Le gouvernement Legault veut resserrer les règles relatives à l’émission d’un permis pour les propriétaires et gardiens de 15 chevaux et plus.

Nouveau règlement sur la garde de chevaux: peu d’incidence dans la région

Trois-Rivières — L’intention du gouvernement Legault d’apporter un changement réglementaire à l’émission des permis pour les propriétaires et gardiens de chevaux possédant 15 équidés et plus ne semble pas avoir d’incidence important pour plusieurs centres équestres et événements ayant un lien avec les chevaux dans la région. Alors que la plupart clament déjà répondre aux nouvelles exigences gouvernementales, certains se questionnent à savoir si on s’attaque vraiment au bon problème en ce qui concerne le bien-être animal.

Rappelons que le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, a mentionné jeudi l’intention du gouvernement de resserrer les règles entourant l’émission de certification pour les centres accueillant 15 chevaux et plus. Ce projet pré-publié devrait entrer en vigueur dans 45 jours, et comprend notamment des normes plus strictes quant à l’espace de vie octroyé aux chevaux, aux soins prodigués aux équidés et aux exercices qu’on leur permet de faire quotidiennement.

Le nouveau règlement, s’il entre en vigueur, touchera près de 400 centres au Québec, dont la très grande majorité remplirait déjà toutes les conditions, explique le ministre André Lamontagne, en raison de leur certification souvent déjà obtenue par des fédérations telles que Cheval Québec, qui décerne les certifications Équiqualité.

Pour Franck Innocenti, propriétaire de l’école d’art équestre du même nom dans le secteur Pointe-du-Lac, le nouveau règlement ne changera rien à ses opérations ni ses installations, puisque tout est déjà conforme à ce qui est demandé. Toutefois, M. Innocenti se questionne à savoir si on s’attaque au vrai problème en ciblant les propriétaires et gardiens de 15 écuries et plus.

«Quand on parle d’un aussi grand nombre, généralement ce sont des centres professionnels. En majorité, ces centres sont tous très bien tenus. Ici, nous avons la certification Équiqualité, ce qui veut dire que nous répondons à des normes très strictes en ce qui concerne le bien-être de nos animaux. Mais quelqu’un qui garde deux ou trois chevaux chez lui, dans une petite écurie, sans aucun contrôle de qualité, souvent c’est là qu’on peut retrouver des cas problématiques», croit M. Innocenti.

Ce dernier se questionne par ailleurs sur la manière dont le ministère compte s’y prendre pour vérifier le respect de cette nouvelle réglementation. «Les spectacles équestres, c’est mon gagne-pain. Mes chevaux sont entraînés pour ça et soignés en conséquence. Si je ne prends pas un soin exceptionnel de mes chevaux, je n’ai plus de salaire. On dirait que ce sont toujours les professionnels compétents qui sont ciblés, c’est un peu absurde», croit-il.

Le ministre André Lamontagne a toutefois précisé que ce règlement touchait l’émission de permis, mais que les propriétaires d’écuries plus petites ne pourront pas se soustraire à la Loi sur le bien-être animal, et qu’ils devront eux aussi répondre aux exigences de cette loi. Par ailleurs, certaines dispositions de cette nouvelle réglementation s'appliqueront également aux propriétaires et gardiens de chevaux dans les plus petites écuries, précise-t-on.

Au centre équestre Ceraville de Trois-Rivières, le changement réglementaire n’entraînera pas non plus d’investissements supplémentaires, étant donné que le centre répond déjà à toutes ces normes. «Nous sommes conformes, et même plus. Nous appliquons déjà le Code de pratique pour les soins et la manipulation des équidés dicté par le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage, qui est un organisme fédéral. De ce que j’en comprends, le provincial semble s’appuyer sur ce code de pratique pour son nouveau règlement», mentionne Marie-Hélène Gauthier, gestionnaire du centre Céraville.

Pour le Festival western de Saint-Tite, ce changement réglementaire ne devrait pas avoir de grandes incidences non plus, puisque les installations semblent déjà remplir tous les critères de conformité énumérés dans ce nouveau règlement. «De ce qu’on comprend des nouvelles règles énumérées dans le document que nous avons vu, l’ensemble des installations sont conformes à ce qui est demandé. Ça ne devrait donc pas entraîner d’investissement de notre côté pour modifier les installations», mentionne Guylaine Beaudoin, responsable des communications pour le dossier du bien-être animal au Festival western.

Selon Mme Beaudoin, les entreprises et organisations touchées par cette modification réglementaire disposent de 45 jours pour étudier le document et, au besoin, transmettre des commentaires au ministère en lien avec ce changement. «C’est ce que nous avons l’intention de faire. Nous allons en prendre connaissance, l’étudier en profondeur et faire part de nos commentaires au besoin», ajoute Mme Beaudoin.