En 2007, Alain Desbiens a perdu son fils Sunny au même endroit où un jeune homme de 24 ans s’est noyé dimanche soir.
En 2007, Alain Desbiens a perdu son fils Sunny au même endroit où un jeune homme de 24 ans s’est noyé dimanche soir.

Noyade à Shawinigan: un drame qui ravive de douloureux souvenirs

Shawinigan — La noyade d’un jeune Montréalais de 24 ans, Mohamed Marah-Twasik, dimanche soir à Shawinigan n’a pas été sans raviver de douloureux souvenirs à Alain Desbiens, qui a perdu son fils Sunny à ce même endroit de la rivière Shawinigan en 2007. Le papa qui a aujourd’hui démarré une fondation en mémoire de son fils, la Fondation Sunny D Extrême, souhaiterait offrir son aide à la famille de la jeune victime afin de leur apporter un peu de réconfort. Il lance du même souffle un appel à la prudence à tous ceux qui voudraient aller se baigner à cet endroit.

«Quand j’ai entendu la nouvelle dimanche soir, j’ai tout de suite pensé à sa famille. Je sais ce qu’ils traversent, et je sais aussi ce qu’ils auront à traverser dans les prochaines années. C’est épouvantablement triste», confie M. Desbiens.

La noyade est survenue sensiblement au même endroit où Sunny Desbiens a sombré, le 8 août 2007 dans la rivière Shawinigan. Le jeune homme de Montréal qui a été repêché dimanche soir aurait tenté de traverser la rivière pour se rendre vers une île. Il a sombré sous les yeux de ses amis qui n’ont rien pu faire. La Sûreté du Québec conclut à une mort accidentelle.


« C’est un endroit dangereux, et j’espère de tout cœur que les gens vont être prudents. »
Alain Desbiens

«Je comprends les jeunes de vouloir aller se rafraîchir. Il recommence à faire beau et on vient de passer plusieurs semaines en confinement. J’ai déjà été jeune moi aussi, et je sais à quel point on peut se sentir invincible. Mais une simple erreur peut entraîner un drame», mentionne-t-il.

En août 2007, son fils de 14 ans s’était rendu avec quelques amis à cet endroit afin de se rafraîchir durant les vacances scolaires. Or, la baignade a vite tourné au cauchemar lorsque le jeune homme a été emporté par les eaux de la rivière. Il aura fallu plusieurs jours avant que son corps ne soit repêché.

«En voyant les nouvelles dimanche soir, ça m’a fait revivre tout ça. En plus, le lien s’est rapidement fait avec Sunny et ils ont même montré sa photo à la télé. Évidemment, ça m’a donné un choc. On ne peut jamais oublier ça», confie Alain Desbiens, qui compte désormais tenter de communiquer avec la famille de la victime originaire de Montréal.

«Je ne veux pas m’imposer, mais je veux juste offrir mon aide, mon temps. Je veux qu’ils sachent que je suis là. Ils vont traverser des choses que je connais, et si ça peut aider un peu, j’en serais très heureux», mentionne M. Desbiens.

Pour lui, le deuil a trouvé un sens avec la Fondation Sunny D. Extrême, qui a vu le jour deux ans après la mort de son fils. Sunny était un jeune homme qui adorait le contact avec les personnes âgées et qui aimait s’impliquer auprès d’eux. La fondation permet aujourd’hui de faire le pont entre les générations, par le biais d’implication bénévole de centaines de jeunes dans les CHSLD de diverses régions du Québec. En cette période de confinement, la fondation a également lancé cette semaine une plateforme web pour permettre de poursuivre son œuvre, même à distance.

«C’est la façon que j’ai trouvée pour survivre, pour passer au travers. Sunny, j’ai été avec lui tous les jours de sa vie. Le vide, il sera toujours là. Je pleure encore et je vais probablement pleurer toute ma vie parce qu’on reste des parents toute notre vie, mais au moins je suis capable de continuer à vivre et de me lever le matin, et la mission de la fondation m’aide beaucoup», souligne-t-il.