Une manifestation à la mémoire de Joyce Echaquan a eu lieu à la place Émilie-Gamelin, samedi à Montréal.
Une manifestation à la mémoire de Joyce Echaquan a eu lieu à la place Émilie-Gamelin, samedi à Montréal.

Mort de Joyce Echaquan: le premier ministre François Legault prêt à s’excuser

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL - Le premier ministre François Legault s’est dit prêt à s’excuser auprès de la famille de Joyce Echaquan, morte il y a une semaine après avoir été insultée de façon dégradante par des employées de l’hôpital de Joliette. «On va trouver le bon moyen de le faire», a dit le premier ministre en fin de journée, lundi, lors d’un point de presse sur la situation de la COVID-19.

«On va trouver le bon moyen de le faire», a dit le premier ministre en fin de journée, lundi, lors d’un point de presse sur la situation de la COVID-19.

Il a réitéré que ce qu’elle a subi est «totalement inacceptable».

La communauté Atikamekw souhaite justement de telles excuses de la part du gouvernement, avait rapporté un peu plus tôt le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, au terme d’une rencontre lundi avec le premier ministre.

Peu de temps avant sa mort, la mère de famille atikamekw s’est filmée de son lit d’hôpital avec son téléphone cellulaire. Dans la vidéo, on entend une infirmière et une préposée aux bénéficiaires entrer dans sa chambre et lui tenir des propos dénigrants.

Samedi, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a demandé au Bureau du coroner de tenir une enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan. Le chef Ottawa a fait savoir que la communauté Atikamekw veut aussi pouvoir participer à l’enquête et y faire entendre sa voix.

Au terme de leur rencontre de lundi, le chef Ottawa a déclaré que les discussions avec le premier ministre et la ministre des Affaires autochtone, Sylvie D’Amours, ont été «cordiales et directes».

Les chefs en ressortent «optimistes» mais «prudents», a-t-il déclaré aux journalistes massés devant le bureau montréalais de M. Legault. «Je suis optimiste, mais j’attends encore les résultats», a renchéri le chef le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish.

M. Ottawa a demandé au gouvernement de rendre obligatoire pour la profession médicale un enseignement de la culture autochtone et d’imposer des stages au sein même des communautés pour les futurs médecins et infirmières.

«Il faut rebâtir la confiance des usagers atikamekw.»

Plus tard, lors de son propre point de presse, le premier ministre a rapporté que des priorités ont été déterminées lors de la rencontre: tout d’abord, la formation de tout le personnel de l’hôpital de Joliette, et ensuite, celle des employés de tous les réseaux, «pas juste dans celui de la santé».

Il a aussi été convenu avec les chefs de planifier une grande campagne de sensibilisation pour lutter contre le racisme.

«Il est grand temps de passer à l’action», a dit M. Legault.

Quant à la suite des choses, Paul-Émile Ottawa a indiqué que les chefs se sont engagés à rencontrer de façon fréquente la ministre aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a aussi été interpellé, a-t-il ajouté.

«Pour moi, la justice pour Joyce, c’est d’éradiquer le racisme et de respecter chaque citoyen», a lancé le chef Ottawa.

Il dit avoir rappelé au premier ministre que, «en tant que leaders, nous avons une responsabilité de construire des ponts entre nos peuples et nos sociétés».

Les funérailles de Joyce Echaquan auront lieu mardi à Manawan.