Le président du SPPUQTR, Gilles Bronchti, au moment du lock-out des professeurs, un événement que ces derniers ont toujours sur le coeur.
Le président du SPPUQTR, Gilles Bronchti, au moment du lock-out des professeurs, un événement que ces derniers ont toujours sur le coeur.

Nouveau recteur à l'UQTR: entre méfiance et espoir

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Christian Blanchette, le seul candidat à la succession du recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, poursuit ses rencontres avec la communauté universitaire trifluvienne afin de se faire connaître et partager sa vision de l’avenir de l’établissement dont il convoite le plus haut titre.

Après une rencontre générale en mode Zoom à laquelle quelque 240 personnes ont assisté, jeudi matin, M. Blanchette a tenu une autre rencontre, le même jour, cette fois avec le Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR avec qui il a échangé pendant une bonne heure en après-midi. Le syndicat avait ouvert la rencontre à ses membres pour l’occasion. D’autres rencontres sont prévues avec les autres syndicats.

En mode séduction, M. Blanchette poursuivra sa tournée alors qu’une période de consultation sur sa candidature est en cours jusqu’au 30 septembre auprès des personnels de l’UQTR. Le Syndicat des professeurs a également lancé sa propre consultation parallèlement.

Même s’il est le seul candidat en lice et malgré sa feuille de route exceptionnelle, l’affaire n’est pas encore à 100% dans le sac pour M. Blanchette. Il doit aussi obtenir une recommandation du comité de sélection dont le rapport sera déposé le 14 octobre. L’ultime aval sera décrété par le Conseil des ministre du Québec qui procède aux nominations. Cette décision devrait être rendue aux alentours de la période des Fêtes.

«Il est arrivé, une fois, que la communauté a voté contre un renouvellement de contrat de recteur. La personne avait été proposée quand même au Conseil des ministres qui a refusé», rappelle le président du SPPUQTR, Gilles Bronchti.

Ce dernier indique que la rencontre des professeurs avec M. Blanchette «s’est bien passée». L’aspirant au poste s’est fait poser beaucoup de questions, sur lui-même d’abord ainsi que sur sa connaissance de la recherche et de l’Université. Le premier contact a laissé une bonne impression, «mais je ne peux m’avancer pour dire que les profs vont soutenir ou ne pas soutenir», précise le président du SPPUQTR. Néanmoins, «il y a eu un bon dialogue».

«Il représente quelque chose de très différent de ce que l’on a actuellement. Ce n’est pas un comptable. Il est très académique. Ce qui l’intéresse, il en a parlé beaucoup, c’est le développement de l’Université avec les profs et les chargés de cours. C’est généralement vu par les profs comme un point positif», résume-t-il.

Gilles Bronchti a entendu à la fois «des commentaires très méfiants et des commentaires positifs».

«Les profs ont été brûlés», rappelle-t-il en faisant référence au lock-out qu’ils n’ont jamais digéré. «Chat échaudé craint l’eau froide», fait-il valoir.

L’exécutif syndical et les professeurs présents à la rencontre ont d’ailleurs questionné M. Blanchette sur la possibilité de régler un conflit par un lock-out tel que celui qui avait été imposé aux professeurs dans le cadre des négociations entourant le renouvellement de leur dernière convention collective, en 2018.

«Il a été politiquement correct», indique M. Bronchti. «Il a dit plutôt que ce n’était pas une option qu’il choisirait de prime abord», dit-il. «On aurait apprécié un refus plus général, mais je ne sais pas s’il pouvait le faire. Je ne sais pas quelle est la manœuvre de quelqu’un qui arrive», dit-il.

Qui dit nouveau reste dit page blanche. «J’ai espoir», confie le président.

Gilles Bronchti souligne que la présentation du candidat au rectorat a été le théâtre «de choses bizarres qu’on ne s’explique pas et que tout le monde a mal reçu».

La candidature de M. Blanchette a en effet été gardée secrète pour tous jusqu’au dernier moment. «Personne ne savait le nom du candidat le matin (de la présentation) et d’après ce qu’on m’a dit, les cadres ne savaient pas le nom du candidat. C’est quelque chose de nouveau. Tout le monde est surpris. Tout le monde a été déstabilisé par ça. C’est gênant parce que nous aimons faire des recherches. On a eu une heure pour ça», déplore le président du SPPUQTR.

«Le c.a. ne le savait pas, à part la présidente», affirme-t-il. «Ça laisse un malaise», dit-il en précisant que, selon lui, le secret ne venait pas de M. Blanchette. Même les personnes les mieux branchées à l’UQTR ne connaissaient pas l’identité du candidat et toutes les spéculations des personnes habituellement très bien informées ont échoué, raconte le président du SPPUQTR.

Les médias, eux, n’étaient pas admis à la présentation du candidat et l’Université a refusé tout commentaire. «Il s’agit d’un message interne», s’est limité à répondre le service des communications.