Les motoneigistes subissent les contrecoups du conflit qui oppose les agriculteurs au gouvernement.

Motoneige: des agriculteurs ont déjà mis la menace à exécution

Même si le mot d'ordre de l'Union des producteurs agricoles du Québec est d'attendre au 6 février avant de mettre la menace de blocus à exécution, des agriculteurs ont tout de même déjà commencé, mercredi, à bloquer l'accès aux sentiers traversant leurs terres.
L'Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec a d'ailleurs indiqué par voie de communiqué être au fait que certains de ses membres avaient décidé d'interdire l'accès à leur propriété plus tôt que prévu et qu'elle respectait leur décision.
C'est notamment le cas sur le territoire du Club de motoneige Armony, dont les opérations se concentrent dans la MRC de Maskinongé. Les responsables de ce club basé à Louiseville, dont le réseau de sentiers se retrouve exclusivement sur des terres agricoles, ont reçu un appel d'un propriétaire qui les a informés qu'il leur interdisait de passer la surfaceuse sur les sentiers sur ses terres, et ce, jusqu'à nouvel ordre.
Pour aménager ses sentiers, le Club Armony doit sillonner les terres d'environ 400 propriétaires. Son président, Yves Bergeron, espère donc que les producteurs agricoles et le gouvernement en viennent à un accord au cours des prochains jours.
Rappelons que le litige entre les deux parties concerne la refonte du programme de crédit de taxes foncières agricoles et que cette dernière ne fait pas du tout l'affaire des membres de l'UPA.
«Est-ce que ça va être plus, on ne le sait pas encore. Mais ils sont chez eux. On ne peut pas passer sans avoir leur permission. Comme nous passons à 100 % sur des terres qui appartiennent à des agriculteurs, nous serons complètement paralysés. Mais il est important de préciser que nous n'avons pas le choix de respecter la volonté des propriétaires. Nous sommes pris entre l'arbre et l'écorce», mentionne M. Bergeron.
Ce dernier précise par ailleurs que les clubs de motoneige n'ont rien à voir dans ce conflit qui oppose les producteurs agricoles au gouvernement et qu'ils ne font qu'en subir les contrecoups.
Du côté du Club de motoneige de la Mauricie, dont environ 40 % des sentiers passent sur des propriétés privées, on n'a pas encore reçu d'avertissement de propriétaires ne voulant plus voir de motoneiges sur leurs terres.
«On s'attend à se faire bloquer à quelques endroits [si le blocus est décrété]. Le téléphone ne dérougit pas depuis quelques jours pour savoir ce qui va arriver. Malheureusement, on n'est pas au courant», mentionne le responsable des communications, Kevin Vézina. Les sentiers de ce club se retrouvent principalement à Shawinigan, Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Tite.
Déjà des effets négatifs
Les effets négatifs de la menace de blocus ont déjà commencé à se faire sentir, notamment pour les établissements hôteliers et de restauration prisés par les motoneigistes. Les propriétaires du Relais de la station à Saint-Séverin retiennent notamment leur souffle.
«On perd déjà en ce moment parce que les gens ont peur que ça ferme. Les gens réservent à l'extérieur. On nous parle de l'Abitibi et aussi de l'Ontario. [...] On est principalement un relais de motoneige. C'est le sujet de discussion chez les motoneigistes. Tout le monde en parle, tout le monde est inquiet. Est-ce qu'ils barrent les sentiers ou non? C'est vrai ou non? La situation est inquiétante», soutient la propriétaire de l'endroit, Aline Mongrain.
Même si la situation les inquiète, les propriétaires de relais plus au nord, dont ceux des hôtels Marineau de Shawinigan, La Tuque (2) et Mattawin, ne croient pas qu'un possible blocus ait un impact catastrophique pour eux.
«Entre Mattawin et La Tuque, ce n'est pas nécessairement touché parce qu'il n'y a pas de terres agricoles, donc ce n'est pas si catastrophique. Par contre, on ne souhaite pas ça», indique le directeur du marketing pour ce groupe d'hôtels, Donald Desrochers.
Alors que les agriculteurs de la région semblent majoritairement pencher pour suivre la directive de l'UPA, ce n'est pas le cas au Saguenay - Lac-Saint-Jean, où le mot d'ordre ne sera pas suivi.
De son côté, le nouveau ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, déplore que les agriculteurs décident d'agir de la sorte pour faire passer leur message.