Laurianne Petiquay est directrice générale du CAALT.
Laurianne Petiquay est directrice générale du CAALT.

Multiplier les efforts pour améliorer la situation

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Le Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT) a été choqué par les récents événements qui se sont déroulés à l’hôpital de Joliette. La directrice générale du CAALT croit que la situation est «moins intense» en Haute-Mauricie, mais rien n’est parfait. D’ailleurs, on multiplie les efforts et les comités de travail afin d’améliorer la situation.

Depuis 2015, la clinique Acokan s’est installée dans le centre d’amitié autochtone. Elle favorise l’accès à des services de proximité culturellement pertinents et sécurisants pour les premiers peuples en milieu urbain du Haut-Saint-Maurice. Cette clinique est le fruit d’un partenariat entre le CIUSSS MCQ et le CAALT

«Il y a eu plusieurs bonnes retombées de ce projet-là depuis son lancement auprès des membres du CAALT. Il y a un impact certain, mais ça ne veut pas dire que ça règle tout. Notre clinique facilite beaucoup de choses auprès des membres. Pour eux, le fait que ce soit au centre d’amitié est sécurisant, justement parce que c’est ici. Ils se sentent chez eux, ils se sentent acceptés et ils ne se sentent pas jugés. Ils ont accès à une infirmière clinicienne et c’est sécurisant pour eux. On remarque aussi qu’ils ont beaucoup confiance en cette personne-là», note Laurianne Petiquay, directrice générale du CAALT.

L’organisme fait également du soutien et de l’accompagnement, entre autres, en milieu hospitalier. Les intervenants sur le terrain notent d’ailleurs une «réelle différence dans le comportement des personnes qui donnent le service».

«Ce sont les membres qui nous le disent. Quand ils y vont seuls, ils disent qu’ils ne sont pas toujours pris au sérieux, qu’ils ne se sentent pas écoutés et qu’ils ne se sentent pas considérés. Lorsqu’ils sont accompagnés de notre équipe, ça fait une différence», assure Mme Petiquay.

Cette dernière constate d’ailleurs que les récents événements qui se sont déroulés à l’hôpital de Joliette amènent de la méfiance chez les membres du CAALT.

«Ils se trouvent quand même chanceux ici parce que ce n’est pas au même niveau qu’à Joliette. C’est moins intense, mais ce n’est pas parfait», note-t-elle.

La barrière de la langue dans les services représente un des problèmes relevés. La directrice générale du CAALT souligne qu’on banalise souvent la compréhension et le besoin d’un service d’interprète.

«Il y a des problèmes, mais il faut focusser sur les solutions», insiste Mme Petiquay.

Le CAALT est au cœur d’une autre initiative, la table locale d’accessibilité aux services. Elle a été mise en place récemment et réunit plusieurs acteurs du milieu, notamment de la santé. On souhaite mettre en place différentes solutions pour améliorer les conditions de vie des autochtones.

«Il y a tout l’enjeu entourant la méconnaissance. Il y a une méconnaissance des réalités culturelles mutuelles. Quand on ne se connaît pas, on ne se comprend pas. Il y a aussi la méconnaissance des services offerts dans le réseau public québécois», souligne Laurianne Petiquay.

«On a un plan d’action et on veut travailler ensemble pour améliorer la situation. Si on a un plan d’action, c’est qu’il y a du travail à faire […] C’est un peu l’affaire de tous si l’on veut que la société de demain change», a-t-elle ajouté.