La légalisation prochaine du cannabis a fait réagir le milieu scolaire.

Nouvelles politiques adoptées

SHAWINIGAN — La Commission scolaire de l’Énergie vient de se doter d’une toute nouvelle politique concernant l’alcool, les drogues et les médicaments en milieu de travail qui est entrée en vigueur le 26 septembre.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy la suivra de près puisqu’elle en adoptera une aussi à l’occasion de la réunion mensuelle des commissaires, le 10 octobre. Quant à la Commission scolaire de la Riveraine, l’adoption n’est prévue qu’en avril 2019. Toutefois, des consultations s’amorceront à ce sujet à partir du mois de février. Dans tous les cas, il s’agit d’une première.

«La Commission scolaire (de l’Énergie) s’est interrogée avec l’arrivée de la légalisation du cannabis», explique son président, Jean-Yves Laforest. «C’est un autre enjeu qui s’ajoute», fait-il valoir.

C’est que la Commission scolaire de l’Énergie, tout comme Chemin-du-Roy et la Riveraine, ne possédait aucune politique en matière d’utilisation de drogues, alcool ou médicaments pour les employés oeuvrant dans l’ensemble de leurs bâtiments.

La politique touche aussi «les fournisseurs, les bénévoles, les sous-traitants», précise-t-il de même que les élèves.

L’objectif, dans le fond, c’est d’éliminer les risques qui sont associés à la consommation d’alcool et de drogues et à l’usage inadéquat de médicaments», explique-t-il.

«On veut assurer la santé et la sécurité des employés, des élèves et du public aussi», fait-il valoir. «Ça inclut les parents, les intervenants.»

Des consultations ont été menées avant l’adoption de cette nouvelle politique auprès des associations des directions d’écoles, des syndicats d’enseignants, des professionnels et des employés de soutien.

«Je vous dirais que, sans que ce soit unanime, les gens comprennent et acceptent qu’il y ait une politique qui vienne encadrer l’utilisation de ces produits», indique M. Laforest.

D’après cette politique, c’est tolérance zéro durant les heures de travail. «On s’attend à ce que tous les employés soient capables d’effectuer de façon sécuritaire une prestation normale de travail», fait-il valoir.

«Il est interdit d’être sous l’influence de l’alcool, de drogues ou de faire un usage inadéquat de médicaments», conclut-il.

Le président précise que «chaque supérieur immédiat, chaque cadre, les directions d’écoles, les cadres de services sont responsables des employés sous leur juridiction. S’il y avait constatation par eux, ou à la suite d’un avis qui serait émis par un collègue de travail, d’une problématique particulière qui serait reliée à ça, il y aura une enquête qui sera menée. Il y aura des mesures et ça pourrait aller éventuellement jusqu’au congédiement. On parle évidemment d’une mesure extrême qui n’est pas nécessairement, évidemment, la première», précise-t-il.

Il y aura en effet une gradation de sentences, «des avis qui vont être donnés», illustre-t-il.


« On vient donner le message à tout le personnel, aux parents, à tout le monde, que c’est quelque chose qu’on ne tolérera pas »
Jean-Yves Laforest, président de la Commission scolaire de l’Énergie

Bien qu’il y avait déjà «des règles non écrites», explique le président, le fait d’avoir une politique écrite rend les choses beaucoup plus claires pour tout le monde.

«C’est beaucoup en termes de prévention qu’on le fait en se disant que tout le monde va savoir à quoi s’en tenir», dit-il. «On vient donner le message à tout le personnel, aux parents, à tout le monde, que c’est quelque chose qu’on ne tolérera pas», dit-il.

La politique contient quelques exceptions, précise M. Laforest, lorsqu’il y aura des activités sociales, par exemple, mais jamais en présence d’élèves, précise-t-il.