Sylvie Côté a survécu à quatre cancers en moins de deux ans.

Ne jamais perdre espoir

TROIS-RIVIÈRES — Sylvie Côté en a traversé des épreuves dans les dernières années. En janvier 2015, elle a reçu un premier diagnostic de cancer du sein. Depuis, elle a été atteinte de trois autres cancers. Malgré cela, elle est demeurée positive et souhaite maintenant inspirer d’autres personnes qui vivent un parcours similaire.

Tout commence en novembre 2014, alors que Sylvie Côté découvre une masse sur un de ses seins. Elle consulte et le verdict tombe en janvier 2015, quand les médecins lui annoncent qu’elle souffre d’un cancer du sein.

À la fin du mois, elle est opérée et doit ensuite suivre des traitements de chimiothérapie, puis de radiothérapie jusqu’au début de l’été 2015.

Pendant ce temps, les médecins remarquent que Mme Côté a ce qui semble être une infection au colon. On l’examine en août et il se trouve qu’elle a un deuxième cancer, cette fois-ci au colon. Elle est opérée en novembre et commence des traitements de chimiothérapie, auxquels son corps réagit très mal.

«Je n’étais plus capable de marcher, je n’avais plus d’équilibre, j’étais toujours endormie», a expliqué Mme Côté.

Elle doit alors consulter en réadaptation trois fois par semaine à l’hôpital Cooke, où son père doit aussi recevoir des soins à la suite d’un accident cardio-vasculaire.

Un matin, Sylvie Côté se lève seule, sans déambulateur. «Du jour au lendemain», pour reprendre ses mots.

«C’est peut-être un petit miracle», a-t-elle dit. En effet, Mme Côté a repris la forme au moment où son père est décédé à l’hôpital où ils recevaient tous les deux des soins en réadaptation.

Sylvie Côté reprend du mieux à la fin de l’année 2015. Par contre, son histoire n’allait pas se terminer de sitôt.

Lors d’un examen gynécologique de routine, on remarque des anomalies. En 2016, on annonce à Mme Côté qu’elle est atteinte de deux cancers: celui du col de l’utérus et de l’utérus.

Elle doit alors subir une opération d’envergure à Québec en mai 2016. L’intervention se déroule bien, par contre, ses plaies importantes s’infectent deux fois par la suite.

Depuis ce jour, Mme Côté est en rémission, soit depuis un peu plus de deux ans.

Sylvie Côté a survécu à quatre cancers en moins de deux ans. Son conjoint, Denis Huot, l’a accompagnée durant ces épreuves.

Garder espoir
Malgré les nombreux diagnostics et traitements par lesquels Sylvie Côté est passée depuis 2014, elle a su garder le moral.

«Quand j’en parle aujourd’hui, on dirait que ce n’est pas moi, on dirait que je l’ai rêvé», a raconté la femme de 53 ans.

Elle affirme avoir été inquiète seulement lors du premier diagnostic reçu de cancer du sein. «Je n’ai pas eu peur de mourir», a-t-elle affirmé.

«Des gens qui avaient le cancer lui écrivaient et c’était elle qui leur remontait le moral», ajoute son conjoint, Denis Huot. «Je leur disais de rester positifs, de ne pas baisser les bras», a soutenu Mme Côté.

Pendant ses traitements, Sylvie Côté se trouvait des passe-temps comme elle le pouvait. Elle a notamment tricoté une trentaine de bonnets qu’elle a remis à la Société canadienne du cancer pour les personnes qui, comme elle, ont perdu leurs cheveux.

Un atelier de maquillage offert par la Société canadienne du cancer à des groupes de femmes a également contribué à ce qu’elle garde le moral. «L’accueil là-bas est formidable», a souligné Mme Côté.

Un coup dur pour les proches
«Je n’ai pas eu de moment de découragement, mais dans mon entourage, ça pleurait», a raconté Sylvie Côté.

Son conjoint a affirmé être passé par toute la gamme des émotions, en plus de vivre un épisode de dépression.

«Au deuxième, troisième et quatrième cancer, je me suis dit: ‘‘Je vais la perdre’’», a confié Denis Huot.

En plus de la charge émotive de la maladie, M. Huot devait assurer les déplacements de sa conjointe lors de rendez-vous, en plus des nombreuses fois où Mme Côté a été hospitalisée.

Les quatre enfants de Sylvie Côté ont eux aussi vécu durement les cancers de leur mère.

«Ma fille aînée venait me voir à l’hôpital et repartait en pleurant», a indiqué Mme Côté. «Elle n’était pas capable», raconte son conjoint.

Un message d’espoir
«Si elle peut aider une ou deux personnes à garder espoir, ce sera super», indique M. Huot.

Justement pour signifier l’espoir, Denis Huot et Sylvie Côté ont décidé de se faire tatouer le logo du cancer du sein sur la main.

«Après quatre cancers, je devais laisser une marque», a-t-elle dit.

Depuis qu’elle est en rémission, Mme Côté affirme vouloir tout faire plus rapidement.

«Si j’ai le goût de m’acheter quelque chose, je vais l’acheter tout de suite.»

Ses cancers lui ont également permis d’avoir entièrement confiance au système de santé.

Mme Côté a notamment tenu à remercier les nombreux professionnels qui l’ont suivie durant les dernières années, soit Dr Denis Ramalho, son médecin de famille, la chirurgienne Isabelle Brosseau, la gynécologue-oncologue Marie-Claude Renaud, le radio-oncologue François Vincent et Isabelle Poirier, infirmière-pivot.