Situé dans le secteur, le Garage Cloutier a même décidé de décorer un véhicule et de le poster dans le stationnement de l’endroit pour démontrer l’intention des citoyens. Sur la photo: Julie Collin, propriétaire du Garage Cloutier de Sainte-Ursule, en compagnie des résidents du secteur Guy Lessard, Sylvie Brunette, Pierre Decoste et Johane Garneau, instigatrice du mouvement.

«Nous ne sommes pas une autoroute»: Des citoyens se mobilisent pour ralentir la circulation à Sainte-Ursule

SAINTE-URSULE — Des résidents d’un corridor routier situé à l’entrée de la municipalité de Sainte-Ursule en ont assez de voir les automobilistes faire fi de la limite de vitesse imposée. C’est pourquoi ils ont décidé de rappeler eux-mêmes la limite aux passants à l’aide de panneaux de signalisation qu’ils ont conçus de leurs mains.

Ainsi, c’est près d’une dizaine d’affiches colorées, inspirées de la créativité de chacun des résidents, qui bordent le corridor de la route 348 dans lequel la limite est établie à 70 km/h. Avec une telle mesure, les citoyens espèrent seulement rappeler aux conducteurs la limite qui, selon eux, est trop souvent oubliée. «Contrairement à ce que certains peuvent croire, nous ne souhaitons pas faire diminuer la limite de vitesse ou même augmenter la présence policière sur les lieux. Tout ce que nous voulons obtenir, c’est le respect de la règle qui est déjà en place», explique la citoyenne Johane Garneau, qui a été la toute première à décorer son terrain d’un tel panneau.

L’idée lui est venue dès son arrivée au village, alors qu’elle a constaté qu’il y avait un réel problème en lien avec le passage des automobiles. «Lorsque nous sommes arrivés ici il y a deux ans, nous nous sommes tout de suite aperçus de la vitesse de croisière anormale à laquelle circulaient les passants. Cela rendait nos manœuvres pour avoir accès à notre résidence très périlleuses. L’idée m’est donc venue l’an dernier d’adopter des mesures particulières pour freiner l’augmentation de véhicules circulant à grande vitesse sur ce tronçon de la route, mais j’ai préféré attendre avant de donner suite à mon projet. Cette année, en constatant que ça n’avait pas cessé, j’ai choisi de passer à l’acte», ajoute-t-elle.

C’est en voyant l’initiative de Mme Garneau et de son conjoint, Pierre Decoste, que d’autres résidents ont décidé de joindre le mouvement. «Je n’ai pas hésité une seule seconde à mettre l’épaule à la roue pour faire changer les choses. Il en va de même pour tout le voisinage, car nous sommes tous touchés par cette problématique. Il y a plus de 40 familles qui habitent dans le secteur et personne n’y échappe. Nous sommes une communauté qui se tient et qui souhaite être respectée», mentionne le citoyen Guy Lessard.

Pierre Decoste, quant à lui, aimerait même que le mouvement en inspire d’autres pour sécuriser les routes. «Nous avons créé une vague, mais celle-ci pourrait bien devenir un tsunami si d’autres décident de s’y joindre.»

Chaque citoyen a sa façon bien à lui de signaler aux automobilistes la vitesse à respecter.
Sur la photo: Guy Lessard, résident du secteur.

L’initiative aurait d’ailleurs déjà connu les résultats escomptés selon les habitants du secteur. «Je n’ai pas de chiffre précis, mais j’estime qu’environ la moitié des conducteurs qui passaient au-dessus de la limitée ont cessé de le faire», a fait savoir M. Lessard. Il soutient également que l’ensemble des résidents est prêt à aller plus loin si les passants en viennent à reprendre leurs mauvaises habitudes. Des panneaux clignotants indiquant la vitesse de tous ceux qui passent pourraient notamment être exigés par la collectivité.

La sécurité comme motif

Pour les Ursulois ayant adhéré au mouvement, il s’agit beaucoup plus d’une question de sécurité que de tranquillité. «Il serait normal pour certains de supposer que nous voulons seulement être tranquilles dans notre village. Cependant, il n’en est rien. Nous souhaitons plutôt à tout prix assurer la sécurité de tous ceux qui passent dans le coin. Il y a déjà eu trop d’accidents et nous souhaitons garder notre monde avec nous», souligne Guy Lessard, qui est installé dans le secteur depuis plusieurs décennies.

Cette situation rend même plusieurs familles inquiètes de voir les plus jeunes déambuler sur les terrains. «J’ai toujours peur pour ma petite sœur étant donné le niveau de danger du secteur. Ça ne devrait pas être ainsi, car nous ne sommes pas une autoroute ou un chemin bordé de champs. Nous sommes un village dans lequel il ne devrait pas y avoir autant de risques», pense le citoyen Raphaël Deschesnes.

Le ministère des Transports n’a cependant pas été en mesure de commenter l’initiative prise par les propriétaires des résidences situées en bordure de ce tronçon de la route 348. Par contre, ce n’est pas la première fois que ce secteur fait l’objet de requêtes de la part des citoyens. Il y a quelques années, après que les résidents eurent fait valoir leur point pendant plusieurs années et que la municipalité eut acheminé les demandes requises, le ministère des Transports avait tenté de régler la situation en abaissant la limite de vitesse, qui était de 90 km/h, à 70 km/h.

Selon le maire, Réjean Carle, il s’agit d’une preuve des actions prises par la Municipalité pour aider ses habitants. «Nous sommes toujours à l’écoute des demandes qui nous sont faites. C’est pourquoi la Municipalité a fait tout ce qui était en son pouvoir pour calmer les ardeurs des passants il y a quelques années. Constatant que le problème persiste, en mon nom personnel, je crois que cette initiative de la part des résidents est la bienvenue.»

Une grande quantité de poids lourds fréquente quotidiennement cette route de Sainte-Ursule.

Maintenant, après avoir vu cette mesure appuyée par plusieurs, l’instigatrice n’espère qu’une seule chose. «Il faut que ça dure.»