Dans l’ordre habituel, Maxime Villemure, Caroline Bell et Johanne Doucet, grimpeurs, Maxime Vincent, du Groupe Vincent, partenaire du projet, Éric Parent, éducateur physique-kinésiologue, Amélie Vallée, directrice générale de la Fondation de la SSS de l’Énergie, Pascal Huard-Massicotte, grimpeur et Martin Lapointe grimpeuse, participaient à l’annonce de l’installation de nouveaux équipements sportifs dans la cour arrière du Centre de santé mentale de l’Énergie, à Shawinigan, jeudi dernier.

Nouveaux équipements sportifs à Shawinigan

SHAWINIGAN — Le Centre régional de santé mentale (CRSM) à Shawinigan a désormais une nouvelle cour extérieure où la clientèle peut s’adonner à différents sports. Celle-ci doit notamment son existence à dix grimpeurs, qui ont profité de leur ascension du Acotango en 2015, une montagne bolivienne de plus de 6000 mètres, pour amasser près de la moitié de la somme nécessaire à réalisation du projet. La Fondation de la SSS de l’Énergie procédait à l’inauguration des lieux, jeudi matin.

Le nouvel espace, une surface multisports quatre saisons, comprend entre autres une table de ping-pong, un terrain de basketball, des tables à pique-nique, des balançoires et des vélos qui sont mis à la disposition des usagers et du personnel du CRSM.

Ils sont quelques partenaires à avoir participé au financement du projet. La Ville de Shawinigan a par exemple injecté 45 000 $ sur trois ans pour qu’il se réalise. Celui-ci «cadre avec sa politique-cadre de l’activité physique et de saines habitudes de vie», déclare Claude Grenier, maire supplément de la Ville.

Trois femmes ont également organisé une course caritative, qui a permis l’achat de trois vélos qui pourront être utilisés par les bénéficiaires, un peu sur le modèle des vélos communautaires en libre-service de Shawinigan, indique-t-on.

Or, c’est l’ascension du Acotango qui aura beaucoup retenu l’attention, lors de l’annonce. Cinq des dix grimpeurs étaient présents pour relater leur expérience. Bien que leur exploit soit maintenant quatre ans derrière eux, les aventuriers avaient encore beaucoup d’anecdotes de voyage à partager. Certains étant «plus aptes à grimper dans les rideaux que sur les montagnes», commente avec humour Johanne Doucet, une membre du groupe.

Les grimpeurs, âgés de 26 et 59 ans, témoignent d’une épopée où ils auront mis autant d’énergie à amasser des fonds qu’à se préparer à l’épreuve qui les attendait. Certains d’entre eux avaient conquis le Kilimandjaro, en Afrique, deux ans auparavant dans une expédition similaire. D’autres en étaient à leurs premiers pas en montagne.

Leur association culminera évidemment en Bolivie. Deux semaines de dépaysement, de différentes randonnées pour s’acclimater à l’altitude, de camping et de camaraderie.

Au terme du voyage, c’est l’ascension finale. Ils sont dix à partir. Cinq atteindront le sommet. La montagne est rude et les conditions sont extrêmes. Elle aura raison de la détermination de la moitié de l’équipée.

Quelques années plus tard, tandis que l’on inaugure ce qu’ils auront tous contribué à financer, la réussite est commune. Les liens perdurent.

Favoriser le sentiment de compétence

Pour Éric Parent, éducateur physique-kinésiologue au CRSM, l’ajout de la nouvelle infrastructure offre un cadre où la clientèle de l’endroit trouve à se revaloriser.

«Les gens se sentent compétents. Ils disent “je l’ai fait, je l’ai réussi”», explique-t-il. Au-delà de l’occasion de divertissement que permet l’aire de jeu, l’intervenant y voit un réel outil thérapeutique. «Souvent les gens ont vécu beaucoup d’échecs dans la vie, ça nous permet à nous de leur faire vivre des réussites», explique celui qui a aussi œuvré comme éducateur physique au primaire et au secondaire.


« Souvent les gens ont vécu beaucoup d’échecs dans la vie, ça nous permet à nous de leur faire vivre des réussites  »
Éric Parent

M. Parent fait valoir que si les bienfaits de l’activité physique en milieu scolaire se mesurent dans le temps, son impact sur le mieux-être s’exprime quasi instantanément pour les bénéficiaires du CRSM.

Il dit espérer que par «effet de contamination», les nouvelles installations seront adoptées par les l’ensemble des gens qui fréquentent l’institution, tant sa clientèle que ceux qui y travaillent ou ceux qui viennent visiter quelqu’un.

À la Fondation de la SSS de l’Énergie, on se félicite de cette dernière réalisation.

«À l’époque, c’était du gravier et une clôture», rappelle sa directrice générale, Amélie Vallée, en parlant de la cour arrière de l’institution avant les nouveaux aménagements. Le projet de 100 000 $ s’ajoute aux 7 millions $ que la Fondation a remis au Centre de santé et de services sociaux de l’Énergie depuis sa création, souligne-t-on.