Carol Fillion, PDG du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.
Carol Fillion, PDG du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

«Nous sommes prêts à affronter la deuxième vague»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — «Avec la connaissance que nous avons maintenant, avec les mécanismes que nous avons appris de la première vague, je peux dire que nous sommes prêts à affronter la deuxième vague comme organisation. Par contre, je n’aurai pas à moi seul toutes les réponses. Les citoyens devront faire partie de l’équation en ne baissant pas la garde.»

Le président et directeur général du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, Carol Fillion, est catégorique: une deuxième vague du coronavirus est de plus en plus probable dans la région. Impossible pour le moment de savoir où et quand elle frappera. Par contre, les équipes en place ont déjà amélioré les protocoles en conséquence, ce qui lui laisse croire que le réseau de la santé répondra adéquatement à ce qui semble maintenant inévitable.

«Lors de la première vague, on attendait le virus dans les hôpitaux, il a finalement frappé dans les CHSLD. Depuis, avec l’ensemble des directions du réseau, on a procédé à l’identification des risques et mis en place les moyens pour amoindrir ces risques. Aujourd’hui, je suis confiant que peu importe où le virus frappera, on saura réagir adéquatement», indique Carol Fillion.

Ces mesures, elles touchent non seulement la stabilité du personnel par des horaires qu'on vise maintenant à établir sur trois mois en proposant aussi des listes de rappel ciblées. Des listes de volontaires ont aussi été établies si une éclosion devait nécessiter le retrait massif d’une équipe de travail dans un milieu précis.

La disponibilité des équipements de protection a nettement été améliorée. Alors que le CIUSSS-MCQ fonctionnait ce printemps avec une disponibilité suffisante à une période de 48 heures, l’organisation peut maintenant compter sur des stocks disponibles de 10 à 12 semaines à l’avance, donnant une certaine marge de manoeuvre pour changer de fournisseur si un fournisseur venait qu’à ne plus pouvoir répondre à la demande. Des experts épaulent aussi les équipes de soins pour s’assurer que les équipements sont utilisés adéquatement.

La mise en place de cliniques de dépistage mobiles et l’augmentation du nombre de dépistages à une capacité de 1000 par jour joueront aussi en faveur du réseau, est d’avis Carol Fillion. «Le dépistage sera le nerf de la guerre cet automne, et les gens doivent continuer d’aller se faire dépister au moindre symptôme pour que nous puissions mettre en place rapidement les mesures qui s’imposent», mentionne le PDG du CIUSSS.

L’arrivée, ce mardi, de 347 nouveaux préposés aux bénéficiaires dans le réseau viendra certainement donner un bon coup de pouce, même si le défi de la main-d’œuvre demeure, reconnaît Carol Fillion.

Confinement

Pour Carol Fillion, l’enjeu de ne pas reconfiner aussi massivement la population comme ce fut le cas ce printemps est extrêmement important en prévision de cette deuxième vague. «Un tel confinement vient isoler les personnes dont la sécurité dépend du soutien social», mentionne celui qui évoque l’importance de s’intéresser autant à la santé physique que mentale des individus. Ainsi, le CIUSSS dit vouloir raffiner les façons de faire, en permettant au besoin des confinements plus ciblés, par sous-région par exemple.

Mais tous ces efforts seront vains si la population ne contribue pas à freiner la propagation du virus, croit Carol Fillion, qui dit pour le moment être extrêmement fier des efforts des citoyens de la Mauricie et du Centre-du-Québec, une région toujours «au vert» selon le système de classification.

«De notre côté, on a fait nos devoirs. On sait qu’on a encore des défis sur le plan du manque de personnel mais on y travaille. Je suis très reconnaissant du travail de l’ensemble du personnel. On a fait les aménagements dans nos bâtisses. Mais il faut aussi continuer l’appel à la solidarité de chacun. En demeurant vigilant et en ne baissant pas la garde, chacun peut faire la différence», ajoute Carol Fillion.