Françoise Benard et son fils Julien.
Françoise Benard et son fils Julien.

«Nous sommes de tout cœur avec eux»

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La terrible tragédie survenue au Lac-Saint-Jean, mardi soir, n’est pas sans rappeler le drame qui a frappé une famille française, l’an dernier, à Saint-Alexis-des-Monts. Une femme et son fils, Françoise et Julien Benard, sont morts après que leur motoneige eut plongé dans la rivière du Loup.

«Cet évènement réveille de mauvais souvenirs et nous ne pouvons que penser à la peine et à la douleur des familles et à l’horreur qu’ont vécue les survivants. Nous sommes de tout cœur avec eux», a confié dans un courriel Gilles Benard, le père de famille. Il avait été témoin de l’accident tout comme son autre fils Thomas, qui était alors âgé de 11 ans. Le corps de Julien, 11 ans, avait été retrouvé le lendemain, mais il avait fallu un peu plus d’un mois pour repêcher celui de sa mère.

Malgré ces tragédies survenues à un peu moins d’un an d’intervalle, M. Benard ne croit pas pour autant que la motoneige est une activité à éviter pour les touristes. D’ailleurs, il ne déconseillerait pas à des proches de pratiquer la motoneige au Québec. «Il faut malgré tout bien informer les touristes que ce n’est pas une activité anodine et qu’ils soient conscients des risques», précise-t-il.

Il y aura un an le 24 février que cette famille a été décimée. M. Benard et son fils Thomas vivent leur deuil une étape à la fois. «Nous avons reconstruit une vie un peu différente à deux», souligne-t-il. «La période des anniversaires et de Noël a été un peu difficile, mais Thomas fait preuve d’une maturité et d’un courage exceptionnel, et les résultats scolaires s’améliorent», poursuit M. Benard.

Une touriste française et son fils sont décédés, en février dernier, après que leur motoneige eut plongé dans la rivière du Loup, à Saint-Alexis-des-Monts. Il avait fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de la dame.

Rappelons que cette famille française était accompagnée d’une guide pour cette randonnée dans la réserve Mastigouche. En effectuant un virage pour emprunter un pont, la motoneige où se trouvaient Mme Benard et son fils Julien avait heurté un parapet où se trouvait une accumulation de neige. La neige avait eu un effet de tremplin et le véhicule avait plongé dans la rivière. Malgré les efforts des personnes présentes, de passants et des secouristes, ils n’avaient pu être secourus. L’absence de couverture cellulaire avait été critiquée.

RELAIS 22

Les neuf motoneigistes de la randonnée funeste au Lac-Saint-Jean s’étaient arrêtés, lundi, au Relais 22 milles, dans le secteur La Croche, à La Tuque. Arrivés en soirée, ils y ont passé la nuit. D’ailleurs, le guide, Benoît L’Espérance, était un habitué. Il s’y arrêtait plusieurs fois durant la saison de la motoneige. Il en était à sa première visite cette année. «C’est une personne toujours de bonne humeur, très gentille et organisée. Il avait de beaux groupes et il semblait structuré tout le temps. Il semblait sûr de lui et son groupe avait l’air en confiance et en sécurité. C’est quelqu’un qui semblait avoir beaucoup d’expérience», raconte Christine Reis, la propriétaire du relais qui est le seul point de ravitaillement en essence entre Saguenay et La Tuque pour ceux qui empruntent le sentier Trans-Québec 83.

Elle a été très attristée d’apprendre son décès. «C’était une très bonne personne. Toujours souriant, toujours de bonne humeur. C’était quelqu’un qu’on appréciait beaucoup.»

C’est elle qui a accueilli Benoît L’Espérance à l’arrivée du groupe, lundi soir. «Il m’a dit:’’Christine, on est chanceux, on a un super beau groupe. Ce soir, vous allez voir, ça va être plaisant’’», raconte-t-elle.

La prédiction s’est avérée. «Ils ont eu une belle soirée. C’était tous des jeunes hommes très gentils, qui avaient l’air en forme. Le matin, ils ont tous déjeuné ensemble. Ils semblaient soudés.»

Quand elle a entendu parler d’un accident au Lac-Saint-Jean, cela ne lui a pas effleuré l’esprit que c’est ce groupe qui était impliqué. Ce sont des policiers qui lui ont appris la nouvelle. «Quand j’ai eu un appel, j’ai comme eu un arrêt du cœur pratiquement. Je n’en revenais pas de cette terrible tragédie.»