Pour Daniel Lamarre, le hockey universitaire est la voie de l’avenir en Amérique du Nord.
Pour Daniel Lamarre, le hockey universitaire est la voie de l’avenir en Amérique du Nord.

Nouveau Colisée: pas de cohabitation, insiste Daniel Lamarre

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le comité des aviseurs des Patriotes s’est réuni tout juste avant le match face à McGill, mardi soir à Trois-Rivières. Alors que le débat sur l’occupation du nouveau Colisée fait rage, Daniel Lamarre a tenu à partager à nouveau avec Le Nouvelliste sa vision du projet universitaire qu’il parraine avec fierté.

Même si le recteur Daniel McMahon a évoqué l’idée lundi d’accepter le partage du Colisée avec une éventuelle équipe de la East Coast League qui serait affiliée au Canadien de Montréal, le Grand Manitou du Cirque du Soleil a répété que la cohabitation n’était pas possible à ses yeux. «Si j’étais recteur, je serais peut-être obligé de dire publiquement que c’est possible. Mais justement, je ne suis pas recteur, je suis bénévole! Et je peux donc m’exprimer librement. La vérité, c’est que la cohabitation est impossible», tranche d’entrée de jeu Lamarre, donnant le ton à une longue entrevue.

Pourquoi c’est impossible? Parce que le plan des Patriotes prévoit l’occupation du Colisée pendant une trentaine de dates, à des moments-clés dans l’année. En plus des matchs locaux, il est question de mettre sur pied un tournoi entre des équipes universitaires américaines et canadiennes en début de saison. Puis des rencontres hors-concours lors de la période des Fêtes, à nouveau impliquant des formations de la NCAA. «Et puis il faut le dire, le Colisée a été bâti pour recevoir une seule équipe majeure. Pour ajouter un autre vestiaire pour une deuxième équipe majeure, on parle d’un investissement supplémentaire de deux millions $. Je ne suis pas certain que ça ferait le bonheur des contribuables que la facture grimpe ainsi...»

Lamarre sait bien que les Patriotes collectionnent de maigres foules depuis des années. Ça ne l’empêche pas d’être très optimiste sur les assistances à venir si jamais ils sont choisis pour meubler le Colisée. «Le hockey universitaire, c’est la voie de l’avenir en Amérique du Nord. On n’invente rien, on veut s’inspirer du succès du Rouge et Or avec Jacques Tanguay. C’est un travail qui va se faire sur quelques années, c’est sûr, mais il y a un momentum à saisir. Notre équipe est jeune et talentueuse, elle pourra être championne dans deux ans. Et avec notre comité des aviseurs, nous avons déjà amassé 300 000 $ pour aider le programme depuis le début de la saison. Imaginez ce que nous pourrons faire quand nous aurons accès à toutes les possibilités offertes par un nouveau Colisée», lance Lamarre, qui cite en exemple l’affluence à l’Amphithéâtre Cogeco pour soutenir son point. «Bien des gens croyaient que l’Amphithéâtre serait un éléphant blanc. Même moi, j’étais un peu sceptique, je me suis impliqué par amour pour ma région. Si tu m’avais dit qu’après quelques années, je vendrais 70 000 billets à Trois-Rivières, et 230 000 à Montréal, je ne t’aurais pas cru. C’est pourtant ce qui s’est produit.»

Un œil sur la NCAA

Graduellement, Lamarre espère voir les Patriotes se rapprocher de la NCAA. Même si l’UQTR assure qu’elle n’envisage aucunement d’adhérer sur une base permanente au prestigieux réseau américain, le mécène se permet encore une fois de rêver. «Je comprends très bien pourquoi l’UQTR tient ce discours. Maintenant, moi, ce que je dis, c’est que rien n’est impossible. Commençons par un tournoi, puis des matchs hors-concours, puis nous pourrons évaluer toutes les options qui s’offrent à nous», souligne-t-il, en ajoutant que Martin Leroux, ex-capitaine de Yale dans la NCAA, faisait partie du comité des aviseurs des Patriotes.

Après son plaidoyer en faveur du projet universitaire, Lamarre assure ne pas chercher la confrontation avec les promoteurs de la East Coast League. Ni avec le Canadien, qui appuie le projet de Dean MacDonald. «Le Cirque du Soleil est partenaire avec le Canadien. Nous louons le Centre Bell 21 jours par année. Si ce dossier était d’une haute importance pour le Canadien, tu peux être sûr que je m’enlèverais du chemin! Je ne suis pas en guerre avec personne, mais il faut bien comprendre la nature du projet de la ECHL. Ce n’est pas un club-école du Canadien qui viendrait ici. Le Canadien dispose de 50 contrats: 23 pour le grand club, 23 pour le Rocket de Laval. Donc c’est environ 4 joueurs appartenant au Canadien qui seraient dans l’équipe. On est loin d’un vrai club-école!»

Avec les Growlers à St.John’s, Dean MacDonald a réussi à attirer une partie du camp d’entraînement des Maple Leafs de Toronto à Terre-Neuve, de même qu’un match préparatoire de la LNH pas plus tard qu’en septembre dernier. En entrevue il y a quelques semaines, il a répété avoir bon espoir de réaliser la même opération avec le Canadien, à Trois-Rivières. Lamarre promet de son côté de vérifier l’intérêt du Canadien pour des projets du genre si la proposition des Patriotes est retenue. «Tout est à négocier entre le Canadien et Dean MacDonald. Il n’a aucune garantie de pouvoir amener ici un match préparatoire de la LNH. Je ne peux pas offrir cette garantie moi non plus. Mais vous pouvez être certain que si on nous permet d’occuper le nouveau Colisée, le premier appel que je vais faire, c’est au Canadien!», conclut-il.