Deux élues du Conseil des Atikamekw de Wemotaci réclament la destitution de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours.
Deux élues du Conseil des Atikamekw de Wemotaci réclament la destitution de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours.

Mort de Joyce Echaquan: des élues atikamekw réclament la destitution de la ministre D'Amours

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Wemotaci — Deux élues du Conseil des Atikamekw de Wemotaci réclament la destitution «immédiate» de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, dans la foulée de la mort troublante de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette, le 28 septembre.

Dans une lettre envoyée au premier ministre François Legault, les conseillères Alys Quoquochi et Alexandra Awashish affirment que la ministre «n'a pas exercé un véritable leadership et n'a surtout pas démontré une véritable volonté de collaborer avec les Premières Nations du Québec depuis son arrivée en fonction». Les élues accusent par ailleurs le gouvernement Legault de n'avoir fait «aucune avancée significative» dans l'application des recommandations de la Commission Viens et d'avoir refusé de signer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

«Assez, c'est assez. Le temps n'est plus aux belles paroles, ni à la sympathie. Il vous faut dès maintenant agir promptement pour que cesse toute manifestation du racisme systémique crasse dont sont encore victimes trop de personnes des Premières Nations du Québec et qui a résulté au décès de l'une de nos sœurs atikamekw dans des conditions immondes», écrivent les deux femmes dans leur lettre, qui a également été publiée sur la page Facebook du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Mmes Quoquochi et Awashish somment également le premier ministre «d'assumer [son] leadership en tant que chef du gouvernement québécois, d'amorcer immédiatement un virage définitif et de lancer un message sans équivoque pour rétablir une relation harmonieuse et respectueuse des droits des Premières Nations», notamment en opérant un changement dans les services publics québécois.

«Il en va de vous, Monsieur le premier ministre, et de votre gouvernement, de prendre toutes les actions nécessaires, dont la destitution de la ministre D'Amours, pour que cessent maintenant les injustices, le mépris et le racisme dans les instances et les structures gouvernementales québécoises. Nous n'en accepterons pas moins de votre part», concluent les élues atikamekw.

Rappelons que Joyce Echaquan a perdu la vie alors qu'elle se trouvait à l'hôpital régional de Joliette. Elle a filmé et diffusé en direct son appel à l'aide, disant être maltraitée et avoir été droguée par le personnel hospitalier. Sur la vidéo, on entend deux femmes tenir des propos dégradants et racistes à son égard. Ces deux employées, une infirmière et une préposée aux bénéficiaires, ont été congédiées au cours de la semaine. Vendredi, la famille de Joyce Echaquan a annoncé qu'elle poursuivrait en justice l'hôpital et le personnel impliqué dans la mort de la mère de sept enfants, et que d'autres recours seront aussi mis de l'avant.