nouvelliste, mardi, qu’elle entendait considérer l’ensemble des recommandations dans l’élaboration du plan d’action.