Joyce Echaquan
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Mort de Joyce Echaquan: la Nation Waban-Aki offre un appui financier à la famille

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Wôlinak — Alors que les différentes communautés autochtones dénoncent tour à tour les événements entourant le décès de Joyce Echaquan dans un hôpital de Joliette, les Abénakis de la Nation Waban-Aki souhaitent venir en aide à la famille de la jeune femme et lui offrent un appui financier pour de futures démarches judiciaires, si démarches il y a.

«On a été horrifié par ce qui s’est passé. C’est d’ailleurs une cause qui nous tient à coeur, car on a vécu des situations de racisme ou on en a déjà entendu parler et à un moment donné, il faut agir pour qu’il se passe quelque chose. C’est pourquoi on est là à 100 % avec la famille et la communauté s’ils souhaitent entreprendre des procédures judiciaires», avoue le directeur général du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki (GCNWA), Denys Bernard.

D’ailleurs, la Nation Waban-Aki souhaite aller plus loin dans ses démarches et espère convaincre d’autres communautés de se joindre au mouvement.

«On va essayer aussi d’être une courroie d’entraînement en communiquant avec les autres communautés de partout au Québec, afin d’essayer d’aller chercher un montant encore plus substantiel pour avoir un avocat de haut niveau, car il faut vraiment qu’il se passe quelque chose. On laisse donc la famille faire son deuil, mais dès la semaine prochaine, on veut entrer en contact avec elle et on va proposer que les autres communautés s’allient à nous pour supporter la cause.»

Ainsi, sans dévoiler le montant total qui pourrait être remis si la famille de la défunte souhaite obtenir justice, le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki soutient qu’il discutera avec celle-ci le cas échéant afin de considérer les besoins et planifier l’appui en conséquence.

«Comme on est le plus gros conseil au Canada, on a quand même un budget assez substantiel, donc on est capable de financer un bon montant, mais on ne peut pas donner le chiffre tout de suite, car ça va dépendre de la participation des autres communautés et des estimations budgétaires de l’avocat. Mais c’est sur que ça ne sera pas que 1000 $ qu’on va leur offrir. Et si la famille et la communauté ne veulent pas procéder et veulent laisser aller les enquêtes en cours, on va quand même leur apporter notre support moral», précise M. Bernard.

Les Abénakis moins sujets au racisme

Bien que le racisme dont Joyce Echaquan a été victime soit d’une ampleur inégalée, les Abénakis de la Nation Waban-Aki seraient également sujets à subir du racisme au quotidien, mais en moins forte dose en raison de leurs traits physiques qui sont moins prononcés, estime le directeur général du GCNWA.

«C’est drôle à dire, mais la grosse différence pour les autres communautés, c’est qu’eux ont beaucoup plus de traits autochtones que nous, puisque notre communauté est plus métissée. Donc si au premier regard on ne remarque pas nos traits autochtones et si on a un nom de famille usuel, on va passer plus inaperçu, mais aussitôt qu’ils savent qu’on a des descendances autochtones, ça nous arrive de subir du racisme. Donc oui ça arrive aussi chez nous de voir du racisme, mais comme on est plus métissé, on va moins nous identifier automatiquement comme étant des membres des Premières Nations», conclut M.Bernard.