Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière.

Nettoyage des bateaux au lac des Piles: la Ville étudie ses options

SHAWINIGAN — À moins de deux semaines de l’entrée en vigueur de l’obligation de nettoyer les embarcations qui navigueront dorénavant sur le lac des Piles, la Ville de Shawinigan ne peut toujours pas dévoiler à quels endroits les plaisanciers pourront se rendre pour obtenir leur certificat de conformité. Néanmoins, le processus avance et l’identité des entreprises autorisées devrait être communiquée quelque part en mai.

À sa dernière séance régulière le 9 avril, le conseil municipal a donné un indice de ce qui se dessine, avec l’adoption d’un premier projet modifiant le règlement de zonage de la Ville. Cette modification permettrait notamment un service de lavage de bateaux au 2800, chemin de Sainte-Flore. Il s’agit d’une maison privée, propriété de Jean Nobert.

«Notre station officielle sera à la marina (près du pont de Grand-Mère)», explique Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière. «Nous avons décidé de ne pas en ouvrir d’autres, parce que des entreprises privées offrent déjà ce service. On sait que ce sont principalement des gens de l’extérieur qui en auront besoin. Ceux du lac des Piles qui laissent leur bateau là n’auront pas besoin de le faire laver et auront un certificat gratuit.»

«De plus, un monsieur du 2800, chemin de Sainte-Flore a émis l’intérêt de lancer une entreprise dans ce domaine», ajoute-t-elle. «C’est pourquoi nous sommes en processus de changement d’usage.»

Difficile, pour le moment, de prédire à quel point ce nouveau service sera sollicité.

«Est-ce qu’on aura un bateau aux cinq jours ou vingt par jour?», questionne Mme Déziel. «Personnellement, je crois qu’il n’y en aura pas tant. La porte d’entrée principale pour les plaisanciers de l’extérieur, c’est la rivière Saint-Maurice. Au lac des Piles, ce sont surtout les résidents.»

Rencontré vendredi, M. Nobert confirme son intérêt. Mécanicien dans sa vie professionnelle, il se prépare à acquérir l’équipement requis, dont une machine à pression qui répondra aux exigences de la Ville. Il souhaite impliquer toute sa famille dans ce projet. Il réfléchit déjà à sa grille de tarification, pour les embarcations à moteur ou non.

«Je vais aussi voir ce qui se fait ailleurs», commente-t-il. «Je suis même prêt à suivre une formation. J’ai 96 000 pieds carrés de terrain. Je vais faire ça loin en arrière; je suis conscient que j’ai des voisins.»

Informée de cette hypothèse, Joan Hamel, présidente de l’Association des résidants du lac des Piles, paraissait pour le moins étonnée. Jusqu’ici, le terrain du centre communautaire Chanoine-Langevin semblait l’option privilégiée. La porte-parole avait aussi soulevé l’idée d’une unité mobile.

«C’est un peu bizarre», hésite-t-elle. «Il faut que ce soit bien fait. Je ne doute pas des capacités de ce citoyen, mais il y a une procédure à suivre. Il faut s’assurer des bonnes pratiques.»

Consultation

Une assemblée publique de consultation sur cette modification de zonage est prévue le 29 avril à 16 h, à l’hôtel de ville de Shawinigan. Étrangement, alors que la résolution adopté le 9 avril ciblait le 2800, chemin de Sainte-Flore pour implanter un service de lavage de bateaux, la convocation pour l’assemblée de consultation indique plutôt que la zone visée couvre les adresses civiques 2600 à 5000, chemin de Sainte-Flore.

Ce périmètre inclut notamment le centre communautaire Chanoine-Langevin, un site sérieusement envisagé par la Ville de Shawinigan l’an dernier. Le nouveau directeur général, Me Yves Vincent, veut garder toutes les portes ouvertes, mais il précise qu’il ne recommandera pas aux élus d’installer une station de nettoyage sur une propriété municipale.

«Je ne suis pas sûr que la Ville de Shawinigan veuille devenir des laveurs de bateaux», avance-t-il. «Nous aurons une station à la marina (de Grand-Mère), qui sera gérée par l’exploitante. Nous reconnaîtrons aussi quelques entreprises du milieu. Je crois que ce serait suffisant. Personnellement, je ne municipaliserais pas le lavage de bateaux.»

Rappelons que l’an dernier, la Ville de Shawinigan avait annoncé qu’à compter du 1er mai, le lavage de toute embarcation deviendra obligatoire au lac des Piles afin de contrer l’importation d’espèces exotiques envahissantes et ainsi, protéger cette réserve d’eau potable.