Avec la controverse des dernières semaines concernant les allégations d’inconduite sexuelle touchant l’ex-directeur général Robert Trudel et le branle-bas entourant le nouveau spectacle Nezha, les négociations entre la Ville de Shawinigan et la Cité de l’énergie ne sont pas encore amorcées.

Nouvelle négociation à l’horizon pour la Cité de l'énergie

Shawinigan — Le protocole d’entente entre la Cité de l’énergie et la Ville de Shawinigan vient à échéance en 2018 et le président du conseil d’administration de l’importante attraction touristique, Roland Désaulniers, considère qu’il s’agit d’un élément essentiel pour la poursuite des activités. Par contre, avec la controverse des dernières semaines concernant les allégations d’inconduite sexuelle touchant l’ex-directeur général Robert Trudel et le branle-bas entourant le nouveau spectacle Nezha, ces négociations ne sont pas encore amorcées.

En 2014, un protocole de cinq ans unissant la Ville et la Cité de l’énergie avait été signé. Il prévoyait le versement d’une aide financière de 500 000 $ en 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018, soit 175 000 $ par année pour le musée, 175 000 $ pour le spectacle et 150 000 $ pour le centre d’interprétation.

De plus, le contrat comprenait une clause particulière pour «faciliter» la mise en place de la phase II du spectacle d’Amos Daragon, Dragao. Une somme supplémentaire de 210 000 $ s’ajoutait à l’aide financière de base, soit 60 000 $ pour 2014 et 50 000 $ pour 2015, 2016 et 2017.

Cette clause ne couvrait donc pas l’année 2018, mais la Cité de l’énergie a tout de même obtenu un montant de 50 000 $ pour la mise en place du nouveau spectacle du Cirque Éloize, Nezha. Cette subvention n’est apparue dans aucune résolution du conseil municipal, puisqu’elle ne vient pas des coffres de la Ville. Elle provient plutôt du Fonds de développement des territoires, mis en place en 2015 à la suite de la fin des activités du Centre local de développement de Shawinigan. Ce fonds est géré par le service de développement économique de la Ville.

Le 18 avril dernier, ce service a autorisé le versement d’un montant de 200 000 $ à la Cité de l’énergie, soit 50 000 $ en 2018, 2019, 2020 et 2021.

Pour revenir à l’entente-cadre, la Ville de Shawinigan octroyait également 150 000 $, soit 30 000 $ par année pendant cinq ans jusqu’en 2018, pour le «fonds de développement international» de la Cité de l’énergie.

L’aide de base de la Ville s’établissait donc à 580 000 $ par année, sans compter la subvention récurrente de 10 000 $ pour la présentation des feux d’artifice à la fin de l’été.

Outre l’enveloppe du FDT pour la mise en place du spectacle Nezha, les autres éléments de l’entente devront donc être négociés pour la prochaine saison. M. Désaulniers mentionne que ces discussions ne sont pas encore entamées.

«Il n’y a pas de négociation en cours avec la Ville», indique-t-il. «C’est sûr qu’on va demander un renouvellement. Si on n’a pas ce genre de partenaire, on risque de sécher! Sans la Ville, Hydro-Québec, Desjardins, Québecor, les subventions gouvernementales pour les emplois d’été, on serait pas mal plus serrés.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure que la Ville continuera à soutenir sa principale attraction touristique. Il ne reste qu’à déterminer les modalités de la prochaine entente.

«Notre volonté, c’est que la Cité de l’énergie continue à rayonner», commente-t-il. «On ne s’est pas encore penché sur le renouvellement, mais c’est sûr que la Ville de Shawinigan va demeurer partenaire. On entreprendra probablement nos discussions à l’automne.»

«Je crois que c’est essentiel et nécessaire que les Villes agissent comme partenaires de ces organismes, parce que ça attire du monde, c’est bon pour les commerces, ça nous fait connaître. Ça aide des investisseurs à choisir notre ville.»

Dossier Trudel
En attendant ces négociations, M. Désaulniers assure que les mesures annoncées dans la foulée des révélations d’ICI Radio-Canada Mauricie concernant des comportements inappropriés de Robert Trudel envers cinq femmes cheminent toujours.

«Nous avons mis à jour notre politique sur le harcèlement», explique-t-il. «Nous l’avons diffusée et nous avons fait des séances d’information avec un professionnel. Tout le monde est informé sur la façon dont nous gérons ces choses ici.»

«Nous faisons également une enquête sur le climat de travail», ajoute M. Désaulniers. «Le rapport devrait arriver au début août.»

Le président reconnaît qu’il garde contact avec son ex-directeur général, ne serait-ce que pour être mis au parfum de certains dossiers. Robert Trudel s’est déplacé à la Cité de l’énergie pour voir les décors de Nezha et il échange évidemment avec son frère Michel, l’homme derrière les projecteurs qui veille à tout.

«Robert est déprimé, c’est sûr», commente M. Désaulniers. «Il avait déjà laissé sous-entendre qu’il voudrait se retirer en raison de sa santé. Le connaissant, il serait allé jusqu’au bout. Il aurait laissé son dernier souffle à la Cité de l’énergie. Mais en 2018, allégation, ça veut dire condamnation dans le public. C’est aussi simple que ça!»

Peu importe si des accusations sont déposées ou non dans cette histoire, le président de la Cité de l’énergie assure que le règne de Robert Trudel est bel et bien terminé. Le processus d’embauche pour son successeur devrait s’enclencher à l’automne.