La rencontre de lundi a attiré une soixantaine de curieux.

Nouvelle vocation pour l’église de Champlain?

Trois-Rivières — La survie des églises en région passe-t-elle par leur conversion en salle multifonctionnelle? C’est ce que croit un groupe de citoyens et croyants de Champlain, qui ont rencontré les fidèles lundi soir afin de leur présenter un projet de plusieurs centaines de milliers de dollars pour assurer la pérennité du bâtiment patrimonial.

Le projet en question verrait tous les bancs situés dans les allées centrales être retirés au profit de chaises amovibles qui seront utilisées lors des rassemblements catholiques. Mais afin d’amener de l’eau au moulin, le plancher serait libéré la majorité du temps afin de permettre la tenue de spectacles, d’expositions ou encore de soupers corporatifs. L’église Notre-Dame-de-la-Visitation serait aussi légèrement modifiée sous le juché afin de permettre l’aménagement d’une deuxième salle, plus petite, qui serait fermée à l’aide de rideaux vitrés lorsque nécessaire. Un nouveau bloc sanitaire serait aussi construit, à l’arrière du bâtiment, afin de permettre de servir les invités, jusqu’à 300 selon les instigateurs du projet. Les vitraux et les éléments architecturaux seraient conservés, tout comme l’autel, qui serait protégé par un rideau lors des soirées.

L’église de Champlain est classée monument historique national.

«C’est d’assurer la pérennité de notre parc religieux. Présentement, le seul financement que l’on reçoit, c’est par les activités du culte, la quête, la dime. Ça ne suffit pas. Le feu n’est pas dans la bâtisse, mais il faut penser à agir maintenant. On veut éveiller les citoyens en proposant une solution et savoir ce qu’ils en pensent», explique Daniel Laganière, citoyen de la municipalité qui a effectué la présentation lundi.

Somme toute, il s’agit d’un projet qui viendrait partiellement modifier le visage de cette église de 136 ans. Alors comment expliquer un coût de 700 000 $ comme l’estimation d’un architecte le démontre? C’est qu’afin de pouvoir respecter les normes modernes, il faudra complètement refaire le plancher afin de lui permettre de résister à une secousse sismique. La majorité des sommes requises iraient en ce sens. Pour M. Laganière, il est impossible d’aller de l’avant avec un tel projet sans l’aide financière de la municipalité. Il estime aussi que certains programmes du ministère de la Culture et des Communications et le fait que le Québec est en période électorale pourraient permettre d’obtenir une portion intéressante des sommes requises, diminuant la contribution nécessaire des Champlainois.

Une fois rénovée, l’église Notre-Dame-de-la-Visitation pourrait accueillir plusieurs événements dont des soupers corporatifs.

«Si je demande à l’ensemble des citoyens de participer au projet, c’est normal qu’ils se demandent ce qu’ils ont en retour. Voilà pourquoi nous devons convertir notre église en salle multifonctionnelle.»

Le dossier a semblé intéresser les gens de Champlain, qui étaient plus de 60 réunis lundi à la sacristie, ce qui a poussé quelqu’un à dire qu’il serait opportun de faire une quête. Des habitués, mais aussi quelques jeunes qui se sont exprimés sur le dossier. Au terme d’une projection et de discussions qui ont duré deux heures, le projet a obtenu un aval de la majorité afin d’être présenté à l’évêché, qui devra donner son aval pour une telle transformation.

Des chaises amovibles viendraient remplacer les bancs actuel, mis à part dans les allées situées à l’extrémité du bâtiment.

«Je suis content que les gens puissent se mobiliser pour un projet important comme ça, mentionne le prêtre Claude Lapointe, qui aura la tâche d’aller rencontrer l’évêque pour lui soumettre la proposition. Un bâtiment comme ça, le garder uniquement pour le culte, c’est très difficile. Il faut tendre la main à d’autres activités.»

Avec la présence de la route 138 et du fleuve Saint-Laurent, Champlain détient un potentiel touristique intéressant pour la présentation de spectacles. L’étude de faisabilité commandée par le groupe a permis de savoir que 13 800 touristes pourraient potentiellement s’y arrêter durant les cinq années suivant la rénovation.