Dix ans après la noyade de son fils Sunny, les souvenirs sont encore bien présents pour Alain Desbiens

Noyade de Sunny Desbiens: 10 ans plus tard, les souvenirs demeurent

Le temps finit toujours par améliorer les choses. Cette phrase, Alain Desbiens, le père du jeune Sunny qui s'est noyé dans la rivière Shawinigan en 2007 ne cesse de l'entendre depuis la mort de son fils. Même si 10 années se sont écoulées depuis, Alain Desbiens n'oubliera jamais la soirée du 8 août 2007 qui reste encore bien gravée dans sa mémoire.
Cette journée du 8 août 2007, Alain Desbiens ne l'a d'ailleurs jamais oubliée. «Je me rappelle, le lendemain, on devait aller acheter ses articles scolaires, mais ça ne s'est jamais produit. Dix ans plus tard, ça me fait la même chose qu'au début. J'essaie de voir ça positivement avec le temps notamment avec la fondation que j'ai créée, mais je reste toujours entre deux émotions malgré tout», confie-t-il.
Lorsqu'on entre dans la résidence de M. Desbiens, difficile à croire que son fils n'y est plus depuis 10 ans. 
Les signes de mentent pas, dès qu'on met les pieds à l'intérieur de la résidence, on y retrouve le bureau de la Fondation Sunny D. Extrême, en l'honneur du jeune disparu. À l'intérieur, plusieurs souvenirs sont présents, dont plusieurs dizaines de photographies du jeune garçon qui sont bien visibles, en plus d'un buste à son effigie. 
Comme chaque année à pareille date, Alain Desbiens reste encore émotif lorsqu'il se remémore des souvenirs de son fils. «Pourquoi avoir autant de photos de lui encore aujourd'hui? Pour ne pas l'oublier et pour se rappeler des bons moments passés avec Sunny. Pour moi, c'est une motivation de voir les photos chaque matin. Même s'il me manque encore énormément, ces souvenirs me donnent la force de chercher de nouvelles idées pour la fondation», confie M. Desbiens.
Rappelons qu'à la suite d'une soirée entre amis le 8 août 2007, Sunny Desbiens, alors âgé de 14 ans s'est noyé dans la rivière Shawinigan avant d'être retrouvé trois jours plus tard. À peine son fils retrouvé, Alain Desbiens a mis sur pied la Fondation Sunny D. Extrême dédiée au développement des liens intergénérationnels.
Une fondation qui prend de l'expansion
Depuis sa création en 2007, la Fondation Sunny D. Extrême mise sur pied par le père du jeune homme ne cesse de prendre de l'expansion. Depuis cinq ans, le projet Sunny Action connaît d'ailleurs un fort succès auprès des jeunes et des aînés.
En effet, pour une première année, le projet a été déployé auprès de 15 centres d'hébergement et de soins de longue durée de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Au total, ce sont plus de 175 bénévoles, 1 700 aînés et sept municipalités qui sont impliqués dans ce projet. 
«Pour nous, ce qui est intéressant, c'est que ce projet crée des liens intergénérationnels entre les jeunes et nos résidents, ce qui amène de la vie et du dynamisme pour eux. De plus, nos résidents adorent ce projet et nous le mentionnent», souligne Guillaume Cliche, agent d'information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). 
Même si le projet a pris de l'expansion en 2017, M. Desbiens voit grand pour les prochaines années.«Les jeunes investissent environ 70 heures chacun de bénévolat en deux mois avec le projet Sunny Action. Cette année, on a réussi à avoir un partenariat avec le CIUSSS pour 15 résidences, mais dès l'an prochain, on devrait couvrir l'ensemble des 27 résidences du CIUSSS MCQ et mon souhait pour la suite est de voir mon projet s'étendre partout au Québec», précise Alain Desbiens.
Bien conscient de la demande de personnel toujours en croissance dans les établissements de santé au Québec, le père de Sunny souhaite, avec son projet, former les futurs travailleurs des 
services sociaux et de la santé de demain. 
«En plus de cette mission, j'aimerais développer avec les écoles secondaires un programme de stage avec les jeunes qui souhaitent travailler dans ce domaine. Je crois que les jeunes qui s'impliquent dans le projet Sunny Action peuvent devenir ces futurs professionnels, car ils auront acquis une sensibilité et une empathie envers les aînés», soutient-il.
Dix ans après la mise sur pied de sa fondation, Alain Desbiens avoue être fier du travail accompli au fil des ans. «Je suis étonné de voir l'ampleur que la fondation a prise, puisque plusieurs personnes d'influences ont cru à mon projet dès le départ, ce qui est assez étonnant. Mais je suis certain que ce n'est pas un hasard et que Sunny y est pour quelque chose», soutient l'homme.
Bien qu'il souhaite continuer à diriger la Fondation Sunny D. Extrême pendant encore une dizaine d'années, Alain Desbiens désire offrir par la suite la fondation à la communauté.
La Fondation Sunny D. Extrême est présentement à la recherche de jeunes bénévoles pour son activité de collecte de fonds annuelle. Pour l'occasion, un barrage routier sur les territoires de Shawinigan, Shawinigan-Sud, Saint-Georges-de-Champlain et Grand-Mère se tiendra le 26 août, de 9 heures à 18 heures. Pour s'inscrire, consultez la page Facebook de la fondation.