De gauche à droite: la sœur de Pedro Lutta, Maria Diéyi, son épouse Charlayne Mkuna, sa fille Caroline, Pedro Lutta, son frère Alvaro Féraz et le bébé Annabelle.

Nouveaux citoyens canadiens: «Ici, on est libre!»

TROIS-RIVIÈRES — Le Musée Pop de Trois-Rivières a été le théâtre, mardi, d’une cérémonie de citoyenneté communautaire organisée par l’Institut de la citoyenneté canadienne au cours de laquelle 59 candidats et candidates originaires de 23 pays sont devenus officiellement canadiens.

Parmi eux, un jeune père de famille, Pedro Lutta, originaire de l’Angola, qui travaille en Mauricie depuis 2012 en tant que résident permanent, était heureux de dire qu’il est maintenant citoyen du Canada. La cérémonie de citoyenneté a permis à M. Lutta de mettre fin à des années de stress intense.

À cause de la guerre, M. Lutta et sa famille ont en effet été obligés de quitter l’Angola pour se réfugier au Congo. «J’ai grandi là-bas et j’ai fait mes études là-bas», dit-il. «Au début, c’était correct, mais en 2006, c’est devenu difficile», raconte-t-il. «Mon père avait commencé à chercher un moyen de sortir du Congo», dit-il. «Il y avait beaucoup de corruption. Une personne peut tuer quelqu’un, mais si elle a de l’argent, elle va s’en tirer au niveau de la justice; elle n’ira pas en prison», explique-t-il. «C’est pourquoi beaucoup d’Africains sont partout dans le monde» pour fuir ce genre de régime, estime-t-il.

C’est en 2001 que son père avait eu la bonne idée de demander la citoyenneté canadienne. Malheureusement, les années se sont écoulées et Pedro Lutta a fini par perdre espoir. Les années sont passées et M. Lutta s’est mis à fréquenter, en 2004, la femme qu’il allait épouser en 2011 et de qui il aura une fille.

Soudain, en 2012, les passeports tant attendus depuis 11 ans par les Lutta arrivent dans la famille. Pedro Lutta et ses proches peuvent enfin quitter cet enfer pour se rendre au Canada. Malheureusement, Pedro Lutta doit laisser derrière lui sa nouvelle épouse et leur petite fille. Il a fallu attendre jusqu’en 2017 avant qu’il puisse être à nouveau réuni avec elles. Pendant cinq ans, il n’a pas pu voir grandir son enfant.

M. Lutta et sa famille ont choisi le Québec «parce qu’on vient d’un pays francophone et qu’on parle français», explique-t-il.

Pedro Lutta était une des 59 personnes à recevoir se citoyenneté canadienne, mardi, à Trois-Rivières.

Son frère a reçu sa citoyenneté en même temps que lui mardi après-midi. Son épouse et sa fille sont résidentes permanentes depuis le mois de novembre 2017 et attendent elles aussi leur citoyenneté. Un autre enfant est né depuis, au Canada cette fois.

«C’est long. Ce n’est pas facile d’entrer au Canada», constate-t-il.

«Je suis très fier d’être citoyen canadien», dit-il, son certificat en main. Le froid et la neige ne sont rien de bien difficile à accepter. «Je me suis adapté», fait-il valoir.

«Ici, au Canada, on est libre. On est dans la paix. Tu peux faire tout ce que tu veux. Tu marches dans la rue, même la nuit. Dans mon pays tu marches dans la rue avec un beau téléphone et on va te le prendre», dit-il. «Maintenant, on est devenu des Canadiens. On est content», dit-il.

Le jeune immigrant a travaillé tour à tour chez Gérard Milette, à Saint-Boniface, pendant trois ans, puis chez Bellemare. Il occupe actuellement deux emplois, un chez Pepsi et l’autre chez Lucyporc à Yamachiche.

Pedro Lutta fait également du bénévolat au SANA de Trois-Rivières. «Le SANA nous avait envoyé des bénévoles quand nous sommes arrivés au Canada. Je fais du bénévolat au SANA depuis 2014», dit-il. C’est une façon pour lui de retourner l’ascenseur à l’organisme qui l’avait aidé.

Notons que l’Institut pour la citoyenneté canadienne coanime chaque année plus de 75 cérémonies de citoyenneté communautaires au Canada en partenariat avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.