Nouveaux délais pour les victimes de la vague un.
Nouveaux délais pour les victimes de la vague un.

Nouveau délai pour les victimes de la pyrrhotite

Trois-Rivières — Les victimes de la pyrrhotite devront subir un délai de plus avant de voir la couleur de leur argent.

L’audition sur la demande de SNC Lavalin déposée contre ses assureurs pour les obliger à faciliter l’exécution des jugements de la Cour d’appel et donc de payer les victimes de la vague un, a été reportée. Elle devait être plaidée à Trois-Rivières mardi après-midi.

Deux des quatre assureurs de SNC, Zurich  et Chubb du Canada, ont en effet demandé au tribunal de juger cette demande irrecevable.

Il faudra attendre encore quelques jours pour que cette requête en irrecevabilité soit entendue, indique le procureur principal des victimes, Me Pierre Soucy.

Rappelons que les assureurs demandent à la Cour suprême d’entendre la cause qui les oppose à SNC et cette dernière a annoncé qu’elle se défendrait.

Les victimes de la pyrrhotite et leur procureur principal souhaitent que si les deux camps tiennent à s’affronter devant la Cour suprême, qu’ils le fassent sans leur causer davantage de préjudices en ajoutant aux délais qu’elles subissent depuis déjà 12 ans. Bref, elles veulent être payées avant la nouvelle bataille qu’entend livrer la firme.

Les deux compagnies d’assurances ont demandé, mardi, la suspension de l’exécution des jugements de la Cour d’appel qui donnaient raison aux victimes et leur accordait un dédommagement financier, capital et intérêts.

Le cabinet Lambert Therrien, représenté par Me Soucy, entend contester ces demandes de suspension. «On n’a pas peur de faire le débat», assure-t-il.

De façon parallèle, Me Soucy a également reçu de la part  d’un des assureurs de SNC une requête en sursis d’exécution présentable devant la Cour d’appel. C’est que les assureurs ne veulent pas payer avant de savoir s’ils seront entendus par la Cour suprême, la plus haute instance juridique du pays.

Me Soucy indique que la requête devrait «être entendue assez rapidement. On souhaite que ce soit entendu dans la semaine du 6 juillet. C’est la Cour d’appel qui décide» fait-il valoir.

Les victimes ont reçu une note d’information de la part de Me Soucy, mardi après-midi et les commentaires de découragement n’ont pas tardé à fuser sur la page Facebook de la CAVP. «Savez-vous quoi? Je n’y crois plus!», écrit notamment une victime de la deuxième vague qui attendra encore plus que celles de la première pour se faire dédommager. Pour d’autres, la situation relève carrément d’un déni de justice.


SNC et et la CDPQ

Toujours en lien avec cette interminable saga, la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite a récemment reçu une réponse de la Caisse de dépôt et de placement du Québec.

Il y a quelque temps, la CAVP écrivait à la Caisse pour lui signaler sa déception de constater qu’elle est la principale actionnaire de SNC Lavalin. «Les victimes de la pyrrhotite considèrent que la CDPQ a un rôle à jouer dans ce dossier qui perdure depuis trop longtemps», indique la Coalition. «Nul besoin de vous dire la grande déception et la frustration des milliers de victimes qui se désolent que leurs économies ainsi que celles d’un grand nombre de Québécois et Québécoises, servent à financer les frais juridiques contre un grand nombre des leurs.»

Dans une lettre adressée le 22 juin à la CAVP, la CDPQ indique qu’à la suite de cette lettre, «nous avons partagé les informations reçues à nos collègues et ces informations n’ont laissé personne indifférent», écrit Ani Castonguay des affaires publiques de la CDPQ.

«Nous avons donc communiqué avec la haute direction de SNC pour souligner l’importance de démontrer une ouverture à la situation qui touche les victimes de la pyrrhotite. Au cours de ces conversations, les représentants de l’entreprise ont démontré une écoute attentive et nous ont signifié que nos préoccupations seraient prises en considération dans leur réflexion», ajoute-t-elle. Le chef des relations médias mondiales, Maxime Chagnon, a indiqué au Nouvelliste qu’il «s’agit d’une situation qui nous interpelle profondément et que nous continuons à suivre de près».