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Daniel Blackburn a été élu chef à l’unanimité lors d’une assemblée du Bloc Pot.
Daniel Blackburn a été élu chef à l’unanimité lors d’une assemblée du Bloc Pot.

Nouveau chef du Bloc pot: les douze travaux de Daniel Blackburn

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Bécancour — Élu chef du Bloc pot au début du mois de décembre, Daniel Blackburn aura fort à faire au cours des prochaines années pour redonner une crédibilité à son parti et pour défendre les droits des fumeurs de joints. Parce que même si le cannabis est maintenant légal, les défis n’ont jamais été aussi nombreux.

Celui qui réside à Bécancour et qui milite pour la formation politique implantée en 1998 souhaite que le Bloc pot redevienne le plus gros des petits partis au Québec. Un statut qu’il a perdu au cours des dernières années au profit de Citoyens au pouvoir et du Parti nul, croit-il.

Un parti qui est également le quatrième plus vieux au Québec, derrière le Parti libéral, le Parti québécois et le parti marxiste-léniniste. «Peut-être que les gens pensaient que c’était clownesque et que l’on ressemblait au Parti rhinocéros, à un certain niveau, mais on n’a rien à voir avec eux. Parce qu’on milite contre une loi, de façon sérieuse, pour des changements de législation qui viennent stigmatiser des gens.»

«Dans nos 22 ans d’existence, on a amassé plus de 400 000 $ en revenus. C’est quand même énorme, fait-il valoir. On a toujours fait des revendications, surtout au début des années 2000. On a été beaucoup plus actif au début du parti. Après ça, à partir de 2007-2008, il y a eu une traversée du désert qui a duré une dizaine d’années et le parti a été gardé sur le respirateur artificiel.»

On aurait pu croire que le parti allait s’éteindre avec la légalisation, mais ce n’est qu’une victoire parmi tant d’autres que la formation espère réaliser au cours des prochaines années. Si bien que pour le nouveau chef du Bloc pot, le parti n’a jamais été aussi pertinent que depuis octobre 2018.

Sans complexe, Daniel Blackburn souhaite entreprendre une tournée des chefs au cours des prochaines semaines, autant au fédéral, au provincial qu’au municipal afin de conscientiser les décideurs sur différents aspects. Parce qu’il reste encore plusieurs batailles à mener. «C’est une légalisation que l’on trouve imparfaite et qui n’est pas du tout dans le modèle que l’on préconise qui est un marché libre et accessible à tous», soutient-il.

Daniel Blackburn, qui est lui-même impliqué dans une entreprise liée au cannabis, estime que le marché de la production est actuellement contrôlé par quelques gros joueurs et qu’il est difficile d’avoir accès à du financement pour lancer une entreprise en lien avec le cannabis.

«Il y a tout un volet économique qui s’est ajouté à celui de défendre les usagers», rappelle le chef du Bloc pot, qui déplore que le cannabis soit devenu une opération de haute finance dans les dernières années.

Il a lui-même vu l’opportunité en lançant sa clinique VertMédic à la Polyclinique 55 de Saint-Grégoire, en décembre 2018. Celle-ci a dû fermer ses portes en raison de la pandémie, mais elle poursuit ses activités de façon virtuelle.

Sous peu, avec des associés, il ouvrira une clinique à Victoriaville à proximité d’une succursale de la SQDC qui ouvrira ses portes cet hiver. Un endroit qui offrira des équipements de culture, des accessoires de fumeurs, des formations accréditées ainsi que des assurances.

Plusieurs batailles à mener

De son propre aveu, le chef du Bloc pot aura beaucoup de pain sur la planche au cours de son mandat. À commencer par lutter contre la stigmatisation entourant le cannabis. «On aura une grosse campagne de communications qui va s’appeler ‘La stigmatisation est une forme de violence. Il faut que ça cesse», indique-t-il.

La formation milite également pour que les utilisateurs aient droit de faire pousser quatre plants de cannabis, alors que c’est complètement interdit au Québec. «Au Canada, tout le monde a le droit de cultiver quatre plants. Même à Wôlinak, le conseil de bande a voté pour. Tu peux cultiver quatre plants à Wôlinak, mais moi qui habite à huit kilomètres, je ne peux pas», déplore le Bécancourois.

Il dénonce également que la position du gouvernement du Québec vienne en quelque sorte nier l’expertise de Santé Canada en interdisant la production de quatre plants de cannabis. «C’est comme si on disait, ici au Québec, que Santé Canada est dans le champ. Nous autres on est plus brillant qu’eux autres, on considère que c’est dangereux, alors c’est non. (…) Ce qui est un peu absurde.»

Le Bloc pot souhaite également qu’il y ait des endroits désignés pour consommer du cannabis. Parce que c’est actuellement interdit dans les parcs, sur les trottoirs et dans les rues, mais également dans plusieurs immeubles à logements.

Ce qui fait en sorte que plusieurs personnes ne peuvent pas consommer nulle part, et ce, même si c’est à des fins thérapeutiques. «C’est de nier le droit à la médication qui est dans la Charte des droits et libertés de la personne. Tout le monde doit avoir accès à des soins de santé et de la médication», rappelle Daniel Blackburn.

Pour y arriver, le parti milite pour que des cannabistrots puissent ouvrir leurs portes afin de permettre aux gens d’avoir un endroit public sécuritaire pour consommer en toute légalité, comme ça existe ailleurs dans le monde.

«On souhaite aussi faire pression auprès des municipalités qui ont le pouvoir de délimiter des zones où il serait possible de fumer. Donc de faire des parcs à poteux, à côté des parcs à chiens», donne en exemple Daniel Blackburn.

À Ottawa, le Bloc pot veut militer pour éliminer la taxe sur le cannabis. «On va approcher les chefs des partis, indique-t-il. On va faire valoir que le cannabis est le seul médicament qui est taxé. Ça aussi, il faut que ça cesse.»

Par ailleurs, la formation souhaite mettre sur pied une fondation pour que les gens à faible revenu aient accès à des prescriptions de cannabis médical gratuitement. Ce qui coûte 250 $ au privé.

L’idée est de se servir du revenu d’appariement que donne le gouvernement pour chaque don de 100 $ fait par un citoyen à un parti politique et qui représente deux fois et demie le montant. Le revenu de 250 $ offert par le gouvernement permettrait ainsi de payer des prescriptions de cannabis médical à des gens qui n’ont pas les moyens de s’en procurer. «En faisant ça, ce serait directement le gouvernement qui va payer les prescriptions de cannabis médical des patients», souligne le nouveau chef du Bloc pot.