Le moulin a fait l'objet de discussions entre trois conseillers de Trois-Rivières et l'historien René Beaudoin qui s'inquiète quant à la décision qui sera prise par l'UQTR sur l'avenir de cet immeuble patrimonial

Moulin à l'UQTR: René Beaudoin rencontre trois conseillers

L'historien René Beaudoin était plus que ravi cette semaine d'avoir rencontré sur le site du moulin de l'UQTR trois membres du groupe de travail sur les arts et la culture de la Ville de Trois-Rivières, soit les conseillers Joan Lefebvre, Marie-Claude Camirand de même que Pierre-Luc Fortin - qui est enseignant en histoire - à qui revient l'initiative de la rencontre. Le tout a fait l'objet d'un long commentaire sur la page Facebook que M. Beaudoin a créée et dédiée au dossier du moulin.
«Je suis tellement content! s'est exclamé l'historien lorsque joint par Le Nouvelliste. Il me semble que dans le dossier du moulin, il faut à tout prix que les décisions se prennent en se basant sur de bonnes informations, connues ou à être validées, et qu'on puisse examiner toutes les options pour son avenir. Son meilleur avenir», insiste-t-il.
Ce dernier ne cache pas qu'il continue à rêver au déménagement du moulin et à sa remise en opération. Il est convaincu que c'est faisable puisque des collègues français, spécialistes des moulins, ont réussi une bonne centaine de projets du même genre.
«J'imagine que ces trois historiens sont plus compétents que bien des gens qui font des suppositions à l'oeil sur la fragilité de la structure du moulin ou autre chose. Je suis très content que ces conseillers aient fait la job pour laquelle ils se sont engagés, soit de prendre des décisions les plus éclairées possibles en allant chercher les informations là où elles se trouvent.»
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les conseillers en question n'ont pas fait que passer en coup de vent au moulin. Deux d'entre eux (Mme Camirand et M. Fortin) ont écouté M. Beaudoin pendant près de trois heures au lieu de l'heure et demie convenue. «En plus, ils sont venus sur le site! J'ai même mis une photo sur ma page Facebook avec leur permission. C'est clair qu'aucun engagement n'a été pris, c'était strictement informatif. Je pense qu'ils ont vraiment été inté-ressés.»
Le souhait de M. Beaudoin est que les autres conseillers ainsi que les fonctionnaires municipaux concernés le rencontrent également dans le même esprit pour pouvoir ensuite choisir l'option la plus intéressante pour la Ville. Comme l'historien a déjà vu le directeur des arts et de la culture de Trois-Rivières, Benoît Gauthier, il estime que le conseil aura bientôt en main tout ce qu'il faut pour se faire une tête.
«Je sais que le maire Lévesque a toujours été très sensible aux recommandations du directeur des arts et de la culture. De plus, en 2003, il soutenait le projet du moulin. Je ne sais pas s'il a changé d'idée. Je ne le penserais pas. Avec l'opinion du groupe de travail, ça va faire son chemin», croit celui qui, par ailleurs, a été très surpris d'apprendre par le journal que l'université s'apprêtait à bouger dans ce dossier. «Ma dernière rencontre avec la rectrice remonte à février. Par après, je n'ai plus entendu parler de rien.»
Mais cela dit, l'historien ne serait pas contre l'idée d'un plan de restauration du moulin étalé sur plusieurs années et élaboré de telle sorte qu'on n'ait pas à démolir ce qui a été fait précédemment, chaque fois qu'on sera capable financièrement de passer à l'étape suivante, et ce, jusqu'à la restauration complète du moulin.
Une idée qui plaît également à la conseillère Marie-Claude Camirand. «C'est mon collègue Pierre-Luc Fortin qui s'est dit que ce serait bien d'avoir plus d'informations car c'est un des bâtiments patrimoniaux les plus anciens de Trois-Rivières. On voulait surtout de l'information de la part de quelqu'un de spécialisé qui a vu tous les moulins du Québec et qui connaît bien l'histoire de Trois-Rivières. »
La conseillère estime comme plusieurs de ses collègues de la table du conseil que si quelque chose se passe au moulin, «ce serait bien que le conseil sache de quoi il en retourne.»
«Maintenant qu'on a l'information, on comprend que c'est un pan important de notre histoire. Ce qu'on aimerait amener en groupe de travail, c'est la question suivante: est-ce que minimalement la Ville ne pourrait pas faire partie d'un groupe de travail à l'UQTR, si comité il y a, pour évaluer ce qui pourrait être fait? Pour qu'on puisse avoir un petit mot à dire sur les changements qu'on aimerait y faire. S'assurer que ce soit bien préservé, c'est ça le plus important. Et en fonction que, si plus tard, on a les moyens d'en faire encore plus, on puisse s'assurer que ce qui sera fait aujourd'hui n'aura pas besoin d'être démoli dans 15 ans. On aimerait que ça ne se fasse pas en vase clos et qu'on puisse être présent. C'est le minimum à faire avec un dossier de cette importance-là», remarque-t-elle en guise de conclusion.