L'écrivaine Djemila Benhabib

Nouvel échec des Écoles musulmanes contre Djemila Benhabib

Après avoir perdu leur cause en Cour supérieure, les Écoles musulmanes de Montréal, qui poursuivaient Djemila Benhabib pour diffamation, viennent de se buter à la Cour d'appel.
«Les trois juges de la Cour d'appel n'ont même pas accepté d'entendre la cause. Nous l'avons bloquée. Et nous avons bien fait. Car pour les trois juges, il n'y avait pas de cause», a-t-elle déclaré au Nouvelliste.
La poursuite avait trait à une entrevue que l'écrivaine avait accordée à l'animateur Benoit Dutrizac, sur les ondes du 98,5 FM, le 8 février 2012. Elle avait alors dénoncé vertement les méthodes pédagogiques des Écoles musulmanes de Montréal.
«Pour moi, ces méthodes relevaient ni plus ni moins d'un endoctrinement islamiste. Je considère que l'argent public ne doit pas servir à financer ce type d'école.
Pourtant, chaque année, le ministère de l'Éducation du Québec envoie un chèque de plus de 425 000 $ aux Écoles musulmanes de Montréal qui imposent aux filles le port du voile islamique dès l'âge de 9 ans et aux élèves des récitations coraniques appelant à la violence et à la haine à l'endroit des non-croyants. Oui, c'est un scandale. Et je l'ai dit. C'est plus qu'un scandale. C'est une honte», a réaffirmé la Trifluvienne d'adoption.
En décembre 2016, dans un jugement étoffé de 43 pages, la juge Carole Hallée, de la Cour supérieure, concluait que Mme Benhabib avait donné son opinion sur une question controversée et qu'il n'y avait pas eu diffamation.
«Voilà deux tribunaux du Québec, en somme quatre juges qui émettent deux avis cohérents en la matière affirmant ainsi que je n'ai commis aucune faute dans l'exercice de mon droit à la parole. Je n'ai causé aucun dommage, aucun préjudice aux Écoles musulmanes de Montréal. J'en suis immensément heureuse et soulagée», a-t-elle confié par rapport à ces cinq années «d'infâme cabale judiciaire» qu'elle qualifie également de «djihad juridique».
Pour l'écrivaine et conférencière, il s'agit «d'une troisième victoire contre les islamistes».
«Parce qu'en plus de ces deux-là, il faut ajouter la décision d'Alain Breault, de la Cour du Québec, Division des petites créances, du 19 juin 2015, dans une affaire qui m'opposait à une mère musulmane en lien avec des photos publiées par le site web de la mosquée al-Rawdah, la mosquée des Frères musulmans au Québec», a-t-elle tenu à rappeler.
Celle-ci explique que sa philosophie est très simple: «la vérité doit être dite et entendue pour que chacun prenne ses responsabilités face à l'histoire».
«J'ai exercé mon devoir de citoyenne. Point. Surtout, lorsqu'il est question des enfants et de leur éducation. Ces gamins-là, ce sont nos gamins, ils méritent de recevoir une éducation de qualité conforme aux valeurs de notre société québécoise, laïque, égalitaire et pacifique. La vérité n'est pas faite pour être tue, ni pour être camouflée, ni pour être cachée. La quête de la vérité doit être le moteur de notre action autant collective qu'individuelle», croit Mme Benhabib.
Cette dernière a rendu hommage à son avocat, Me Marc-André Nadon, ainsi qu'à «mes très nombreux et fidèles soutiens d'ici, d'Europe et d'Afrique du Nord sans qui je n'aurais certainement pas eu la force de me rendre aussi loin dans ce combat si difficile et nécessaire pour défendre la liberté d'expression».
«Je dédie cette victoire à tous les combattants de la liberté d'expression que je sais nombreux. Surtout à une époque ou le manger mou et le penser mou se nourrissent de la lâcheté de nos gouvernements et de la paresse de nos élites démissionnaires», a conclu la chroniqueuse et militante féministe.