Joan Lafrenière dit qu’elle aura besoin d’aide pour ôter les sacs de sable autour de sa résidence.

Nettoyage après les inondations: les aînés auront besoin d’aide

Trois-Rivières — Alors que le niveau du lac Saint-Pierre devrait redescendre pour de bon au cours de la semaine, des riverains préparent le nettoyage de leur terrain. Pour ceux chez qui des digues de sacs de sable ont été construites, cela signifie qu’il faudra retirer ces sacs, distribués par dizaines de milliers dans plusieurs villes et municipalités de la région. Si plusieurs résidents peuvent compter sur l’aide d’amis et de proches, ce ne sera pas le cas de tout le monde, en particulier pour plusieurs personnes âgées qui se demandent bien qui leur viendra en aide.

Bien qu’elle n’ait finalement pas eu à s’inquiéter de la montée des eaux, qui n’ont pas atteint sa maison, une digue de sacs de sable a été érigée autour de la maison de Joan Lafrenière. La résidente de la rue Mauriac, à Trois-Rivières, se demande à présent comment elle va faire pour enlever ces sacs une fois qu’il sera possible de le faire.

«C’est sûr que je vais avoir besoin d’aide, je ne peux pas lever des sacs aussi pesants. Tous mes amis sont d’un certain âge et ma famille n’habite pas près. Mon fils est à La Tuque et m’a dit qu’il ne ferait pas ça tout seul.»

La dame espère que des soldats des Forces armées canadiennes viendront lui donner un coup de main, comme cela avait été le cas en 2017. «Ils s’étaient mis en ligne et ça leur avait pris 10 minutes», se remémore-t-elle.

Un couple de Nicolet se trouve dans la même posture. Ces résidents du rang du Bas-de-la-Rivière, qui approchent les 80 ans, ne retireront assurément pas ces sacs seuls.

«Si l’armée ne vient pas les chercher, je vais essayer de trouver de l’aide pour les mettre au chemin, indique l’homme, qui a préféré garder l’anonymat. Si je n’ai pas d’aide, je ne sais pas ce que je vais faire, c’est trop lourd pour moi. Il faudra que je les coupe et que je les vide sur place.»

Un certain nombre de riverains affectés par les inondations sont assez âgés, selon ce que constate SOS Inondation Mauricie, qui a aidé plusieurs d’entre eux à installer les digues autour de leur résidence.

«Il y a beaucoup de personnes âgées qui vivent sur le bord de l’eau, confirme Stéphane Gendron, bénévole. Ils n’ont plus la force de s’occuper de leurs choses, alors c’est sûr qu’ils vont avoir besoin d’aide.»

SOS Inondation Mauricie offre d’ailleurs aux riverains de la Mauricie et du Centre-du-Québec de les aider (voir autre texte).

Consciente de cette situation, la Ville de Nicolet n’a pas l’intention d’abandonner ces gens à leur sort, assure Sébastien Turgeon, conseiller en communication de la Ville.

«On a fait une rencontre avec les riverains et c’est vrai que la moyenne d’âge était très élevée, reconnaît-il. Certains sont encore très en forme, mais d’autres ne pourront pas s’en sortir seuls.»

L’Armée aidera-t-elle?

Les actions rapides des municipalités, des riverains et des bénévoles, ainsi que l’intervention hâtive des Forces armées canadiennes ont permis de mieux se préparer à la crue printanière. Ces dernières sont d’ailleurs encore présentes à Trois-Rivières, quoiqu’en nombre très réduit, puisque les besoins les plus urgents sont à présent dans d’autres régions, notamment en Outaouais. Seulement cinq soldats étaient toujours déployés à Trois-Rivières, la fin de semaine dernière.

L’incertitude plane toujours quant à leur rôle une fois les inondations réellement terminées. Tant SOS Inondation Mauricie que les riverains, municipalités et villes de la région espèrent que les soldats participeront aux opérations de nettoyage, à tout le moins, pour enlever les sacs de sable.

Plusieurs maires ont d’ailleurs commencé à mettre de la pression en ce sens. À Yamachiche, le conseil municipal devrait adopter sous peu une résolution pour demander l’aide de l’armée pour le nettoyage. Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, compte de son côté écrire aux autorités fédérales pour leur demander cette aide. La Ville de Nicolet a pour sa part fait parvenir au ministère de la Sécurité publique du Québec une lettre officielle demandant l’aide de l’armée, la semaine dernière.

Un officier des affaires publiques des Forces armées canadiennes a indiqué au Nouvelliste que cette décision «sera connue et communiquée en début de semaine».