Troisième opération déneigement de l’hiver sur le toit de l’école Notre-Dame, vendredi à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Neige sur les toits: une situation particulière au Centre-de-la-Mauricie?

SHAWINIGAN — Le mélange de verglas et de neige a-t-il provoqué un résultat plus dommageable au Centre-de-la-Mauricie qu’ailleurs au Québec cet hiver? Le directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie, Denis Lemaire, semble le croire. Vendredi, une partie de l’école Notre-Dame a dû être évacuée de façon préventive à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ce qui en fait le troisième établissement de niveau primaire à être touché par des mesures exceptionnelles sur ce territoire depuis près d’un mois.

«Présentement, je suis convaincu que nous sommes l’un des endroits où il y a les plus grandes surcharges», avance M. Lemaire. «Shawinigan et autour, c’est très complexe comme situation. Nous avons eu un peu plus de verglas, plus d’eau et de vent. Je suis convaincu qu’à Québec, ils ont reçu plus de neige qu’à Shawinigan, mais avec le mélange d’épisodes de verglas et de neige, c’est nous qui avons les plus grandes charges. Il y a aussi de la neige à La Tuque, mais on ne vit pas les mêmes problèmes qu’à Shawinigan et dans les environs.»

Il faut dire qu’au 8 mars, la Commission scolaire de l’Énergie avait dû ajouter 550 000 $ à son budget de déneigement. Une seule opération peut s’élever jusqu’à... 80 000 $.

«Nous avons envoyé une demande d’ajout d’allocation pour un sinistre au ministère de l’Éducation», illustre M. Lemaire. «Si nous avions eu une tornade, le toit aurait levé. Mais là, il renfonce! C’est un problème aussi complexe, sinon plus. Pour le moment, le plus important, c’est la sécurité des jeunes. Nous gérerons les budgets après.»

Vendredi, l’apparition de nouvelles fissures à l’école Notre-Dame a convaincu la direction de la commission scolaire de déplacer 251 des 415 élèves. La toiture avait pourtant été déneigée deux fois depuis le début de l’hiver. Une troisième opération a été rendue nécessaire vendredi et normalement, les enfants pourront retrouver leur école dès lundi.

En attendant, les élèves de maternelle, de 2e, 3e et 4e année, en plus de deux classes multiniveaux ont passé l’après-midi dans le gymnase ou à la salle paroissiale de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, située tout près. Les parents pouvaient aussi cueillir leurs enfants sur l’heure du midi. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le maire de la municipalité, Luc Dostaler.

«Le directeur de l’école m’a téléphoné pour savoir s’il pouvait transférer des élèves dans la salle paroissiale en face», raconte-t-il. «Nous l’avons donc accommodé.»

M. Lemaire fait remarquer qu’un pied de glace équivaut au poids de dix pieds de neige. Les épisodes de verglas ont donc alourdi les charges.

«À l’école de la Petite-Rivière, nous avons été obligés d’utiliser des scies mécaniques pour couper la glace et enlever la pression sur le toit», précise-t-il.

Situation critique

Cette école du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides pose d’ailleurs problème pour la direction de la commission scolaire.

«Nous avons trois scénarios», explique le directeur général. «Si on peut tout régler par l’intérieur, on parle d’un transfert d’élèves de six semaines et ensuite, faire les travaux majeurs à l’été. La deuxième option, c’est de faire tous les travaux nécessaires tout de suite, ce qui ne serait pas idéal. La troisième solution, selon les coûts engendrés, c’est de se demander s’il ne serait pas plus simple de s’entendre avec le ministère de l’Éducation pour refaire complètement la partie défectueuse.»

«C’est vraiment sérieux», prévient M. Lemaire. «Ce sont des problèmes structuraux qui remontent aux années 60. Selon les normes d’aujourd’hui, il faut évaluer ce qui serait le mieux.»

Quatre-vingt-quatre des 150 élèves de l’école de la Petite-Rivière poursuivent donc leur année scolaire dans la nouvelle partie de l’école Sainte-Marie de Saint-Boniface, une situation qui aurait irrité certains parents, déçus que cet agrandissement tant attendu ne serve pas d’abord les élèves locaux.

«Nous avons été un peu critiqués là-dessus», rapporte M. Lemaire. «Nous aurions aimé que les jeunes de l’école Sainte-Marie embarquent les premiers dans ces locaux neufs, mais nous n’avons pas le luxe de relocaliser des jeunes dans deux ou trois bâtiments pour garder ces classes intactes. Quand j’ai le choix entre ménager des egos ou offrir un service adéquat à des élèves, mon choix est facile à faire.»

Par ailleurs, les 134 élèves de l’école Villa-de-la-Jeunesse de Saint-Élie-de-Caxton devront demeurer à l’école des Explorateurs du secteur Shawinigan-Sud pour au moins une autre semaine.

«Même si toutes les réparations sont faites, il y a eu des infiltrations d’eau», explique M. Lemaire. «Il faut donc ouvrir les murs. Comme nous serons dans le plâtre pendant une bonne partie de la semaine prochaine, nous étirons la fermeture d’une semaine à Saint-Élie-de-Caxton. Nous n’avons pas chômé: à un moment donné, il y avait jusqu’à 18 ouvriers qui travaillaient dans cette école. Nous avons mis le paquet pour que ce soit le plus rapide possible.»

M. Lemaire espère que cette suite de déveines aux établissements scolaires est terminée, mais il ne peut évidemment rien promettre. Le personnel d’entretien de chaque école est invité à faire des inspections visuelles régulières afin de détecter la moindre anomalie.