Noëlla Champagne en compagnie de Jean-François Lisée lors d'une visite dans la région en 2016.

Noëlla Champagne heureuse

Trois-Rivières — Même si les instances péquistes auraient souhaité voir Jean-Martin Aussant revenir dans la région, ils applaudissent le retour de l’enfant prodigue au sein du Parti québécois.

«Je vois ça d’un très bon œil. C’est un plus. Je l’avais vu l’an passé à l’ouverture du Cirque du Soleil. On a eu beaucoup de plaisir à échanger. J’avais senti ce désir. Et à notre congrès de l’automne, il a fait une prestation devant les militants. Il m’avait dit effectivement qu’il n’était pas loin de nous. Il était au congrès, il est chez lui, il est dans sa famille politique», rapporte l’ancienne députée de Champlain, Noëlla Champagne, qui annoncera d’ailleurs ce dimanche ses intentions en vue de la prochaine élection.

Selon elle, l’important, c’est que le chef fondateur d’Option nationale ait discuté avec Jean-François Lisée. «Tous les deux avaient besoin de se parler. Il ne faut pas qu’en aucun temps, on sente que l’un attend que l’autre lève les feutres. Jean-François se doit d’aller chercher le maximum de gens», ajoute la vice-présidente de l’exécutif de comté.

À son avis, les deux hommes peuvent faire «une équipe merveilleuse». «Ça peut être très bon. Comme on dit parfois, vaut mieux avoir la personne à côté de toi que de l’avoir dans le dos et pour être meilleur, il faut s’entourer de gens qui ont des forces différentes», poursuit Mme Champagne.

Du même souffle, elle reconnaît que l’ancien député de Nicolet-Bécancour est «un grand impatient». «Il nous a quittés parce que ça n’allait pas assez vite. Jean-Martin a créé un parti qui présentement est allé se noyer dans Québec solidaire. Ça va peut-être faire réfléchir certaines personnes qui sont allées vers un parti qui est tellement d’extrême-gauche qu’il ne dirigera pas le Québec du temps de mon vivant», affirme-t-elle.

Par ailleurs, celle-ci croit qu’il y a des comtés «plus aptes» à l’élection de M. Aussant que celui de Nicolet-Bécancour. «J’aurais aimé ça qu’il s’en vienne dans la région. Mais le Centre-du-Québec appartient à la CAQ au complet et Donald Martel n’est pas battu», fait remarquer la politicienne de 73 ans qui fut élue une première fois en 2003.

Cette dernière ne manque pas de rappeler qu’elle avait soutenu Jean-François Lisée dans la dernière course au leadership. «J’étais la meneuse de claque en Mauricie. Je suis allée le chercher. Par un hasard, à Drummondville, je lui ai dit: qu’est-ce que t’attends pour te lancer? Et il m’a répondu: qu’est-ce que t’attends pour m’aider?», se plaît-elle à raconter tout en décrivant son chef comme «un homme efficace, un stratège, un travaillant».

Pour sa part, le président de l’exécutif péquiste de Nicolet-Bécancour, Jérôme Gagnon, se dit très heureux de cette nouvelle tout en se disant déçu de ne pouvoir compter sur le retour de Jean-Martin Aussant dans sa circonscription.

«Je ne suis pas le seul qui aurait aimé ça. On a toujours dit que la porte serait grande ouverte s’il décidait de se représenter dans le comté. Quand il y a une candidature de qualité comme Jean-Martin, on reste toujours à l’affût. Mais on le comprend de vouloir concilier travail-famille et on respecte ça amplement. Et quelque soit le comté, il va être bon pour le Québec», a-t-il confié au Nouvelliste. «Mais on a des bonnes nouvelles qui s’en viennent pour Nicolet-Bécancour, soit l’annonce d’une candidature féminine en mai», s’empresse-t-il d’annoncer.

Pour lui, le retour de Jean-Martin Aussant au PQ prouve que dernièrement, «Jean-François Lisée est en train de rassembler du monde de tous les horizons».

«Et en tant que président social-démocrate, si on peut virer moins au centre et plus vers le social-démocrate, ça va me faire plaisir. Jean-Martin est en plein dans cette lignée-là. Et je n’ai pas connu un plus grand vulgarisateur et communicateur que lui pour la chose politique. Il a amené des gens qui n’avaient jamais touché à ça. Juste pour ça, ça me fait plaisir», conclut M. Gagnon.