Les lutins Lauriane L’Hérault, Raphaelle L’Hérault et Linda Boisvert ont recueilli les dons des spectateurs dans la salle J.-A.-Thompson.

Noël du Pauvre: 570 320 $ pour les plus démunis

TROIS-RIVIÈRES — L’altruisme et la bonne humeur étaient au rendez-vous, vendredi soir, à la salle J.-Antonio-Thompson, lors du 60e Téléthon du Noël du Pauvre. Cette année encore, la générosité des gens a été sollicitée afin d’offrir un Noël plus heureux aux familles de la région dans le besoin, dont le nombre ne diminue malheureusement pas.

L'événement, diffusé de 17 h à minuit sur les ondes de Radio-Canada, a permis d’amasser 570 320 $, qui sera redistribué équitablement dans les secteurs desquels ils proviennent. «Chaque secteur est autonome dans la redistribution des dons, explique Nancy Sabourin, chef des services français de Radio-Canada en Mauricie et Centre-du-Québec. L’argent qui est donné par quelqu’un à Louiseville n’ira pas à Trois-Rivières: il va à Louiseville.»

S’il était aussi possible de le faire par internet, nombreux étaient ceux et celles qui ont décroché leur combiné pour faire un don, vendredi soir.

De nombreux artistes se sont succédé sur la scène, dont Les Respectables, Marco Calliari, Steve Hill, Manon Bédard, Pascale Picard et les Petits Chanteurs de Trois-Rivières. La soirée était animée à tour de rôle par Sophie Bernier, animatrice du Téléjournal Mauricie-Centre-du-Québec de Radio-Canada, Sébastien Bovet, MC Gilles et Jean-Philippe Wauthier. La direction artistique de l’événement a été confiée à Martine Girard, du Groupe À l’infini, et la direction musicale a été mise entre les mains d’Yvon Bellemare.

À l’extérieur des murs de la salle J.-A.-Thompson, de courageux bénévoles ont bravé le froid, vendredi, pour récolter les dons des automobilistes, dans plusieurs villes de la région. «Les gens ont habituellement moins d’argent sur eux, mais ce n’était pas le cas aujourd’hui, se réjouit Mme Sabourin. Ça se passe très bien.»

Des élèves du Collège Marie-de-l’Incarnation ont réchauffé les coeurs avec leur voix.

En plus du téléthon, plusieurs activités ont eu lieu au cours des dernières semaines pour recueillir des fonds pour les moins bien nantis. C’était le cas à Saint-Étienne-des-Grès, où les élèves de l’école Ami-Joie-et-des-Grès ont vendu aux Stéphanois des ampoules à installer dans un sapin de Noël situé sur la rue Principale, à la Caisse Desjardins de l’Ouest de la Mauricie. Le sapin a été illuminé vendredi soir, lors du dévoilement du montant recueilli par cette initiative, soit 2312 $.

La misère toujours présente

Le Noël du Pauvre a vu le jour en 1958, à l’instigation du père Gilles Boulet, animateur d’une émission religieuse à CKTM-TV, et de Henri Audet, propriétaire de cette station de télévision et fondateur de Cogeco. Le fils de ce dernier, Louis Audet, président d’honneur du Noël du Pauvre, constate que la réalité sociale a bien changé dans la région en 60 ans.

Louis Audet, président d’honneur du Noël du Pauvre.

«Quand j’étais enfant, le filet social au Québec était quasi inexistant. On avait des cas terribles, on les lisait en ondes, sans nommer les personnes. Ça pouvait être une mère monoparentale qui vivait dans un logement dont le toit coulait. De nos jours, il y a le logement social, l’assurance médicale gratuite, mais dans ce temps-là, des cas de gens très malades, qui n’avaient pas d’assurance médicale gratuite, c’était des cas sérieux», raconte-t-il.

N’empêche que la misère est toujours bien présente en 2018. «Le filet social s’est resserré, mais il y a toujours des gens qui ont des malchances, qui perdent leur emploi ou tombent malades, ajoute M. Audet. Il y a toujours des situations difficiles et le Noël du Pauvre vient aider ces gens-là à avoir un beau Noël.»

De nombreux bénévoles étaient à l’oeuvre pour faire du 60e Téléthon le Noël du Pauvre un succès.

Rajeunir l’équipe

Bon an mal an, le Noël du Pauvre compte sur de très nombreux bénévoles pour organiser le téléthon et les activités de financement qui le précèdent. Cette année encore, ils étaient près de 2000 à mettre l’épaule à la roue. Plusieurs d’entre eux sont d’ailleurs des bénévoles de la première heure.

«Les bénévoles font un travail absolument merveilleux, souligne M. Audet. Il y a beaucoup de gens qui sont là depuis 15 ans, 20 ans. D’autres, plus vieux que moi, vont dire que ça fait 60 ans qu’ils sont ici. C’est très bien, c’est très beau, mais il faut rentrer des gens un peu plus jeunes pour que ça se continue.»

L’École Val-Marie a aussi contribué au Noël du Pauvre.

Ce défi n’inquiète toutefois pas Nancy Sabourin, qui affirme que les bénévoles qui souhaitent passer le flambeau trouvent généralement des volontaires. «Les gens finissent toujours par trouver quelqu’un pour les remplacer, ils assurent la relève, indique-t-elle. De ce côté-là, on est une organisation en santé!»

Des entreprises de la région ont fait preuve de générosité lors du téléthon.
Près de 2000 bénévoles ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à la réussite du Noël du Pauvre.
Des bénévoles ont bravé le froid pour recueillir des dons auprès des automobilistes, vendredi.
Des artisans des médias de la région ont uni leurs forces, vendredi soir, pour le Téléthon le Noël du Pauvre.