Une vigile en l’honneur de Joyce Echaquan s’est tenue dimanche à Odanak.
Une vigile en l’honneur de Joyce Echaquan s’est tenue dimanche à Odanak.

Mort de Joyce Echaquan: «Les choses commencent à changer»

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Odanak — Près d’une semaine après la mort tragique de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, l’émotion est encore palpable, si bien qu’une centaine de personnes autochtones, mais également non-autochtones ont tenu à se déplacer en grand nombre dimanche soir du côté d’Odanak, afin d’assister à une vigile en l’honneur de la jeune mère de famille. Un moment rempli d’émotions, mais tout autant significatif pour les Abénakis d’Odanak qui constatent que les choses commencent peut-être à changer.

«Ce soir, les gens veulent montrer leur solidarité dans cette épreuve et on est content, car ce ne sont pas que des autochtones qui sont présents. Il y a aussi des non-autochtones et je trouve ça réconfortant, car on peut peut-être se dire que les choses commencent à changer», soutient Florence Benedict, élue au Conseil des Abénakis d’Odanak.

Cette vigile est survenue alors qu’on apprenait dimanche qu’une rencontre entre le Conseil de la Nation Atikamekw et le premier ministre du Québec, François Legault, aura lieu lundi après-midi et après que le Conseil des Atikamekw de Manawan et la famille de la jeune femme aient fait une sortie pour souligner leur satisfaction à l’annonce de la tenue d’une enquête publique sur l’événement.

L’événement organisé par les Abénakis d’Odanak était ainsi l’occasion de célébrer tout d’abord comme c’est la coutume de le faire chaque année la journée du 4 octobre, dans le cadre la Journée nationale pour commémorer les femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada, ainsi que l’attaque de Rogers contre les Abénakis en 1759.

Chandelles à la main, plus d’une centaine de personnes, des hommes, des femmes, et des familles de toutes les origines s’étaient réunies.

Un événement qui était toutefois beaucoup plus significatif cette année, en raison du décès de l’Atikamekw de Manawan dans des circonstances tragiques.

Chandelles à la main, plus d’une centaine de personnes, des hommes, des femmes, et des familles de toutes les origines s’étaient donc réunies pour dénoncer le racisme dont a été victime la mère de sept enfants de Manawan, avant d’entreprendre une marche silencieuse d’une trentaine de minutes visant également à rendre hommage à un grand chef de la nation.

«Des histoires comme celles-là, on en entend depuis longtemps et ça prenait un événement que les gens voient pour savoir que c’est vrai. Ce soir, il y a beaucoup de monde. Pour ma part, je participe à la marche tous les 4 octobre et normalement, les gens ne seraient pas venus en aussi grand nombre», souligne la participante Jessica-Anne Watso.

«C’était important pour moi d’être ici ce soir, car c’est un événement touchant et tragique», a pour sa part précisé Sandrine Cardin qui a également l’habitude de prendre part à la marche organisée tous les 4 octobre.

De nombreuses personnes se sont déplacées dimanche pour dénoncer la situation.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel était également présente pour l’occasion et a livré un vibrant témoignage en début de soirée.

Rappelons qu’au cours de la dernière semaine, les Abénakis d’Odanak avaient pris l’engagement de soutenir financièrement les futures démarches judiciaires qui pourraient être entreprises par la famille de Joyce Echaquan, chose qu’ils s’engagent désormais à faire à la suite de la réponse positive de la famille.

Enquête publique saluée

Alors que la famille de la jeune femme avait salué un peu plus tôt dimanche la décision du gouvernement d’ouvrir une enquête publique sur l’événement, cette décision a également été saluée du côté d’Odanak, lors de la vigile.

«On ne s’attendait pas à moins que ça! C’est regrettable que l’événement ait été filmé, mais une chance que Joyce a eu la présence d’esprit de filmer tout ça, car sinon, ça aurait sûrement passé comme un simple fait divers. Et avec cet événement, j’espère que M. Legault comprend que oui, il y a encore du racisme au Québec», a soutenu Florence Benedict.

L’événement était beaucoup plus significatif cette année, en raison du décès de l’Atikamekw de Manawan dans des circonstances tragiques.

L’annonce de l’enquête publique a également été saluée par les participants, bien qu’un scepticisme à l’égard des résultats finaux semble persister.

«Des enquêtes, on en demande toutes les fois où des femmes disparaissent, mais ils n’en font pas. C’est donc un pas en avant avec cette annonce, mais on est encore bien sceptique à savoir ce qui va arriver après. Mais au moins, les Québécois sont là et ils ont vu ce qui s’est passé», a fait valoir Jessica-Anne Watso.