Plusieurs employés de Remorquage Guilbert ont pris part au mouvement «Flash tes lumières» avec leur véhicule, samedi soir, à plusieurs endroits dans Trois-Rivières.
Plusieurs employés de Remorquage Guilbert ont pris part au mouvement «Flash tes lumières» avec leur véhicule, samedi soir, à plusieurs endroits dans Trois-Rivières.

Mouvement de solidarité des remorqueurs à Trois-Rivières [VIDÉO]

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C'est à grands coups de klaxons et de gyrophares qu'une entreprise de remorquage de la région a décidé d'égayer la soirée des employés et patients de plusieurs résidences pour aînés et de l'hôpital régional de Trois-Rivières, samedi. Plusieurs employés de Remorquage Guilbert ont décidé de se faire visibles et audibles afin de remonter le moral de ceux qui ne peuvent rester à la maison... et de ceux qui ne peuvent y retourner.

L'événement avait en fait lieu pour une seconde fois en deux soirs. Vendredi, plusieurs remorqueurs ont allumé leurs gyrophares et klaxonné en passant devant le Centre Cloutier-du Rivage, dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières. C'était leur façon de prendre part au mouvement «Flash tes lumières», mis sur pied pour permettre à la population québécoise d'exprimer sa reconnaissance et sa solidarité envers le personnel du réseau de la santé.

«On a organisé ça au pied levé, après avoir reçu une demande d'une chef infirmière dont le fils fait du remorquage. Elle voulait réconforter son équipe et lui montrer que les gens à l'extérieur pensent à eux (les employés du réseau de la santé). Avec toute l'effervescence que ça a connue, on a eu des demandes toute la nuit pour passer devant d'autres endroits et on a décidé de le refaire ce soir (samedi)», explique Ghyslain Hinse, copropriétaire de Remorquage Guilbert.

Le cortège a démarré devant la Résidence Myosotis située à l'angle des rues Vaillancourt et Barkoff. Il a poursuivi sa route en passant devant d'autres résidences sur les rues Chapleau, des Ormeaux et Barkoff. Il s'est ensuite rendu dans le stationnement du CHSLD Roland-Leclerc, à Trois-Rivières, avant de finir son parcours devant le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières.

M. Hinse voit aussi dans cette action symbolique une façon d'alléger l'atmosphère plutôt lourde qui s'est installée ces dernières semaines.

«Ça nous fait décrocher un peu. C'est un élan de solidarité. Je pense que ça (la COVID-19) nous réunit tous un peu. Tout le monde vit les conséquences», indique-t-il.

Le copropriétaire de Remorquage Guilbert confie par ailleurs qu'à au moins deux reprises la semaine dernière, des clients ont indiqué à ses remorqueurs qu'ils revenaient de voyage... une fois leur intervention terminée.

«Tout le monde a peur, même nous. On est aussi en première ligne», croit-il.

Plusieurs personnes ont profité du spectacle depuis l'intérieur du CHAUR.

«Chaleur humaine à distance»

L'initiative de Remorquage Guilbert a également séduit des citoyens qui ont décidé de se joindre aux remorqueurs, samedi soir. Pour Claire Lefebvre, c'est une façon de propager du positif à travers les nouvelles alarmantes qu'elle voit défiler à longueur de journée.

«Déjà que les gens à l'hôpital et les résidences sont pris là-dedans, on va leur donner un coup de chaleur humaine à distance. Ça va faire chaud au cœur à tout le monde. Et ça me fait du bien à moi aussi de participer», indique-t-elle.

Mme Lefebvre explique avoir appelé M. Hinse après avoir eu connaissance de l'action menée vendredi soir. Elle a ensuite contacté d'autres personnes qui ont accepté de se joindre au mouvement. Elle assure par ailleurs que les règles de distanciation sociale seront appliquées.

Elle espère enfin que ce genre d'action de solidarité perdurera une fois la pandémie enrayée. «Une chose qu'il va falloir retenir de tout ça, c'est l'importance de l'entraide. Ça va peut-être faire réfléchir des gens et les inciter à faire un effort pour aider leur prochain», souhaite-t-elle.