Les rodéos seraient illégaux au sens de la Loi sur le bien-être animal, soutient la SPCA Montréal.
Les rodéos seraient illégaux au sens de la Loi sur le bien-être animal, soutient la SPCA Montréal.

«Nous continuerons d’être derrière eux»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
SAINT-TITE — Si la SPCA Montréal a voulu ébranler les commanditaires du Festival western de Saint-Tite par son communiqué et sa publication Facebook jeudi, la grande majorité de ceux contactés par Le Nouvelliste n’avaient pas l’intention de reculer dans leur appui à l’événement.

À commencer par Desjardins et les Bottes Boulet, tous deux commanditaires du festival depuis ses débuts il y a 51 ans.

«C’est facile de porter un jugement sur quelques images rapides, mais ça prend une analyse plus en profondeur. J’ai vu beaucoup de rodéos à travers l’Amérique du Nord, et celui de Saint-Tite est de loin le mieux contrôlé. Nous continuerons d’être derrière eux. Je n’ai absolument rien contre la SPCA de Montréal et je suis moi-même un amoureux des animaux, mais c’est une méconnaissance de l’événement que de penser que Saint-Tite n’encourage pas le bien-être animal», indique Louis Boulet, vice-président de Bottes Boulet.

Chez Desjardins, on indique avoir pleinement confiance en l’événement. «Il s’agit d’un événement majeur et générateur de retombées économiques importantes pour la région. Nous sommes conscients que des personnes peuvent avoir un malaise face à ce type d’événement. Cela dit, les autorités du Festival nous ont assuré avoir obtenu toutes les garanties nécessaires quant au traitement réservé aux animaux lors de rodéos. Nous n’avons pas de raisons de croire le contraire. Nous nous en remettons à l’expertise des responsables du Festival», mentionne Annie-Josiane Bujold, conseillère en relations publiques chez Desjardins.

Loto-Québec, de son côté, entend continuer de financer l’événement, mais suivra de près les recommandations émises par le comité consultatif sur le bien-être animal. «Le Festival western de Saint-Tite, moteur économique important pour la Mauricie, répond aux critères de notre politique de commandites. Cela dit, Loto-Québec est sensible au bien-être, à la santé et à la sécurité des animaux dans les événements. D’ailleurs, nous avons rencontré le directeur du Festival à ce sujet, et il nous a assuré que les animaux étaient bien traités. Nous faisons un suivi régulier à cet effet. Dans le contexte des discussions ayant présentement cours sur la place publique, nous suivrons avec intérêt la position du MAPAQ dans ce dossier», fait savoir Danny Racine, conseiller en relations de presse chez Loto-Québec.

Des recours ?
Chez Chaussures Pop, on n’a clairement pas apprécié être associé à cette sortie de la SPCA. L’entreprise qui commanditait notamment le défilé à traction animale depuis plusieurs années n’a pas renouvelé son entente avec le festival cette année.

«Ce n’est pas à cause du bien-être animal et des pressions de certaines personnes, mais bien parce que nous avons revu notre politique de commandites et nous misons désormais sur le côté numérique», indique le propriétaire André Côté, qui aurait apprécié que la SPCA Montréal se renseigne un peu avant d’associer son entreprise à cette sortie qui ressemblait pratiquement à un appel au boycott, constate-t-il.

M. Côté ne cache pas que son entreprise évalue désormais les recours possibles contre la SPCA en lien avec toute cette affaire.

Pas de rodéos
Dès qu’elles ont reçu la lettre de la SPCA, Hydro-Québec et la Société des alcools du Québec se sont empressées de répondre à l’organisme qu’elles commanditaient certaines activités du Festival western, mais n’étaient pas associées à la portion rodéo.

Hydro-Québec, qui commandite la portion danse du festival, s’est déjà engagée financièrement pour l’édition 2018. Comme elle revoit sa politique de financement chaque année pour chacun des événements qu’elle commandite, la société d’État réévaluera la situation en 2019 en tenant compte des propos amenés par la SPCA. «C’est une question de rigueur. Nous faisons une analyse sérieuse année après année en tenant compte de toutes les nouvelles informations qui nous sont transmises», indique Serge Abergel, chef du service des affaires publiques chez Hydro-Québec.

Pour sa part, Coors Banquet a préféré ne pas commenter le dossier pour l’instant. Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas été possible d’obtenir une réaction de Coca-Cola et Cogeco.