La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, et son directeur général, Pierre Genest.

Nicolet: hausse salariale de 11 %... et plus!

NICOLET — À quelques semaines de Noël, le conseil municipal de Nicolet a décidé de se faire un cadeau lundi en enclenchant le processus pour une augmentation salariale équivalente globalement à 11,17 % dès le 1er janvier 2019. Ainsi, la rémunération des élus passera de 164 276 $ à 182 623 $.

Par exemple, la mairesse Geneviève Dubois verra son salaire passer de 67 226 $ à 73 559 $ tandis que les conseillers gagneront dorénavant 17 110 $ contre 15 225 $ actuellement. «Cela ne représente que 0,12 % du budget de la Ville», a-t-elle tenu à spécifier.

On se rappellera qu’en 2016, sous prétexte qu’il voulait rendre son poste attrayant pour la nouvelle génération, le premier magistrat Alain Drouin, avec l’appui du conseil, avait annoncé son intention de faire passer son salaire de 37 729 $ à 50 000 $ le 1er janvier 2017, soit moins d’un an avant les élections municipales.

Or, celle qui lui a succédé a aussi évoqué cette idée de rendre le milieu municipal plus attrayant, «pour attirer de jeunes professionnels». «On veut un salaire juste pour le travail qu’on fait. Le contexte s’est transformé, c’est plus exigeant, ça demande du temps et de l’énergie. Il faut donc que la rémunération soit adéquate», a-t-elle expliqué lors de la séance ordinaire du conseil, en présence d’une poignée de citoyens.

Ce qui a motivé, entre autres, l’adoption d’un avis de motion en ce sens, c’est le fait que l’allocation de dépenses sera dorénavant imposable au plan fédéral. On veut ainsi compenser cette perte de revenus.

«Et au cours des dix dernières années, il y a eu deux fois des ajustements pour le poste de maire alors que le salaire des conseillers n’a pas suivi», a ajouté Mme Dubois.

Celle-ci a expliqué que selon un outil développé par l’Union des municipalités du Québec pour comparer la rémunération des élus entre villes de taille et de dynamique comparables, «on est en-dessous de la moyenne». Et, dit-elle, il faut aussi prendre en considération la population, la richesse foncière et les services offerts.

Mais cet ajustement à la hausse ne s’arrête pas là. En 2020, l’augmentation globale sera de l’ordre de 8,98 % et en 2021, de 8,69 %. Et comme en 2019, il y a une indexation de 1,5 % qui est prévue à l’intérieur de ces sommes.

Ainsi, le salaire de la mairesse Dubois passera de 67 226 $ cette année à 75 782 $ en 2021 et celui des conseillers de 15 225 $ à 21 958 $. Quant au maire suppléant, il aura droit, dans trois ans, à une prime de 8763 $ alors qu’elle est actuellement de l’ordre de 5700 $.

Et d’autres scénarios ont été prévus si jamais l’allocation de dépenses devait aussi devenir imposable du côté provincial. Dans un tel cas, le 1er janvier 2019, le bond ne serait pas de 11,17 %, mais de 20,76 %. «Alors que le salaire du conseiller correspond à 20 % du salaire du maire, on veut amener graduellement cette proportion à 25 %», a indiqué Mme Dubois qui, durant la même séance publique, a dû composer avec une pétition de citoyens dénonçant une coupe à blanc effectuée par le ministère des Transports sur une lisière de terrain sur la rue Pierre-Laviolette, et les intentions d’une compagnie d’explorer des gaz de schiste.

Dans le premier cas, elle demandera des comptes au ministère et dans le second, elle s’est faite rassurante. «On n’est pas prêt de voir de l’exploration chez nous», a-t-elle conclu.