Le groupe Bellemare a publié sur sa page Facebook des photos de sa visite du chantier du nouveau colisée.
Le groupe Bellemare a publié sur sa page Facebook des photos de sa visite du chantier du nouveau colisée.

Nouveau colisée: aucune décision avant janvier

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Ce n’est finalement pas avant l’année 2020 qu’on saura qui occupera le nouveau colisée de Trois-Rivières. Alors que le conseil municipal de Trois-Rivières devait se prononcer sur la question lors de la séance publique de mardi soir, le conseil a plutôt choisi, de façon unanime, de repousser la décision après les Fêtes, permettant du même coup d’obtenir plus d’informations sur les différents scénarios sur la table.

Il faut dire que le promoteur Dean MacDonald, qui veut amener avec lui une équipe de la East Coast League (ECHL) à Trois-Rivières, équipe qui serait associée au Canadien de Montréal comme club école du Rocket de Laval, avait indiqué un délai maximal à la mi-décembre afin d’obtenir une réponse de la Ville. Ce délai était, selon lui, imposé par la ligue pour assurer les activités pour la saison à venir. 

Questionné à savoir si ce délai pourrait venir pénaliser l’un des deux candidats, ou encore faire en sorte que la Ville échappe l’une des deux options, le maire Jean Lamarche a indiqué que ce délai n’appartenait pas à la Ville. «De notre côté, il n’y en avait pas de délai. On veut prendre la bonne décision, on veut avoir un choix éclairé. Je souhaite que cette partie-là comprendra qu’on a besoin de faire un choix éclairé», mentionne Jean Lamarche.

Rappelons que deux scénarios sont présentement sur la table. Le premier, celui de la ECHL, amènerait avec lui une équipe de cette ligue en collaboration avec le Canadien de Montréal, en plus d’un volet événementiel dont les détails n’ont pas été précisés. Le promoteur Dean MacDonald aurait exigé au départ la gestion complète du colisée, ce que la Ville refuse, mais il aurait changé son fusil d’épaule en cours de route et serait prêt à ne pas avoir cette exigence, selon ce qu’il a écrit vendredi au conseil municipal.

L’autre scénario, celui des Patriotes de l’UQTR, est piloté par l’équipe de l’UQTR et un groupe d’hommes d’affaires et de personnalités publiques bénévoles, avec à sa tête le PDG du Cirque du Soleil Daniel Lamarre. En plus de la saison régulière des Patriotes, le plan propose du développement de plusieurs événements de hockey universitaire, notamment en se rapprochant de la NCAA (hockey universitaire américain), en plus de développer des chaires de recherche et différents services relatifs au développement sportif. Un volet événementiel fait également partie du plan d’affaires.

D’un commun accord, on a décidé d’approfondir les discussions avec les deux candidats, les deux organisations qui soumettent un dossier, et après les Fêtes nous serons en mesure de prendre une décision. On va leur demander de nous faire une offre concrète et de présenter avec détails ce qu’ils comptent faire et à ce moment-là, on va être en mesure de prendre une décision», considère le maire Lamarche. Impossible toutefois de savoir si les deux parties intéressées sont en accord avec ce nouveau délai, étant donné que la décision a été prise par le conseil mardi après-midi et n’avait pas encore été communiquée aux deux parties au moment où le maire a fait part de la décision du conseil aux représentants de la presse régionale.

Toutefois, une chose semble claire, soit que la cohabitation des deux équipes ne sera pas envisageable. «C’est difficile. On essaie de voir si c’est possible, mais ça semble difficile pour des techniques. Tout ça reste aussi à définir clairement, mais à première vue ça semble difficile», a simplement indiqué M. Lamarche.

Rappelons que si Dean MacDonald s’était montré ouvert à discuter d’une possible cohabitation, Daniel Lamarre avait pour sa part fermé la porte à cette possibilité.

La cohabitation semble par ailleurs impossible en raison de dispositions physiques du colisée, des équipements et espaces aménagés à l’intérieur qui ne permettraient pas la présence permanente de deux clubs. Une nouvelle donnée qui est importante pour le conseiller municipal François Bélisle, qui n’a toujours pas fermé la porte à la LHJMQ à long terme. «C’est là-dessus que je me questionne. Est-ce qu’on se ferme la porte à d’autres ligues pour le futur», se demande-t-il.

Toutefois, autant François Bélisle que d’autres conseillers ayant questionné la tournure des événements au cours des derniers jours, dont Valérie Renaud-Martin et Luc Tremblay, se rallient à la décision du conseil de poursuivre les discussions après les Fêtes. «Ça va nous permettre de prendre une décision plus éclairée avec toutes les données nécessaires», déclare Mme Renaud-Martin. «La seule chose que je déplore, c’est l’enchaînement des événements qui ont fait qu’on en est venu à devoir prendre une décision presque avec le couteau sous la gorge. Mais de reporter la décision, c’est sage et on va pouvoir prendre une décision plus réfléchie», ajoute Luc Tremblay.

Tableau indicateur

Signe que l’événementiel semble désormais un incontournable dans le développement du colisée, la Ville a approuvé un règlement mardi soir, permettant l’installation d’un tableau indicateur rétractable. Cet investissement s’élève à 500 000 $, un montant qui s’inscrit toutefois toujours à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire du colisée, assure le maire Lamarche.

Selon M. Lamarche, cet équipement était devenu nécessaire pour permettre de répondre aux exigences de potentiels organisateurs d’événements. Les deux candidats dans la course pour l’occupation du colisée ayant prévu le développement du volet événementiel dans leurs plans d’affaires, le maire Lamarche a indiqué que cette décision du conseil ne pouvait pas donner d’indication quant au choix des élus sur l’occupant du futur colisée.

Le conseil municipal de Trois-Rivières repousse à janvier la décision sur l’occupation du colisée.

Dean MacDonald souhaite se faire entendre rapidement

Même si la ECHL avait fixé une date butoir à la mi-décembre pour connaître les intentions de Trois-Rivières, Dean MacDonald croit qu’il peut étirer la fenêtre, à condition d’amorcer de réels pourparlers.

«Les délais sont de plus en plus serrés, c’est évident. Par contre, si la Ville est prête à me rencontrer et qu’on s’entend sur le fait qu’on veut travailler ensemble, il est possible de se rendre à la mi-janvier pour boucler les détails», explique l’homme d’affaires des Maritimes, qui n’attend qu’un appel pour expliquer en long et en large son offre. «Je peux prendre le prochain avion sans problème. Ça peut se faire par vidéoconférence aussi. J’espère seulement qu’on pourra se parler rapidement.»

MacDonald a répété être convaincu que la cohabitation est possible avec les Patriotes. «Je ne comprends pas pourquoi M. Lamarre dit le contraire. C’est exactement ce qu’on fait ici, à St.John’s, avec les Growlers de la ECHL et l’équipe de basket-ball. Quand tu as une aussi grosse infrastructure, l’important pour une ville, c’est de l’occuper le plus possible. Même en ajoutant de l’événementiel, comme on le fait ici à St. John’s, il reste des cases disponibles», souligne-t-il, en disant pouvoir de son côté travailler avec Evenko pour attirer des spectacles, si on lui en donne l’occasion. «C’est déjà un partenaire pour nous. Il y a moyen de travailler tous ensemble pour faire de ce Colisée un endroit vivant, avec une offre diversifiée. Pourquoi ne pas se mettre au travail le plus rapidement possible ? Ça fait un bout de temps que j’attends le signal pour commencer à négocier une entente qui peut plaire à tout le monde. De mon côté, tout est prêt.»