Marianne Cornu (directrice générale du Gyroscope du bassin de Maskinongé), Jonathan Lacasse (directeur général du Périscope), Aurore Morbois (agente de communication et de développement pour l’Appui Mauricie pour les proches aidants d’aînés) et Kathy Guilhempey (chargée de projet).

Nouvelle stratégie pour atteindre les proches

SHAWINIGAN — Parce que les membres de l’entourage d’une personne aînée vivant avec un problème de santé mentale sont souvent difficiles à joindre, deux organismes lancent une stratégie de communication pour mieux les atteindre. De cette façon, ces précieuses ressources seront mieux outillées pour comprendre leur rôle et pourront ainsi prévenir l’épuisement qui les guette.

Intitulé «Proche en tout temps», ce projet a été lancé mercredi matin, à l’édifice Dehauffe de Shawinigan. Il a été initié par le Gyroscope du bassin de Maskinongé et le Périscope de Shawinigan, qui offrent déjà des services aux membres de l’entourage de personnes qui vivent avec un problème de santé mentale sur ces territoires, de même que celui de Mékinac.

«Quand on tient des activités traditionnelles comme des conférences ou des cafés-rencontres, on voit peu de personnes plus jeunes sur le marché du travail», observe Marianne Cornu, directrice générale du Gyroscope du bassin de Maskinongé. «Ces membres de l’entourage manquent de temps et de connaissances des ressources qui existent dans le milieu communautaire. Peut-être aussi ne se sentent-ils pas concernés par les services qui sont offerts. Le web, ça rejoint tout le monde! On veut rejoindre facilement les gens où ils sont.»

La stratégie englobe la publication de 27 articles dans La Gazette de la Mauricie, de 16 capsules vidéo diffusées sur la page Facebook du projet, de chroniques qui seront entendues sur les ondes du 103,1 FM et de CFUT (92,9 FM). Des webinaires Facebook sont aussi prévus, de même qu’une activité de type «À livre ouvert», alors que dans une bibliothèque, un membre de l’entourage d’une personne aînée vivant avec un problème de santé mentale pourra échanger avec le public.

Aurore Morbois, agente de communications et développement pour l’Appui Mauricie pour les proches aidants d’aînés, estime qu’il existe 1,5 million de proches aidants au Québec. De ce nombre, 56 % occupent un emploi. «Ces personnes passent entre neuf et trente heures par semaine pour s’occuper d’un proche, en plus de leur semaine de travail», fait-elle remarquer.

Si on prend les MRC de Maskinongé et de Mékinac et la Ville de Shawinigan, près de 20 000 personnes seront touchées par un problème de santé mentale au cours de leur vie. En considérant la proportion de la population âgée de 65 ans et plus, on estime qu’environ 3400 aînés sont atteints d’un trouble comme la schizophrénie, la personnalité limite ou le trouble bipolaire, par exemple.

Les intervenants calculent au moins un membre de l’entourage par personne touchée, ce qui indique qu’il existe au minimum 3400 proches aidants sur les trois territoires. C’est cet échantillon que le projet vise.

L’objectif consiste à rejoindre au moins 500 membres de l’entourage au cours des trois prochaines années. Par contre, la stratégie ratissera beaucoup plus large en raison de la portée de chaque média, ce qui en fera aussi un outil de sensibilisation populaire.

Mme Cornu explique que les personnes aînées sont particulièrement visées en raison de la complexité du soutien à apporter à cette tranche d’âge aux prises avec un trouble de santé mentale.

«Par exemple, la dépression peut être confondue avec certains symptômes de démence», souligne-t-elle. «Une personne aînée qui commence à avoir des symptômes de dépression, ce ne sera pas nécessairement facile à reconnaître. On va s’attendre à ce que la personne soit triste, qu’elle pleure, mais ça se peut qu’elle ait plutôt des plaintes somatiques, comme des maux d’estomac. On va spontanément attribuer ça à des problèmes de digestion, au vieillissement, mais ça peut être des symptômes de dépression. Ça peut donc être difficile de savoir ce qui est un problème de santé mentale et ce qui fait partie du vieillissement normal.»

«On s’attend à une perte d’autonomie chez la personne âgée, avec le temps», ajoute Kathy Guilhempey, chargée de projet en communication pour «Proche en tout temps». «En santé mentale, on axe sur le rétablissement. Il faut donc des outils spécifiques pour les aînés, pour différencier ce qui est relié aux troubles du vieillissement et à la santé mentale.»

«Proche en tout temps» est lancé grâce au soutien financier de L’Appui Mauricie pour les proches aidants d’aînés, qui accorde un montant de 99 000 $ pour les trois ans du projet.