À deux jours de Noël, de nouveaux nuages s’ajoutent au-dessus de Nemaska Lithium.
À deux jours de Noël, de nouveaux nuages s’ajoutent au-dessus de Nemaska Lithium.

Nemaska Lithium en pleine restructuration

SHAWINIGAN — Nemaska Lithium tournera la dernière page de son annus horribilis en ayant obtenu la protection contre ses créanciers à la suite d’une décision rendue par la Cour supérieure, en fin d’après-midi lundi. Une importante restructuration se prépare, mais pour le moment, tous les dirigeants et membres du conseil d’administration de la société demeurent en place.

Tôt lundi matin, Nemaska Lithium annonçait son intention de demander à la Cour supérieure une protection en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. L’audition était prévue à 14 h à Montréal et la requête a été accordée.

Le président et chef de la direction de l’entreprise, Guy Bourassa, n’était pas disponible pour commenter les derniers développements. Dans un communiqué de presse, Nemaska Lithium avance que cette démarche doit lui permettre «de mener à bien ses efforts de financement pour compléter la construction et commencer l’exploitation du projet Whabouchi, suivant la réévaluation des coûts annoncée précédemment.»

D’abord évalué à 1,1 milliard $, ce projet comprend l’extraction de spodumène d’une mine du nord du Québec et la transformation en hydroxyde de lithium d’une grande pureté à Shawinigan, sur l’ancienne propriété de la papeterie Laurentide.

En février, le socle de la société tanguait, à la suite de l’annonce d’un dépassement de coûts de 375 millions $. Le groupe britannique Pallinghurst s’est rapidement avancé pour dévoiler son intérêt. Des négociations se sont enclenchées sur la base d’un financement additionnel pouvant aller jusqu’à 600 millions $.

Après avoir fixé octobre comme échéancier pour conclure une entente, la date du 31 décembre avait été convenue par les deux parties. Or, il semble maintenant illusoire, dans le contexte actuel, que ce financement se scelle d’ici une semaine.

«Malgré les efforts importants déployés pour conclure une entente définitive avec Pallinghurst, il semble pratiquement inévitable qu’aucune entente définitive puisse être conclue avant la fin de la période d’exclusivité se terminant le 31 décembre 2019», fait savoir Gabrielle Tellier, cheffe du service des communications chez Nemaska Lithium.

La porte-parole ajoute que la société britannique «n’est pas prête à prolonger la période d’exclusivité au-delà du 31 décembre 2019, ni à modifier certaines conditions posées à sa proposition de financement.»

Nombreux facteurs

Le projet de Nemaska Lithium a pris du plomb dans l’aile depuis le début de l’année. Après la secousse provoquée par les dépassements de coûts en février, la société s’est retrouvée dans un litige avec le fiduciaire d’obligations de 350 millions $, Nordic Trustee, en raison des échéanciers du projet qui ne pouvaient plus être rencontrés. Puis, en octobre, Nemaska Lithium annonçait la mise à pied de 64 de ses 130 travailleurs. Aucune perte d’emploi supplémentaire n’est prévue à la suite de l’annonce de lundi.

Sans surprise, le titre de la minière a subi toute une dégringolade en 2019. De 0,75 $ en janvier, l’action se négociait à 0,165 $ vendredi. La Bourse TSX de croissance a suspendu les transactions sur ce titre lundi.

«La Société n’a (...) pas été en mesure de restructurer adéquatement ses affaires en raison d’une combinaison de coûts de construction plus élevés que prévu, de l’état actuel des marchés financiers et de l’incapacité de la Société de trouver une solution convenable dans le cadre de son processus d’examen stratégique annoncé précédemment», écrit-elle dans son communiqué.

Nemaska Lithium pourrait maintenant demander à la Cour supérieure d’approuver le lancement d’un processus officiel de sollicitation d’investisseurs pour obtenir du financement supplémentaire. La vente d’actifs et la conclusion d’une coentreprise font aussi partie des hypothèses.

C’est PricewaterhouseCoopers qui agira à titre de contrôleur dans le cadre de ces procédures.