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Le directeur général du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, Denys Bernard.
Le directeur général du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, Denys Bernard.

Nation Waban-Aki: une organisation autochtone qui voit grand

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Wôlinak — La pandémie aura permis au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki de démontrer son savoir-faire un peu partout au Québec. Si bien que l’organisation est devenue le point de chute pour l’ensemble des communautés autochtones de la province pour la gestion des mesures d’urgence.

D’abord mandaté par Services aux autochtones Canada (SAC), le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki (GCNWA) a pris les choses en main pour lutter contre la COVID-19. En quelques jours à peine, ils ont réussi à envoyer dans l’ensemble des communautés autochtones, tous les équipements de protection nécessaires pour bien se protéger.

Ils ont été en mesure de livrer la marchandise que ce soit par camion ou même par avion dans certaines communautés éloignées. Un exercice de logistique qui n’a pas été si simple à réaliser. «On a fait ça en trois ou quatre phases. On parle de 10 millions $ qu’on a distribués en équipements de protection individuelle», indique le directeur général, Denys Bernard.

Ce qui a permis de mettre le service des mesures d’urgence «sur la carte» en démontrant son efficacité. «Ça nous a donné un bon entraînement, souligne le directeur général. Ç’a été bien fait et ça nous a permis de développer une respectabilité. Les gens savent qu’ils peuvent se fier sur nous.»

L’organisation souhaite maintenant construire un entrepôt près du garage municipal de Wôlinak pour être en mesure d’être encore plus efficace pour la gestion des mesures d’urgence des communautés autochtones de la province. Le tout pourrait se concrétiser au cours de la prochaine année si elle obtient les budgets nécessaires.

«On veut être en mesure d’avoir les équipements pour parer à toute éventualité, que ce soit les feux de forêt, un glissement de terrain, un déraillement de train, un tremblement de terre ou une autre pandémie», énumère Denys Bernard.

«Actuellement, on a du budget pour entreposer du matériel dans des mini-entrepôts. Ce n’est pas efficace, mais temporairement on vit avec. Parce que des équipements comme des masques ou du désinfectant, ça arrive par palettes. Si on veut avoir une gestion efficace, il faut que ce soit ordonné», plaide le directeur général.

Une vision pancanadienne

Le service des mesures d’urgence est l’un des nombreux qui sont offerts par l’organisation qui a également un service pour les consultations et les revendications territoriales et pour les services sociaux à l’enfance, mais également un département de génie civil et de génie du bâtiment.

Un service qui était d’abord régional et qui a pris de l’ampleur au cours des années pour avoir une portée davantage provinciale. Le chiffre d’affaires qui était de 690 000 $, en 2005, est passé à 22 millions $, au cours de la dernière année, indique le directeur général.

«Ça donne une idée de la croissance, soutient-il. Ce n’est qu’un début. Mon but c’est de développer un service pancanadien. Parce que comme on est accrédité Travaux publics Canada, on peut soumissionner partout au pays.»

Comme pour plusieurs entreprises, le défi demeure toutefois de trouver de la main-d’oeuvre qualifiée. «Ces temps-ci, c’est difficile de trouver des professionnels de qualité, surtout en génie civil. Si je pouvais en engager trois de plus, je les engagerais. C’est ce qui nous retient. Sinon, je pourrais en avoir plus de contrats que ça.»

La vision du directeur général du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki est d’éventuellement pouvoir se monter une équipe qui pourrait lui permettre de répondre à des contrats dans l’ensemble des communautés au Canada.

«J’y vais pierre par pierre, mais quand même à vitesse grand V. D’ici deux ou trois ans, si je monte encore plus mon équipe, je vais être capable de le faire, espère-t-il. Si je me fais des ramifications avec des postes satellites dans toutes les provinces et que je suis capable d’avoir des professionnels partout.»

La force de l’organisation, c’est qu’elle est à but non lucratif. L’objectif n’étant pas nécessairement de faire du profit, mais de faire travailler ses 88 employés. Ce qui lui permet de soumissionner à des prix qui sont souvent plus compétitifs.

«Sur 10 offres de services que je présente, j’en ai 9 sur 10», se réjouit Denys Bernard.