Jean et Aline Chrétien

Musée Jean Chrétien: sous le signe de la continuité

Après cinq ans à Espace Shawinigan, le Musée du premier ministre Jean Chrétien - le Canada dans le monde a inauguré ses nouvelles installations au centre de sciences de la Cité de l'énergie, jeudi matin, en présence de l'ex-député de Saint-Maurice et de son épouse. L'exposition proposée s'inscrit dans la continuité, mais son nouvel emplacement devrait provoquer une hausse importante de l'achalandage.
Comme à chaque apparition publique de M. Chrétien à Shawinigan, l'activité s'est déroulée dans une ambiance très décontractée, sous le ton de la badinerie. L'ex-premier ministre semble très satisfait de ce changement de site, qui a nécessité un investissement de 1,2 million $ pour les travaux d'agrandissement au centre de sciences et la finition extérieure. La moitié de cette somme a été financée par le Fonds du Canada pour les espaces culturels.
«C'est un peu la même chose, mais l'endroit est magnifique», commente M. Chrétien. «Les gens pourront le voir plus facilement. Ceux qui visiteront la Cité de l'énergie auront maintenant accès au musée. Je suis content, ils ont fait un bon travail. C'est une attraction touristique qui semble continuer à être populaire.»
Robert Trudel, directeur général de la Cité de l'énergie, rappelle que le déplacement à Espace Shawinigan pouvait représenter un irritant pour les touristes. Dans son esprit, il ne fait aucun doute que l'achalandage au Musée du premier ministre Jean Chrétien - le Canada dans le monde est appelé à exploser cette année.
«Nous avions, en moyenne, entre 14 000 et 15 000 visiteurs par année», note M. Trudel. «Grosso modo, la Cité de l'énergie accueille 100 000 visiteurs par année. Automatiquement, à l'achat d'un billet, les gens auront accès au musée. Il y a donc un potentiel de 100 000 visiteurs dorénavant.»
Quant à la salle auparavant occupée par le musée à Shawinigan, elle ajoutera à l'offre disponible pour des congrès, des réceptions ou des mariages.
«La demande est excellente», souligne M. Trudel. «Nous avons transformé l'ancienne salle du musée en équipement polyvalent. Pendant la période estivale, on manquait de locaux. En récupérant ce musée, ça nous permettra d'avoir plus de locations durant l'été.»
Sur la table de ping-pong
Rappelons que cette exposition met en valeur le rôle du Canada sur la scène internationale de 1993 à 2003, alors que M. Chrétien dirigeait le pays. Les visiteurs peuvent admirer près de 400 cadeaux classés selon quatre thèmes, soit la diplomatie, le commerce, la paix et la sécurité et enfin, le développement international. Une réplique du bureau du premier ministre est aménagée, de même qu'une salle où est diffusé un reportage dans lequel des diplomates et des chefs d'État expliquent le rôle du Canada à travers le monde.
«C'est très bien organisé, chaque objet est bien identifié, chaque origine est établie», énumère M. Chrétien. «Tout le monde parle de mes cadeaux, mais c'est injuste. La majorité d'entre eux ont été présentés à Aline, pas à moi!»
Jean Chrétien a retrouvé la chaise qu'il occupait au parlement. Il n'a pas hésité à la lever bien haut.
La collection complète comprend environ 800 présents. La Cité de l'énergie s'assure de respecter une rotation tous les trois ou quatre ans. M. Chrétien mentionne qu'il n'a pas conservé, chez lui, de souvenirs significatifs de ces échanges de présents avec des leaders du monde.
«Il fallait prendre des décisions; on ne peut pas mettre ça dans un salon», fait-il remarquer. «Quand ça arrivait à la maison, en revenant de voyage, il y en avait beaucoup. On descendait ça au sous-sol du 24, Sussex et on mettait ça sur la table de ping-pong. Nous avons été chanceux, parce que beaucoup de gens ont de la difficulté à identifier ces objets quand on les met de côté. Mais Aline est une femme minutieuse et elle est parvenue à presque tous les identifier.»
Avis aux visiteurs qui chercheraient la fameuse sculpture inuit d'un huard brandie pour éloigner un visiteur indésirable dans la maison officielle en 1995, le couple la garde chez lui. «Ce n'est pas un cadeau», nuance M. Chrétien. «Nous l'avons encore et ça va rester dans la famille pour longtemps!»