Roxane Tousignant, originaire de Bécancour, revenait au pays vendredi après avoir passé deux semaines en Nouvelle-Zélande.

Nouvelle-Zélande: «je garde la même vision du pays qu’avant»

Trois-Rivières — L’attentat commis vendredi dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a pris le monde par surprise. Ce pays arrivait en deuxième position dans l’Indice mondial de la paix produit en 2018 par l’Institute for economics and peace, un classement qui mesure le niveau de sécurité et de paix des pays du monde.

C’est cette statistique qui confortait Roxane Tousignant, originaire de Bécancour, dans sa décision de partir en voyage dans ce pays, seule pour deux semaines, un voyage qui se terminait... vendredi dernier. En arrivant à l’aéroport d’Auckland, situé à un millier de kilomètres au nord de Christchurch, la voyageuse a vite compris que quelque chose de grave venait de se produire dans le pays qu’elle rêvait depuis longtemps de visiter.

«Je n’y suis pas allée, mais des gens que j’ai connus pendant mon voyage y sont allés, pour travailler dans une ferme à une trentaine de minutes de Christchurch, raconte-t-elle. Ils me demandaient si mon vol était annulé et ils m’ont dit qu’il se passait quelque chose, mais ils n’avaient pas beaucoup d’informations. À l’aéroport, tout le monde parlait de ça. Il y a des gens qui paniquaient et qui pleuraient, parce qu’ils venaient de là. D’autres essayaient de se renseigner sur ce qui se passait. Tout le monde était sur son téléphone.»

La nouvelle a également été largement relayée sur les réseaux sociaux, notamment sur les pages Facebook de groupes de voyageurs en sac à dos (backpackers) dont Roxane est membre. «Les gens disaient: ne sortez pas de chez vous, il s’est passé quelque chose», relate-t-elle.

La Bécancouroise d’origine assure que sa vision positive de la Nouvelle-Zélande n’a pas changé, malgré les attentats qui se sont produits le jour de son départ.

La sécurité à l’aéroport avait par ailleurs été renforcée, encore davantage pour les voyageurs qui, comme Roxane, passaient par les États-Unis pour rentrer chez eux. «Une chance pour moi, j’étais arrivée d’avance. Ils posaient beaucoup plus de questions que d’habitude. Surtout les Américains, qui avaient ajouté une douane temporaire. Quand je suis arrivée à mon escale à Chicago, ç’a aussi été long, au moins 1 h 45 pour passer les douanes.»

La Bécancouroise d’origine, qui habite aujourd’hui à Québec, n’a pu s’empêcher de se rappeler l’attentat de la grande mosquée de Québec, survenu le 29 janvier 2017. Elle travaillait à côté du poste de quartier de Sainte-Foy de la police de Québec, qui avait barré les rues autour du Centre culturel islamique de Québec, où s’est passé l’attentat.

Roxane Tousignant assure toutefois que même si son voyage de deux semaines s’est terminé sur une triste note, les événements de vendredi n’ont en rien terni son séjour en Nouvelle-Zélande. Elle garde d’ailleurs des Néo-Zélandais un excellent souvenir.

«Je ne me suis jamais sentie aussi bien accueillie dans un pays, souligne-t-elle. Tout le monde est super accueillant et j’ai vu des gens venant de partout dans le monde. En plus, c’est le deuxième pays le plus sécuritaire pour voyager seule. Je garde la même vision du pays que j’avais avant mon voyage. Je serais prête à y retourner n’importe quand, mais je vais attendre que les gens autour de moi oublient un peu ce qui s’est passé!»

Rappelons que l’attentat perpétré vendredi à Christchurch a fait 50 victimes et 39 blessés. Le tireur, un Australien de 28 ans, a été arrêté le jour même par les autorités néo-zélandaises et a comparu une première fois samedi. Deux autres personnes ont été arrêtées en lien avec cet attentat.