À peine une dizaine de personnes ont participé à l'assemblée d'information de mardi soir.

Nemaska Lithium: une assemblée peu courue

Seulement une dizaine de citoyens ont répondu à l'invitation de l'entreprise Nemaska Lithium et ont assisté à l'assemblée d'information concernant la demande au ministère de l'Environnement et de Lutte contre les changements climatiques pour conserver sur le site de la future usine certains contaminants qu'on y retrouve en raison du long passé industriel de l'endroit.
Cette séance d'information s'inscrivait dans le processus de dépôt du plan de réhabilitation du site de l'ancienne usine Laurentide par Nemaska Lithium.
Le calme qui régnait lors de cette rencontre qui a eu lieu à la Maison de la culture Francis-Brisson du secteur Grand-Mère contrastait avec l'ambiance lors de celle organisée également par l'entreprise le 12 novembre dernier, à laquelle avaient assisté plus de 500 personnes.
L'animation de cette soirée d'information a été assurée par Martin Magnan, chargé de projet pour la firme Pluritec.
«On a la chance à Shawinigan d'avoir une entreprise [Nemaska Lithium] qui est très responsable sur le plan environnemental», a déclaré d'entrée de jeu M. Magnan, qui agit comme expert externe dans le dossier.
Des citoyens ont tout de même émis des réserves concernant les impacts que pourraient avoir les contaminants sur la santé des travailleurs de la future usine ainsi que sur la population. Pour les rassurer, M. Magnan a expliqué que le pire cas possible étudié par son équipe, dans le cadre duquel il existe des risques, serait que les substances soient en surface, ce qui n'est pas le cas car elles sont enfouies dans le sol sous des bâtiments. Les risques sont donc très minimes, selon lui, en raison de cette réalité et en se basant sur les calculs faits dans le cadre de l'analyse. Il a ajouté que dans d'autres projets, les solutions envisagées pour réduire les risques ont été de recouvrir les contaminants de matériaux propres, comme c'est déjà le cas sur la grande majorité du site de l'ancienne Laurentide. Il existe notamment une épaisse dalle de béton sous les bâtiments qui fait un très bon travail de recouvrement des contaminants.
Également présent lors de la rencontre, le directeur responsabilité sociale et environnementale de Nemaska Lithium, Simon Thibault, a indiqué que ce genre de demande est faite régulièrement dans des projets de réhabilitation de site industriel.
«Le plus grand défi d'une site comme celui-là, est de faire quelque chose avec», a poursuivi M. Magnan.
En ce qui a trait aux coûts engendrés par le plan de réhabilitation, M.Thibault a mentionné qu'ils n'étaient pas encore connus car le plan n'a pas encore été accepté par le ministère.
D'autres mesures seront également mises en place dans le cadre du plan, notamment en ce qui concerne les eaux souterraines. Des analyses et un suivi régulier seront faits afin de s'assurer que l'eau ne soit pas contaminée par des métaux.
Faisant partie des personnes qui s'étaient déplacées pour l'occasion, l'ancien député adéquiste de Saint-Maurice à l'Assemblée nationale, Robert Deschamps, a questionné M. Thibault afin de savoir qui allait payer pour réhabiliter le site.
«Tout ce que je peux dire c'est que j'ai acheté une usine qui doit être conforme sur le plan environnemental», a-t-il simplement dit avant d'ajouter qu'il ne savait pas s'il existait une entente à ce sujet entre la Ville de Shawinigan et l'ancien propriétaire, Produits forestiers Résolu.
La demande contenue dans le plan de réhabilitation préparé par Nemaska Lithium est faite en vertu d'une disposition de la Loi sur la qualité de l'environnement. Elle permet qu'un plan puisse prévoir de maintenir des contaminants «dont la concentration excède les valeurs limites réglementaires, à condition cependant d'être accompagné d'une évaluation des risques toxicologiques et écotoxicologiques ainsi que des impacts sur les eaux souterraines».
Nemaska Lithium compte lancer les opérations de son usine de production de carbonate de lithium au cours du premier trimestre
de 2017.