Bernard Thompson, préfet de la MRC de Mékinac.
Bernard Thompson, préfet de la MRC de Mékinac.

Nouveaux arrivants: une nouvelle ressource entre en poste à la MRC de Mékinac

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Un mois après avoir mis fin à l’emploi de Stéphanie Fortin comme coordonnatrice à l’accueil et à l’intégration des nouveaux arrivants, le conseil des maires de la MRC de Mékinac a nommé sa remplaçante en assemblée publique, le 19 février. Il s’agit de Maude Grenier, qui a notamment travaillé comme coordonnatrice du programme Par’enfants au cœur de nos actions.

Bernard Thompson, préfet de la MRC de Mékinac, explique que son organisation ne pouvait se permettre une trop longue période de flottement à ce poste. Rappelons que Mme Fortin avait été engagée en grande pompe le 2 décembre, puis remerciée le 17 janvier, bien avant la fin de sa période de probation. Son employeur prétend qu’elle ne possédait pas les qualifications requises pour le poste, mais Mme Fortin invoque plutôt une participation à une manifestation du groupe identitaire La Meute à Québec, en août 2017, comme élément déclencheur.

Le Syndicat régional des employés municipaux de la Mauricie (CSN) a déposé un grief au nom de l’éphémère coordonnatrice, réclamant une réintégration à son poste et le remboursement des bénéfices perdus. M. Thompson reconnaît les droits de Mme Fortin, mais en attendant la décision d’un arbitre, il fallait pourvoir le poste, plaide-t-il.

«C’est une ressource qui est subventionnée par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration», rappelle-t-il. «Il est tout à fait normal qu’on utilise ces subventions. À notre dernière séance publique, nous avons procédé à une embauche.»

Le MIFI avait effectivement annoncé une aide financière de 33 070 $ dans le cadre de ce projet. Mme Fortin devenait ainsi la première personne à être engagée spécifiquement pour l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants à la MRC de Mékinac. Le Mouvement Desjardins participe aussi à cette initiative, pour un montant de 200 000 $ sur trois ans.

«Maude travaillait déjà dans Mékinac, sur un projet subventionné», précise le préfet. «Elle a accepté de se joindre à notre équipe pour accélérer les choses.»

Stéphanie Fortin

Mme Grenier est entrée en poste le 17 février.

Diverses versions

Le préfet de la MRC de Mékinac ne peut évidemment commenter les motifs justifiant la fin du lien d’emploi avec Mme Fortin, en raison du grief pendant ou de toute autre requête que pourrait formuler l’ex-coordonnatrice.

Au début du mois, Alexis Rheault, coordonnateur aux loisirs, à la culture et aux communications à la MRC de Mékinac, indiquait que Mme Fortin n’avait pas répondu aux attentes. Dans sa cessation d’emploi, la MRC précise qu’il s’agit d’une fin d’emploi pendant la période de probation et que la coordonnatrice n’avait pas «les qualifications requises pour le poste.»

Or, les compétences de Mme Fortin ne semblent pas être un enjeu à la lecture du résumé de la rencontre du 17 janvier 2020, à Hérouxville. Ce rendez-vous avait été organisé par la MRC de Mékinac pour faire le point sur la situation car quatre jours auparavant, la directrice générale, Nathalie Groleau, avait appris à Mme Fortin la fin de son contrat.

Lors de cette rencontre, dont le résumé tient sur un peu plus de deux pages, il est surtout question de la participation de Mme Fortin à la fameuse manifestation de La Meute, images à l’appui. La directrice générale soulève également l’envoi d’un courriel de Mme Fortin à divers partenaires pour leur apprendre son départ et l’annulation d’une rencontre prévue quelques jours plus tard. La MRC de Mékinac estime que ce geste a brisé le lien de confiance.

Dans ce résumé, autant Mme Groleau que M. Thompson expriment leur malaise à l’idée que leur coordonnatrice à l’accueil et à l’intégration des nouveaux arrivants ait participé à une manifestation de La Meute, plus de deux ans auparavant.

Sylvain Pratte, président du Syndicat régional des employés municipaux de la Mauricie (CSN), mentionne simplement que les démarches se poursuivent dans ce dossier. «On vérifie nos options», émet-il. En fait, le syndicat étudie les précédents en pareille circonstance pour se guider dans la suite des événements.

M. Thompson ne ferme pas complètement la porte à la réintégration de Mme Fortin si la MRC est déboutée, même si le poste est maintenant occupé. «Ce n’est pas parce qu’on embauche quelqu’un pour travailler à sa place que ce n’est plus possible», croit-il. «Mais nous avons analysé la situation et nous ne pouvions pas nous permettre d’attendre le résultat d’un grief qui va s’échelonner sur je ne sais pas combien de semaines. À un moment donné, le gouvernement et Desjardins vont poser des questions sur notre ressource.»