Le nouveau code d’éthique encadrant la navigation sur le lac des Piles ne plaît pas à tous.
Le nouveau code d’éthique encadrant la navigation sur le lac des Piles ne plaît pas à tous.

Navigation sur le lac des Piles: le code d’éthique ne fait pas que des heureux

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — La vision de la Ville de Shawinigan et de l’Association des résidents du lac des Piles en ce qui concerne la navigation sur ce plan d’eau n’est pas partagée par tous les riverains.

Une pétition signée par des propriétaires et occupants d’une trentaine de résidences de ce secteur du district de la Rivière a en effet récemment été envoyée à la Ville ainsi qu’au conseil d’administration de l’Association qui a vu le jour en 1953. Selon la lecture qu’en fait la présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, Joan Hamel, ses signataires déplorent notamment un manque de consultation de la part des membres du conseil d’administration du regroupement, dont plusieurs font partie, avant de faire des représentations auprès de la Ville. Ils considèrent entre autres que le code d’éthique ayant comme objectif d’encadrer la navigation sur le lac, qui a été adopté par le conseil municipal en juillet dernier, ne constitue pas une mesure ayant comme objectif de défendre et de promouvoir les intérêts de l’ensemble de ses membres.

En vertu de ce code d’éthique et dans le cadre d’un projet-pilote, car il n’entrera officiellement en vigueur qu’en 2021, des bouées ont été installées afin de délimiter les activités permises et ainsi, limiter les impacts environnementaux. Le code d’éthique limite également la pratique du wakeboard, une activité qui donne des maux de tête à certains résidents du secteur. Elle n’est dorénavant permise qu’à 300 mètres et plus de la rive, ce qui laisse un terrain de jeu passablement réduit à l’environnement de la marina. Or, plusieurs résidents et membres de l’Association possèdent des embarcations à moteur et sont des adeptes de sports nautiques, dont le wakeboard.

Rappelons que les usagers et les riverains du lac des Piles sont invités à répondre à un sondage relativement au projet-pilote en cours.

En entrevue au Nouvelliste, Mme Hamel s’est dite surprise et attristée de recevoir une telle de démonstration de désapprobation. Ne voulant pas que la situation s’envenime, elle espère qu’une rencontre avec les initiateurs de la pétition ainsi que des représentants de la Ville se tienne dans les prochaines semaines.

«J’aimerais sincèrement qu’on se parle. On veut entendre ce que les gens ont à dire. On veut intégrer tous les riverains», mentionne-t-elle, avant d’ajouter qu’elle aimerait que la rencontre se tienne avant l’assemblée générale annuelle de l’Association, qui aura lieu en visioconférence le 21 septembre. Historiquement, le rassemblement auquel sont conviés tous les membres a lieu au début du mois de juillet. La pandémie a cependant forcé les membres du conseil d’administration à revoir leurs plans.

Sans vouloir discréditer les signataires de la pétition, Mme Hamel souligne que plusieurs autres résidents lui ont indiqué qu’ils étaient heureux de voir apparaître les bouées sur le lac et qu’ils étaient satisfaits de leurs effets, alors que certains contestataires parlent plutôt de «pollution visuelle».

La conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, soutient avoir elle aussi reçu plusieurs témoignages de résidents qui saluaient l’adoption du code d’éthique et la mise en place de mesures afin d’encadrer l’usage du lac, d’autant plus que les plaisanciers ont été nombreux à en profiter cet été en raison de la situation actuelle. Tout comme la présidente de l’Association, elle prend bonne note des récriminations des signataires de la pétition et aimerait qu’une rencontre puisse avoir lieu prochainement. Par contre, elle souligne que les contraintes reliées à la pandémie ne permettront peut-être pas de fixer une date dans les prochaines semaines.

L’élue municipale tient par ailleurs à rappeler que le processus ayant mené à l’adoption du code d’éthique avait été mis en branle après qu’elle ait reçu de nombreuses plaintes relativement à des inconduites et des comportements dangereux de plaisanciers. Le fait que le lac des Piles soit l’une des sources d’eau potable de la ville de Shawinigan a également motivé le conseil municipal à prendre des mesures afin de le protéger.

«C’est important de s’assurer que l’eau soit de bonne qualité et de garder un lac en santé le plus longtemps possible», poursuit la conseillère.

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Un sondage accessible?

En ce qui concerne le sondage auquel les usagers et riverains sont invités à répondre relativement au projet-pilote, la présidente de l’Association des résidents confie qu’elle aimerait que le processus de consultation soit simplifié. En ce sens, elle déplore que ledit sondage ne soit pas facilement accessible pour les personnes qui désirent y répondre.

Nancy Déziel reconnaît que cet exercice consultatif aurait pu être plus publicisé, ce qui a peut-être motivé les initiateurs de la pétition dans leurs actions selon elle. Elle ajoute que des corrections seront apportées si elles s’avèrent nécessaires.